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TEMPORADA : UN BECERRISTA FRANÇAIS BRILLE A VALENCIA

Posté le 26/07/18

Samedi dernier était proposée la troisième et dernière classe pratique entrant dans le cadre de la deuxième édition du Concours des Écoles taurines organisé par la Députation de Valencia. Un cycle international réunissant différents apprentis-novilleros issus des principaux pays taurins au premier rang duquel quelques Français ont figuré. A cette occasion, les spectateurs avaient rempli à moitié les gradins des arènes de Valencia, fait majeur pour une course d’apprentissage.

En piste ont officié Álvaro Martín (Madrid), Arturo Gilio (Mexique), Miguel Polope (Valencia), Antonio Magaña (Mexique), « Nino » (Nîmes) et José Pirela (Colmenar Viejo) face à six erales de José Cruz, nobles et donnant un bon jeu d’ensemble comme l’illustre la vuelta posthume accordée au sixième exemplaire de la soirée. Une oreille a été accordée à Arturo Gilio, Miguel Polope, « Nino » et José Pirela. Un trophée qui aurait pu être double entre les mains du représentant du Centre français de Tauromachie si la présidence s’était montrée plus généreuse…

Vibrant avec cape et banderilles, « Nino » s’est affirmé avec caste et technique face aux assauts violents du 5e eral  de José Cruz à la muleta. Une lidia placée sous le sceau de l’éclectisme et de l’engagement jusqu’à l’estocade de conclusion. Un becerrista nîmois qui ne cesse d’étonner depuis le début de la temporada : les arènes de Nîmes auront certainement l’occasion de le découvrir au printemps 2019…

« Nino » n’a pas manqué son rendez-vous avec l’afición de Valencia, en marge de la Feria de la San Jaime (crédit photo : Joël Buravand / Centre français de Tauromachie).

TEMPORADA : LES LECONS DE MONT-DE-MARSAN

Posté le 23/07/18

En coupant la dernière oreille des Fêtes de la Madeleine, dimanche soir, face au 5e exemplaire de la corrida de Dolores Aguirre, Pepe Moral a réaffirmé son statut de torero capable de lidier les toros les plus difficiles. Le matador andalou s’est ainsi distingué aux côtés de ses deux redoutables challengers, Octavio Chacón et Juan Leal, qui ont été ovationnés par le public de Plumaçon. Un trophée unique qui reflétait celui octroyé à Juan Bautista en début de feria, lors de son mano a mano avec El Juli face à son premier adversaire de Domingo Hernández. 

Une oreille encore entre les mains de Juan José Padilla à qui l’afición montoise a réservé une chaleureuse ovation, tout comme Roca Rey, lui aussi à son avantage face aux toros de Jandilla. Un pavillon pour l’Andalou et le Péruvien lors d’une course qui a permis d’apprécier le toreo de personnalité d’Alejandro Talavante. Toutefois, la première sortie en triomphe n’a pas été réservée à une vedette de la tauromachie ; peut-être le deviendra-t-elle un jour… 

Ce vendredi 20 juillet, Emilio de Justo, torero natif de Cáceres, âgé de 35 ans, s’est rappelé au bon souvenir d’un pays qu’il semble apprécier. Reléguant au second plan ses deux compagnons de cartel français, le protégé de Ludovic Lelong « Luisito » a obtenu sa deuxième sortie en triomphe des arènes de Mont-de-Marsan, après avoir brillé face aux toros de La Quinta. Un score flatteur de trois oreilles qui place Emilio de Justo comme l’une des confirmations de cette temporada après ses succès de Vistalegre (Madrid), Vic-Fezensac, Burgos et Pampelune. 

Des triomphes encore pour deux habitués du Plumaçon ; un parrain et son filleul : Enrique Ponce et Sébastien Castella, réunis en mano a mano après l’expérience nîmoise des dernières Vendanges. Deux oreilles ont récompensé la première œuvre du Valencian et l’ultime faena du torero biterrois devant quelques toros importants de Núñez del Cuvillo. En soirée, le novillero nîmois « El Rafi » a su faire front face à l’adversité d’un lot peu évident de Camino de Santiago, ravissant l’oreille de son second adversaire, alors que Francisco de Manuel était gratifié d’un trophée à l’issue de ses deux faenas. 

Emilio de Justo et Pepe Moral, deux noms qui ont marqué à la Madeleine montoise aux côtés de ceux d’Enrique Ponce et Sébastien Castella. Deux toreros qui n’ont jamais officié à Nîmes et sur lequel le mystère plane quant au profil final de la temporada. La Feria des Vendanges pourrait-elle laisser une place à l’un d’entre eux, avec une confirmation d’alternative à la clé ? La réponse ne devrait plus tarder. 

(Crédit photo : Justine Messina).

ESCALAFÓN DES NOVILLEROS : TOÑETE MÈNE LA DANSE

Posté le 20/07/18

Malgré un mois de juin où il n’a pas toréé une seule course, Antonio Catalán « Toñete » poursuit son leadership en tête de l’Escalafón des novilleros. Celui qui s’est distingué à Pampelune face à un bon lot d’El Pincha, une oreille en main, a confirmé ses intentions de succès dans plusieurs arènes espagnoles de second rang. Le novillero madrilène totalise 15 courses et 19 oreilles dans son esportón. 

Il devance de quatre courses un autre Madrilène, Ángel Téllez, dont la dynamique de la temporada a été quelque peu freinée. A l’instar de Toñete, aucun paseo en juin et une seule oreille ravie le 8 juillet dernier à Las Navas del Marqués (Ávila), soit un total de 11 novilladas pour 6 trophées obtenus. Le Français Yannis Djemiba « El Adoureño » a débloqué son compteur d’oreilles fin juin avec 7 pavillons obtenus en 9 novilladas, dont une récente sortie en triomphe à Tarascon. 

Toujours 4e, José Manuel maintient une cadence notable avec 14 oreilles coupées en 7 novilladas toréées. Le novillero natif d’Archena (Murcie) a notamment ouvert la Grande porte des arènes de Mombeltrán (Ávila) le 1er juillet dernier face à un lot de La Guadamilla. Derrière lui, le Madrilène Alfonso Ortiz apparaît au 5e rang avec 7 novilladas toréées, 11 oreilles et 1 queue coupées, faisant ainsi glisser le Murciano Fran Ferrer à la 6e place, qui, malgré ses 9 oreilles et 1 queue ravis en 5 courses, n’a plus toréé vêtu de lumières depuis le 19 mai. 

7e de ce Top 10 des novilleros, le Vallisoletano Darío Domínguez a lui aussi triomphé lors de la novillada de La Guadamilla du 1er juillet dernier à Mombeltrán (Ávila). Ce novillero originaire d’Íscar totalise 5 novilladas et 8 oreilles. Il se retrouve à égalité de courses avec le Palois Dorian Canton, qui s’est présenté à Madrid le 13 juillet dernier, et qui totalise à ce jour 7 oreilles. Un score identique à celui du Nîmois Adrien Salenc, 9e au classement. 

C’est un autre novillero madrilène qui boucle ce Top 10 des apprentis-toreros, Carlos Ochoa, crédité d’une oreille coupée à Mugron au printemps dernier, mais qui n’a plus obtenu la moindre récompense depuis ce Lundi de Pâques. Cinq courses figurent dans son carnet de route : Mugron, Valencia, Séville et deux paseos à Madrid. 

Toñete très attentif dans le patio de cuadrillas de la Monumental de Las Ventas, quelques minutes avant sa présentation de novillero à Madrid le 21 mai dernier (crédit photo : Plaza 1).

MADRID : SIMON CASAS CÉLÈBRE L’ANNIVERSAIRE DE SA PRÉSENTATION A LAS VENTAS

Posté le 17/07/18

Nous sommes le samedi 15 juillet 1967. Il fait nuit sur la Monumental de Las Ventas et comme chaque samedi d’été une novillada est proposée. Dans les chiqueros six exemplaires de l’élevage de Charco Blanco – aujourd’hui plus connu des aficionados sous l’appellation de Moreno de Silva – opposés à six apprentis-toreros en quête de gloire : Ramón Magaña, Joaquín Zuazo, Manolo Valderas, Manuel Muñoz « Manolete », Mariano Hernán « Kiri II » et le Français Bernard Domb qui apparaît sur les affiches comme « Simon Casas ». Inédit dans la capitale espagnole à l’instar de Valderas, Muñoz et Hernán, Simon Casas ne laisse pas passer une telle opportunité. 

Alors âgé de 19 ans, le novillero natif de Nîmes coupe l’oreille de son novillo, tout comme Joaquín Zuazo. Un succès qui vaudra à Simon Casas une répétition le samedi suivant, puis le 5 août. 51 ans plus tard, le torero est devenu impresario et préside désormais aux destinées tauromachiques des plus importantes arènes au monde.

Comme un symbole, Simon Casas a voulu se remémorer cette étape madrilène de sa carrière de novillero en célébrant les 51 ans de sa présentation à Las Ventas. Lundi matin, le sixième matador de l’Histoire de la Tauromachie française a rejoint en piste les élèves de l’école taurine José-Cubero « El Yiyo » de la Communauté de Madrid. Un entraînement en commun au cours duquel le directeur des arènes de Nîmes, Madrid et Valencia a empoigné la muleta afin de se livrer à une séance de toreo de salon. Une rareté hautement appréciée par tous les toreros en herbe présents sur le sable de Las Ventas.

Passe de poitrine ajustée du matador français Simon Casas face à un élève de l’école taurine « El Yiyo » en train de lui faire « le toro » sur la piste de Las Ventas (crédit photo : Plaza 1).

TEMPORADA : QUAND LES TOREROS FORCENT L’ADMIRATION

Posté le 16/07/18

Au début des années 60, répondant à une commande de reportage du magazine Life, Ernest Hemingway finissait par écrire un ouvrage entier intitulé l’Été dangereux, narrant la compétition au plus haut niveau entre deux vedettes de la tauromachie, beaux-frères dans la vie, Luis Miguel Dominguín et Antonio Ordóñez. L’été dangereux, une métaphore qui pourrait bien convenir à l’engagement sans failles de toreros comme Juan José Padilla et Paco Ureña. Le 7 juillet dernier, ces deux matadors ont été grièvement blessés, sans que ces accrochages ne remettent en question une seule seconde leur détermination. 

A Arévalo (Ávila), alors qu’il partageait l’affiche avec son ami Morante de la Puebla et Miguel Ángel Perera, Juan José Padilla a été grièvement blessé par le 4e toro de Domingo Hernández. Un accrochage spectaculaire survenu à la sortie d’une paire de banderilles, le matador andalou trébuchant face à la tête de l’animal avant d’être violemment piétiné au cuir chevelu, au-dessus de l’oreille droite. Au même moment, à 400 kilomètres au nord-est d’Arévalo, Paco Ureña subissait une mésaventure semblable sur le sable de Pampelune. 

Dans le cadre de la première corrida de la Feria du Toro, le torero murciano a été blessé en portant l’estocade au 4e toro de la corrida du Puerto de San Lorenzo : diagnostic, 15 cm de trajet de corne au bas de la cuisse droite provoquant une hémorragie importante et plusieurs dégâts musculaires. Un investissement sans faille loué par les peñas pamplonaises et récompensé d’une oreille. En bon « tor’héros », Paco Ureña a repris le chemin des ruedos une semaine plus tard : samedi, le matador originaire de Lorca était présent à Arévalo pour triompher avec panache d’une excellente corrida de Garcigrande, quatre oreilles en mains. 

La veille, Juan José Padilla signait des adieux poignants à Pampelune, coiffé d’un foulard noir de contrebandier afin de dissimuler sa profonde entaille contractée six jours plus tôt à Arévalo. Porté par l’enthousiasme et la générosité d’une afición qui l’a aimé sans compter pendant vingt ans, le « cyclone de Jerez » a une dernière fois fait chavirer les arènes de la Casa de Misericordia, en obtenant un total de trois pavillons face à un lot important de Jandilla. Une ultime Grande porte célébrée au côté d’un torero qui revient très fort, Andrés Roca Rey, lui aussi crédité de trois oreilles et dont la puissance du toreo a conquis le public navarrais. 

Les adieux de Padilla au public de Pampelune, moins d’une semaine après son impressionnante blessure reçue à la tête aux arènes d’Arévalo (crédit photo : Efe pour la Cadena Cope).

CLASSEMENT ESCALAFÓN : MORANTE DANS LE TOP 10

Posté le 13/07/18

Après avoir encaissé bon nombre de blessures importantes, Andrés Roca Rey semble s’être remis sur les rails du succès et de la régularité. Avec 25 corridas toréées, 35 oreilles et 2 queues coupées, le matador péruvien est un leader solide de l’Escalafón. Ses prestations depuis un mois parlent incontestablement en sa faveur avec une série de triomphes d’importance à Plasencia (Cáceres), Alicante, León ou encore plus récemment Pampelune. 

Derrière le torero sud-américain, José María Manzanares II tente de suivre le rythme de cette échappée digne d’une étape de montagne sur le Tour de France. Le torero alicantin totalise 20 corridas pour 22 oreilles, porté par une belle dynamique de succès consécutifs sur ses terres, puis à León, Burgos ou encore Ségovie. Sur la troisième marche du podium, on retrouve une surprise inattendue : avec pas moins de 39 oreilles et 2 queues coupées en 19 corridas toréées, Enrique Ponce est le torero qui a ravi à ce jour le nombre le plus important de trophées. 

Double triomphateur à Istres, puis à Badajoz, Alicante et Soria, rien ne semble atteindre le maestro valencian dans sa quête du plaisir pris en piste. Pour sa 29e saison en tant que matador de toros, Enrique Ponce ne semble pas enclin à s’arrêter en si bon chemin. A égalité de course avec le torero de Chiva, Alejandro Talavante ne récolte qu’imparfaitement les fruits de ses grandes faenas : soutenu sur les réseaux sociaux par son compère Miguel Abellán, Talavante a ravi un total de 23 oreilles et la liste des faenas d’importance ne cesse de s’étendre. 

Derrière Talavante, El Fandi stabilise son 5e rang avec 16 corridas toréées, 31 oreilles et 4 queues coupées. Le torero originaire de Grenade est talonné par El Juli dont le compteur affiche un total de 15 corridas et 19 oreilles. En plein cœur de la saison estivale, le torero madrilène a gratifié les spectateurs d’Alicante et Algeciras (Cadix) de moments denses de toreo. 

Ginés Marín occupe la 7e place avec 14 corridas toréées et 16 oreilles coupées, dont deux trophées récemment acquis lors d’une belle prestation à Badajoz. Un torero jerezano suivi de près par l’un de ses concitoyens, Juan José Padilla, auteur d’une temporada d’adieu assez remarquable, du fait de son engagement sans faille : 21 oreilles en 13 corridas, et des ovations qui résonnent encore sous les arches des arènes de Pampelune et León. Premier Français à apparaître dans ce classement, Sébastien Castella figure au 9e rang avec 13 corridas toréées et 15 oreilles coupées. 

Alors que sa temporada n’a débuté que le 12 mai dernier à Jerez de la Frontera, Morante de la Puebla fait déjà son apparition dans le Top 10, du fait d’une déconcertante régularité : 13 oreilles en 13 corridas, véritable statistique porte-bonheur pour l’artiste de la Puebla del Río, qui a régalé par ses gestes les aficionados de Plasencia (Cáceres), León et Arévalo (Ávila). Pour tous ces toreros – et les autres – le mois de juillet sera décisif afin de savoir si les succès de demain leur permettront d’ouvrir les grilles des arènes de Nîmes en septembre prochain. 

Morante de la Puebla scrutant la piste des arènes de Nîmes quelques minutes avant le paseo de la corrida matinale du 15 mai 2016, Dimanche de Pentecôte (crédit photo : Anthony Maurin).

RÉTROSPECTIVE : 2008, UNE FERIA DES VENDANGES SOUS LE SIGNE DES SOLOS

Posté le 11/07/18

Alors que les cartels de la Feria des Vendanges sont en cours d’élaboration, l’évocation du prochain solo d’El Juli dans les arènes de Nîmes – le troisième de sa carrière de matador sur le sable de sa prise d’alternative – nous remémore sa dernière prestation, lumineuse, dans l’amphithéâtre romain. Nous sommes le vendredi 19 septembre 2008, deuxième journée de la Feria des Vendanges : en matinée, la novillada de Manolo González s’est avérée excellente, favorisant la sortie en triomphe de Román Pérez par la Porte des Consuls, trois oreilles en mains, et la coupe d’un pavillon pour un autre novillero arlésien, Thomas Joubert. 

L’après-midi, ceint d’un costume turquoise et or, El Juli célèbre ses dix ans d’alternative de la plus belles des manières. Un récital de toreo grande face à six toros de Daniel Ruiz, l’élevage de sa prise d’alternative, dix ans plus tôt, dans ces mêmes arènes. A chaque toro, un quite de cape différent, une façon de penser la lidia de manière distincte, une muleta poderosa déclinant des faenas vibrantes, propres à renverser les spectateurs qui remplissent les arènes jusqu’aux amphis. 

Sept oreilles et une queue pour un Juli pléthorique et une vuelta posthume accordée au sixième exemplaire du lot de Daniel Ruiz. Un mouchoir bleu qui avait également été déployé la veille pour saluer le très bon jeu d’un toro de Robert Margé devant lequel Salvador Vega – crédité d’un trophée – aurait certainement pu prétendre à une tout autre récompense… Quelques minutes plus tôt, Curro Díaz s’était lui aussi illustré en ravissant la première oreille de la feria. 

Solo d’El Juli et… solo de Sébastien Castella ! En plein bataille pour le trône de leader, le torero biterrois avait lui aussi défié six toros en solitaire, 24 heures après la grande démonstration du maestro de Velilla de San Antonio. Face à un lot panaché de Garcigrande, Juan Pedro Domecq, Victoriano del Río et Cortés, Castella avait dû attendre le 7e exemplaire, offert en supplément, afin de sortir le grand jeu et de couper les trophées maximums. Autre Porte des Consuls ouverte avec quatre oreilles et une queue dans l’escarcelle du matador français. En matinée, la première oreille de la journée était revenue entre les mains d’un Julio Aparicio fort inspiré par son second toro de Garcigrande. 

Une Feria des Vendanges marquée par des matinées lumineuses, comme celle du dimanche 21 septembre et ce qui restera comme l’une des faenas importantes de Juan Bautista dans l’amphithéâtre nîmois : une lidia au profil madrilène, courte mais intense, profonde et au profil resserré, avec deux oreilles et la queue ravies à un très bon toro de José Vázquez, honoré de la vuelta posthume. Au total, trois oreilles et une queue pour le matador arlésien, qui s’était aisément détaché de ses deux challengers du jour, Matías Tejela et Alejandro Talavante. 

L’ultime Porte des Consuls de cette saison taurine 2008 aux arènes de Nîmes fut réservée à Rubén Pinar, lors de sa prise d’alternative. Trois oreilles qui ne sont pas le fruit du hasard en faveur d’un torero manchego auteur d’une temporada triomphale. Un doctorat acquis de main de maître avec un parrain d’exception, Enrique Ponce, auteur d’une seconde faena d’importance primée de deux trophées. Témoin de la cérémonie face à de nobles toros de Victoriano del Río, Miguel Ángel Perera avait dû se contenter d’un seul pavillon lors de sa première prestation. 

Autant de toreros et de noms prestigieux qui demeuraient en 2008 sur des dynamiques bien distinctes de celles de la saison en cours. Plusieurs matadors concernés sont encore dans le grand circuit des ferias dix ans après : Ponce, Juli, Bautista, Castella, Perera, Talavante… Toutefois, une question reste en suspens : quels maestros inscriront leurs noms sur les cartels de l’édition 2018 de la Feria des Vendanges. La réponse arrivera très prochainement dans ces colonnes… 

Naturelle d’El Juli face à un toro de Daniel Ruiz lors de son solo nîmois du vendredi 19 septembre 2008 (crédit photo : Anthony Maurin).  

REVUE DE PRESSE : L’IMPATIENCE COMMENCE A SE FAIRE SENTIR

Posté le 09/07/18

Un article dans les colonnes de ce site évoquant le mano a mano entre José Tomás et Miguel Ángel Perera illustré par une photo du torero « le plus pisté » de la planète aura eu son effet : 24 heures après avoir évoqué dans notre site l’agenda du maestro de Galapagar, le quotidien Midi Libre n’aura pu s’empêcher d’évoquer la programmation taurine des arènes de Nîmes avec ce titre laissant poindre une once d’impatience « Vendanges : Bientôt les cartels ? ». Dans son édition du dimanche 8 juillet 2018, le journal régional s’interroge et s’impatiente quant à la date de proclamation de la dernière grande feria française de l’année, supputant quelque événement d’importance. 

Dans sa colonne, Midi Libre emploie le conditionnel afin d’évoquer le retour éventuel de José Tomás aux arènes de Nîmes : « Une autre surprise pourrait être au rendez-vous puisqu’on entend de plus en plus le nom de José Tomás. Après son retour triomphal, le 29 juin, dans les arènes d’Algeciras, celui qui a marqué à jamais le ruedo nîmois le 16 septembre 2012 y sera-t-il de retour en 2018 ? L’afición ne rêve que de ça ». Le signataire de ces quelques lignes ne saurait dissimuler son impatience ou l’envie irrépressible de revoir le torero phénomène qui a fait entrer la tauromachie mondiale dans le XXIe siècle. Une chose est sûre : Nîmes et ses corridas créent des désirs. Sera-t-il possible de rééditer la « Corrida parfaite » ? Les éléments de réponse ne devraient pas tarder. 

Une édition dominicale du Midi Libre qui se réjouit encore de la possibilité de voir El Juli en solo. Dans ce cas précis, l’emploi du conditionnel est incorrect : dès le printemps, notre site arenesdenimes.com a révélé en exclusivité à ses fidèles lecteurs que Julián López « El Juli » officiera en solitaire lors de la prochaine Feria des Vendanges, face à six toros de différents élevages, afin de célébrer le vingtième anniversaire de sa prise d’alternative dans l’amphithéâtre romain. Information officielle et avérée, tout comme celle du retour des toros de Victorino Martín à Nîmes après trois années d’absence. 

Soyez donc fidèles aux informations publiées régulièrement sur notre site : elles sont fiables car officielles ! Toutefois, dans une ville comme Nîmes, taurine dans ses racines et son patrimoine multiséculaire, il est bien difficile de ne pas éveiller les curiosités, les débats et les rumeurs en tous genres…

Un jour de corrida à Nîmes, le dimanche 16 septembre 2012… (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : LE RETOUR EN FORCE DE MIGUEL ÁNGEL PERERA

Posté le 07/07/18

Force, détermination et régularité. Tels pourraient être trois épithètes idéaux afin de définir le profil torero de Miguel Ángel Perera. Un matador de toros dont le pouvoir en piste lui a fréquemment permis de signer des faenas d’exception et d’ouvrir à plusieurs reprises la Grande porte des arènes de Madrid. En 2007, ce même Perera signait à Nîmes un chef d’œuvre muletero face à un toro de José Vázquez, obtenant un rabo chanté par la presse spécialisée. 

Avec quinze saisons d’alternative, Miguel Ángel Perera a encore gagné en pouvoir sur les toros du fait d’un temple qui fait de lui l’un des fils putatifs de Dámaso González ou encore Paco Ojeda. Le gendre du Niño de la Capea s’est notamment illustré cette année à Olivenza, Arles, Guadalajara (Mexique), Saint-Sever ou encore plus récemment à Algeciras (Cadix). Autant de triomphes et de grandes portes ouvertes, avec le souvenir encore frais de la grâce du toro de Jandilla, « Libélula », lors du fameux mano a mano avec José Tomás. 

En quinze années d’alternative, ce n’est pas la première fois que le toreo puissant et cadencé de Miguel Ángel Perera amène la sortie du fameux mouchoir orange. « Libélula » est le 17e toro gracié par le torero natif de la Puebla del Prior (Badajoz) et le 2e portant le fer de Jandilla. Le premier exemplaire porteur de la devise bleue à avoir été gracié par Perera s’appelait « Bucanero » et avait été lidié à Abarán (Murcie) le 27 septembre 2005. Au total, Perera a obtenu les trophées symboliques à 14 reprises en Espagne, 2 fois en France et 1 fois au Mexique. 

A ce jour, Nîmes l’a vu toréer à 16 reprises en tant que matador et même remporter la Cape d’or lors de son étape en qualité de novillero. L’élevage de Jandilla fait partie de ses élevages de prédilection même si Perera continue de tisser un excellent feeling avec les toros frères de Fuente Ymbro, propriété de Ricardo Gallardo. 51 corridas de Jandilla au compteur pour Perera, qui a également défié les Fuente Ymbro à 58 reprises. Autant de succès et d’affinités qui font du protégé de Fernando Cepeda l’un des éminents spécialistes de cet encaste Jandilla bien connu des spectateurs nîmois. 

Naturelle importante de Miguel Ángel Perera lors de son solo nîmois du 20 septembre 2014 face à un toro de Jandilla (crédit photo : Anthony Maurin).

JOSÉ TOMÁS : TOUT LE MONDE EN PARLE…

Posté le 06/07/18

Costume vert empire et or, silhouette éclairée par un rayon de soleil, José Tomás trône en majesté à la une du numéro d’Aplausos en date du lundi 2 juillet 2018. Un derechazo encajado, menton incliné, main gauche posée sur la cuisse, comme le torero de Galapagar officiait dans une séance de toreo de salon, face à son miroir. Un pouvoir naturel et enchanteur face à la charge spectaculaire et régulière d’un beau toro de Núñez del Cuvillo, rehaussé d’un titre évocateur « Algeciras vibre avec José Tomás et Perera ». 

Dans les pages intérieures, les éditorialistes sont unanimes au sujet du matador phénomène, dont la raréfaction des apparitions rend chacune de ses corridas un véritable événement. Pour José Luis Benlloch, directeur d’Aplausos, José Tomás et Pampelune sont « deux îlots » capables de rappeler « le potentiel actuellement en sommeil de la tauromachie », en affirmant que « le meilleur est qu’au-delà de José Tomás et de Pampelune, la Fiesta continue ». Une corrida d’Algeciras présentée comme « un grand spectacle » selon les termes choisis par le journaliste Carlos Crivell dans sa chronique du mano a mano entre José Tomás et Miguel Ángel Perera. 

Dans la presse taurine française, Marc Lavie signe un édito d’importance sous le titre « Là où José Tomás fait la différence ». Le directeur de l’hebdomadaire Semana Grande réajuste son opinion sur le maestro de Galapagar : après avoir émis des « réserves d’usage » concernant le profil des arènes, des toros et du public, Marc Lavie reconnaît qu’il est aujourd’hui « rare que les corridas de expectación de José Tomás soient des corridas de déception ». Il poursuit : « rien n’est laissé au hasard dans chacune de ses sorties (…) et avec une différence avec les autres toreros : parvenir à toréer avec autant de serré que de douceur. Prétendre naturellement à la pureté, sans jamais forcer. Lier sans reculer ». 

Aux yeux de Marc Lavie, José Tomás « réalise le prodige de rallier la liaison et la lenteur », constatation évidente d’un torero hors du commun, dont le toreo au naturel a été hautement apprécié sur le sable d’Algeciras, comme en témoigne la référence au « public hypnotisé ». Alors qu’il n’est, pour l’heure, annoncé à l’affiche d’aucune arène, jamais on n’aura autant écrit ou parlé sur José Tomás, tout juste dix ans après son retour triomphal à la Monumental de Las Ventas. Un maestro dont le solo nîmois du dimanche 16 septembre 2012 reste ancré à jamais dans toutes les mémoires des privilégiés qui ont pu assister à cette Corrida pour l’Histoire. 

Moment de concentration de José Tomás, quelques minutes avant le début de la corrida historique du dimanche 16 septembre 2012 aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

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