DISPARITION : PALMIRA CAMACHO NOUS A QUITTÉS


Elle aurait eu 90 ans le 20 novembre prochain. D’origine espagnole, sa famille avait fui l’Espagne, Palmira Camacho naquit à Saint-Gilles et écrivit son histoire sous le sceau de la passion taurine. Une femme qui allait tout faire pour assouvir son afición dans la France de l’après-guerre, quitte à toréer en cachette, contre l’avis de sa mère, Angelica.

Une apprentie-torera qui fit son éducation taurine au sein de la manade Thibaut, à Saliers, avant de participer aux capeas de la mythique troupe « El Gallo ». Dans son blog, l’aficionado arlésien Jacques Lanfranchi rappelle que « c’est à Lunel, dans un magnifique costume – robe portefeuille – confectionné par un tailleur local, le 1er novembre 1950, qu’elle signera l’un de ses plus grands succès devant des toros de Tardieu. Elle inaugurera également les tours de piste à la mexicaine, dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Après un succès identique dans cette même plaza, face à des toros d’Etienne Boudin, elle se retirera ».

Une trajectoire brève qui lui fit vivre l’époque romantique du maletilla auto-stoppeur, mais rien ne pouvait altérer la force de caractère de la jeune Palmira. Pas même lorsque les gendarmes l’arrêtaient ou lorsque le vent et la pluie contrariaient ses déplacements à bicyclette sur la route reliant Saint-Gilles à Saliers. A l’époque, Luis Domingo écrivit dans les colonnes de la revue Toros : « Palmira possède les qualités qui font les toreros : courage, sang froid et vista ».

Mariée et mère de deux enfants, elle mena une carrière dans la restauration à Alès, Arles et Uzès. Le 29 octobre 2000, elle présida un festival taurin aux arènes de Gallician, chères au cœur de sa fille, la chanteuse Corinne Sauvage, épouse de Robert Pilès, alors directeur des arènes de Nîmes. L’actuel doyen des matadors français, qui travaille aujourd’hui avec Simon Casas aux arènes de Madrid, y coupa une oreille devant un toro de Manzanares, aux côtés du regretté maestro d’Alicante, Victor Mendes et Jonathan Veyrunes.

Simon Casas Production adresse ses condoléances attristées à la famille de Palmira Camacho, à ses proches ainsi qu’à toutes les personnes touchées par ce deuil. Un hommage lui sera rendu mercredi prochain, à partir de 14h30, aux arènes de Saint-Gilles.

Portrait de Palmira Camacho, torera de caractère dans la France de l’après-guerre (crédit photo : archives personnelles de la famille).