ÉPHÉMÉRIDES : ÇA S’EST PASSÉ UN 24 MAI


- Samedi 24 mai 1980 : réunis en mano a mano face à un lot de Salvador Domecq, Curro Vázquez et Nimeño II donnent le « la » en cette deuxième journée de Feria de Pentecôte. Le maestro nîmois s’impose avec brio et vista en ravissant l’unique oreille de cette corrida. En soirée, les novilleros français Curro Caro et Alain Bonijol obtiennent chacun un pavillon alors que Pepe Luis Vázquez passe sur la pointe des pieds devant un lot de Vázquez Hermanos.

- Lundi 24 mai 1999 : l’ultime journée de la Feria de Pentecôte débute par une corrida équestre marquée par les triomphes de Pablo Hermoso de Mendoza et Andy Cartagena, tous deux crédités de deux oreilles face aux toros de Los Espartales. L’après-midi, la corrida de Cebada Gago répond aux attentes de caste et de bravoure : Denis Loré domine l’épreuve avec les honneurs, coupant l’oreille de ses deux toros.

- Dimanche 24 mai 2015 : deux corridas sont au programme de ce Dimanche de Pentecôte. En fin de matinée, le rejoneador Pablo Hermoso de Mendoza ouvre une course au profil assez particulier qui voit la célébration du 25e anniversaire d’alternative d’Enrique Ponce, l’un des maestros préférés du public nîmois. Particulièrement inspiré face au toro d’ouverture de Fermín Bohórquez, le centaure navarrais obtient deux oreilles après un récital de rejoneo sur les flancs du cheval « Disparate ». Devant un melting-pot ganadero fourni par les élevages d’Alcurrucén, Victoriano del Río, Domingo Hernández et Juan Pedro Domecq, Enrique Ponce défie quatre toros en solitaire et se laisse aller à plusieurs moments d’inspiration personnelle. Malheureusement, le descabello trahit certaines de ses faenas et le triomphe semble échapper au maestro de Chiva. Ce dernier se rattrape pleinement face à l’ultime toro de la corrida, de Juan Pedro Domecq, qu’il enivre dans une œuvre de sa composition. Au moment de l’estocade, assis au premier rang, un ami de Ponce, le ténor italien Francesco Demuro se lève pour entonner a capella l’un des passages du « Nessun dorma », tiré de l’opéra Turandot, de Giacomo Puccini. Le public exulte et réclame les deux oreilles pour Ponce, qui décide d’offrir un toro de supplément afin d’aller chercher la sortie en triomphe par la Porte des Consuls ! Dédié à Simon Casas, ce 7e toro de Juan Pedro Domecq est lidié sur un nuage par un Ponce en lévitation esthétique. La muleta est déplacée au rythme de l’Hymne à l’amour de Piaf, interprété par l’orchestre des arènes. « Largas Puyas » est honoré d’une vuelta posthume après avoir offert ses deux oreilles à Enrique Ponce. Le tour de piste du torero valencian est infini, tout comme la sortie en triomphe par la grande porte, Ponce étant porté a hombros jusqu’à son hôtel après avoir traversé les boulevards nîmois et l’esplanade Charles-de-Gaulle ! Après ces trois heures de course placées sous le signe de l’émotion, retour aux arènes en fin de journée avec la corrida de Victorino Martín. A cette occasion, Paco Ureña prend part à son premier paseo nîmois et confirme son alternative des mains de Rafaelillo et en présence de Manuel Escribano face au toro « Dirimente ». Particulièrement soigné dans la conduite de sa lidia, le torero de Lorca obtient la première oreille de l’après-midi. Il sera imité par Escribano, également récompensé devant le 3e toro à l’issue d’une prestation exemplaire dans les trois tiers. Seul Rafaelillo, pourtant excellent à la muleta, doit se contenter de saluts, après avoir gâché ses faenas avec les aciers.

Le ténor italien Francesco Demuro se lève pour chanter à Enrique Ponce au moment de l’estocade le 24 mai 2015 aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).