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CULTURE TAURINE : SÉBASTIEN CASTELLA, TORERO ET PÈRE DE FAMILLE, RÉPOND A LA DÉPUTÉE AURORE BERGÉ

Posté le 09/09/19

Le 21 août dernier, la députée Aurore Bergé, élue de la Xe circonscription des Yvelines, et porte-parole du groupe majoritaire « La République en Marche » à l’Assemblée nationale, avait créé la polémique après s’être exprimée en faveur d’une interdiction de l’accès aux corridas pour les mineurs. L’élue, anciennement encartée à l’UMP entre 2002 et 2015, puis aux Républicains entre 2015 et 2017, avait ainsi participé aux débats relatifs à la présence de deux ministres lors de la corrida du 14 août à Bayonne. Une présence qui avait semble-t-il ému quelques groupuscules animalistes, relayés avec complaisance par des médias parisiens en manque d’inspiration éditoriale.

Une position et une polémique qui ont fortement déplu au matador de toros français Sébastien Castella, qui a adressé un courrier à la porte-parole des députés LREM. Une lettre, rendue publique, que nous vous invitons à lire ci-dessous :

« Chère madame Bergé, je vous adresse ces quelques lignes avec autant de respect que de colère après avoir pris connaissance de votre aberrante proposition d’interdire, en France, l’entrée des mineurs aux corridas. Vous donnez des leçons à propos de culture et ce n’est pas à moi « simple » torero de le faire. Ce qui m’en empêche ? En premier lieu le respect, celui que vous nous refusez, que vous refusez à ceux qui ont voué leur vie à la tauromachie, à ceux qui nous ont choisis, en toute liberté, d’apprécier cette manifestation culturelle, au grand nombre d’artistes et d’acteurs culturels qui ont trouvé dans la tauromachie une source d’inspiration pour leurs œuvres. Sans doute vous ne saisissez pas l’art de la tauromachie… C’est d’autant plus dommage que, députée, vous assumez la charge des affaires de l’éducation et de la culture où l’on remarque votre particulière sollicitude pour le cinéma, passion que nous avons en commun.

Cependant, même si vous n’êtes pas sensible à toutes les cultures, je veux croire que, comme véritable Française, vous êtes profondément attachée à la devise « Libefrté, Égalité, Fraternité » que nous portons bien haut. Donc, en tant que citoyen français, je revendique la liberté. Liberté de penser, liberté de choisir mon travail et mes goûts, et surtout liberté de choisir quelle éducation je dois donner à mes filles. Alors, vraiment, dans le berceau de la liberté et comme porte-voix d’un parti qui la prône vous voulez enlever aux parents celle d’éduquer librement leurs enfants ? Vous voulez, d’un coup de plume, éliminer cette liberté pour laquelle vos propres parents se sont battus en Mai-68 ? Oui je dis éduquer. Parce que, en ce qui me concerne, la tauromachie a été une école de la vie et une éducation. Assurément, madame Bergé, ma vie n’a pas été un chemin bordé de roses ? Et tandis que d’autres enfants rêvent d’être footballeurs ou astronautes, ou comme le personnage de Sylvester Stallone, que votre propre père a doublé dans la version française du film, pour moi, mon salut fut de ressembler aux toreros considérés comme des supers héros vêtus de lumières.

Parce que, dans ce chemin, pour me trouver et devenir également ce super héros, j’ai acquis des valeurs, je me suis éduqué, je me suis cultivé, je me suis discipliné et j’ai rencontré des personnes magiques dans tous les domaines ; de la littérature à la peinture, en passant par la photographie, le cinéma, le sport et la politique. Savez-vous, madame Bergé, combien de gamins ont été sauvés de l’exclusion sociale et de la délinquance dans les écoles taurines de Nîmes, Arles, Béziers pour ne citer que celles-là ? Vous dites que les enfants ne peuvent assister à la corrida parce qu’on y voit la mort en vrai. Je vous conseille, en toute humilité, la lecture brève mais intense de Cinquante raisons de défendre la corrida de notre compatriote Francis Wolff. Il y parle de tauromachie comme école du respect. Il y évoque aussi le soi-disant « trauma » dont seraient victimes les enfants présents à une corrida. Eh bien « n’importe quoi peut traumatiser un enfant. En particulier la violence muette, aveugle et absurde, à laquelle on ne peut donner ni sens ni raison ». Ce n’est pas moi qui l’affirme. C’est monsieur Wolff, philosophe réputé, professeur émérite à l’École normale supérieure, de la rue d’Ulm.

La violence dépourvue de sens et de raison c’est, par exemple, celle à laquelle les enfants sont exposés sur les réseaux sociaux grâce aux portables qu’ils manipulent mieux que moi et peut-être mieux que vous. Va-t-on interdire les réseaux sociaux ? La loi va-t-elle exiger un contrôle parental ? Non, à l’évidence. Attaquer la tauromachie est politiquement plus correct. Et plus rentable. Ce que, sans doute, vous pensez. Madame Bergé, vous sautez dans l’arène de la polémique pour tirer un revenu politique de la présence de deux ministres aux arènes de Bayonne. Permettez qu’on fasse de la politique vraie et, bien qu’ils ne soient pas de votre parti, parlez avec eux. Demandez leur combien ils ont vu d’enfants sur les gradins et autour des arènes. Inutile de les compter. Ils n’auraient pas pu. Je vous assure qu’il y en avait des centaines. Et savez-vous ? Ce sont des enfants comme les autres. A la rentrée des classes ils iront au collège, ils joueront avec leurs amis, ils étudieront, ils feront leurs blagues, ils renâcleront pour faire leurs devoirs et rêveront éveillés sur leur futur d’adulte. Un, qui sait, pensera à devenir torero. Ou pas. Seul le temps le dira. Mais, madame Bergé, vous n’êtes pas quelqu’un à vous opposer à l’avenir. Ne soyez pas complice de ce crime culturel qui veut faire disparaître ce qui est différent. Soyez libre. Et si vous ne le pouvez pas, ce que, croyez-moi, je peux comprendre, laissez les autres l’être.

Bien à vous,

Sébastien Castella,

Torero ».

Photo de famille pour Sébastien Castella aux côtés de son épouse et de ses deux filles (crédit photo : Instagram Patricia Vásquez).

OBJECTIF FERIA DES VENDANGES : PABLO AGUADO CHANTE LE TOREO A RONDA

Posté le 08/09/19

- Enrique PONCE (corrida du dimanche 15 septembre face aux toros de Victoriano del Río) : le maestro de Chiva a connu une dernière semaine d’août assez dense, avec un premier engagement à Cuenca, lundi 26, face à un lot de toros de Román Sorando face auquel il a été ovationné. Cinq jours plus tard, à Palencia, la corrida de Montalvo n’a pas donné le jeu escompté et le torero valencian a écouté un silence à l’issue de ses deux prestations. Le lendemain, dimanche 1er septembre, Enrique Ponce a retrouvé la voie du triomphe en ouvrant la Grande porte des arènes de San Sebastián de los Reyes (Madrid), 18 ans après y avoir toréé sa dernière corrida ! Trois oreilles ont récompensé une partition pleine de torería face à un excellent lot de Luis Algarra.

- Curro DÍAZ (corrida du vendredi 13 septembre face aux toros de Robert Margé) : programmé le lundi 26 août à Añover de Tajo (Tolède), le torero andalou a ravi la première oreille de la corrida de Fuentespino. Le surlendemain, sur ses terres de Linares, Curro Díaz n’a pas manqué son rendez-vous de l’année, obtenant un pavillon à l’issue de ses deux faenas face à un lot de toros de La Palmosilla. La Grande porte des arènes s’est ouverte à lui ainsi qu’à Diego Ventura.

- Sébastien CASTELLA (corrida du samedi 14 septembre face aux toros de Garcigrande et Domingo Hernández) : chef de lidia de la corrida de Luis Algarra programmée à Bayonne le vendredi 30 août, le matador biterrois a remporté un grand triomphe. Trois oreilles en mains, le torero français a parfaitement connecté avec les gradins des arènes Marcel-Dangou, faisant la différence face à ses compagnons d’affiche. Le lendemain, à Almazán (Soria), Sébastien Castella a remporté un nouveau succès après avoir conquis deux pavillons devant le noble 4e exemplaire de la corrida d’Albarreal.

- José María MANZANARES II (corrida du samedi 14 septembre face aux toros de Garcigrande et Domingo Hernández) : ovationné le mercredi 28 août à Cuenca face à une corrida de José Vázquez, le torero d’Alicante a connu une journée grandiose, le lendemain, à Linares (Jaén) devant un excellent lot de Núñez del Cuvillo. Trois oreilles ont ponctué les deux faenas d’un Manzanares souverain depuis sa démonstration de Bilbao. Une semaine conclue en beauté le dimanche 1Er septembre à San Sebastián de los Reyes (Madrid), avec deux nouvelles oreilles acquises face au brave 2e toro de la corrida de Luis Algarra, honoré d’une vuelta.

- Miguel Ángel PERERA (corrida du samedi 14 septembre face aux toros de Garcigrande et Domingo Hernández) : programmé le lundi 26 août à Cuenca, le torero extremeño s’est vu attribuer un trophée devant son premier adversaire de Román Sorando. Le lendemain, un autre pavillon a récompensé la qualité du toreo au millimètre de Perera devant un exemplaire de Sánchez-Arjona à Colmenar Viejo (Madrid). La Grande porte s’est ouverte au matador espagnol le samedi 31 août à San Sebastián de los Reyes (Madrid) après une faena particulièrement complète tracée au 3e toro de la corrida de García Jiménez, dépossédé de ses deux oreilles. Une dynamique du succès sur laquelle Perera a surfé avec brio, obtenant le lendemain trois nouveaux trophées à Priego de Córdoba (Cordoue) face à un noble lot de Torrehandilla.

- Paco UREÑA (corrida du dimanche 15 septembre face aux toros de Victoriano del Río) : le torero de Lorca a connu une semaine contrastée même si celle-ci avait excellemment débuté le lundi 26 août à Colmenar Viejo (Madrid), avec une première oreille coupée au 6e exemplaire de la corrida de Parladé. Répété le lendemain dans ces mêmes arènes, Ureña avait triomphé en ravissant les deux pavillons du 6e toro porteur du fer de Sánchez-Arjona. Malheureusement, une blessure a stoppé net cette dynamique du succès, vendredi 30 août à Palencia, où le 2e exemplaire de la corrida d’Antonio Bañuelos a cueilli sèchement le matador Paco Ureña a subi un profond coup de corne à la cuisse droite, dont il a été opéré à l’infirmerie des arènes avant d’être transféré à l’hôpital universitaire de Palencia. Ce lundi 2 septembre, le torero de Lorca a quitté Palencia pour Madrid afin de confier sa rééducation entre les mains de son équipe de médecins et de physiothérapeutes. N’ayant eu aucune complication de ce coup de corne, Paco Ureña envisage de reprendre l’épée au plus vite afin d’honorer ses engagements du mois de septembre.

- Daniel LUQUE (corrida du vendredi 13 septembre face aux toros de Robert Margé) : le matador andalou a proposé une faena importante le 30 août dernier à Bayonne face au 2e toro de la corrida de Luis Algarra, crédité d’une vuelta Une seule oreille a salué une partition au contenu dense et profond. Le lendemain, à Zalamea la Real (Huelva), trois oreilles ont ponctué une prestation enjouée devant un excellent lot d’El Parralejo, dont le 5e exemplaire a été gratifié d’une vuelta posthume.

- Ginés MARÍN (corrida du dimanche 15 septembre face aux toros de Fuente Ymbro) : programmé le lundi 26 août à Cuenca, le matador jerezano a obtenu une nouvelle sortie en triomphe par la Grande porte après avoir ravi les deux oreilles de son premier toro de Román Sorando. Un triomphe à peine caressé deux jours plus tard à Linares (Jaén), avec un seul pavillon acquis devant le 3e exemplaire de la corrida de La Palmosilla. En revanche, les toros de Montalvo proposés à Palencia le samedi 31 août n’ont pas permis à Ginés Marín d’aller plus loin dans sa proposition artistique, sa seconde faena s’achevant par un salut au tiers.

- Pablo AGUADO (corrida du dimanche 15 septembre face aux toros de Victoriano del Río) : ovationné le mercredi 28 août pour son retour de blessure à Cuenca devant des toros de José Vázquez, le matador sévillan a connu une semaine savoureuse en termes d’interprétation du Deux oreilles ont récompensé une faena souveraine le jeudi 29 août à Linares (Jaén) face à un bon toro de Núñez del Cuvillo. Écopant du pire lot de Luis Algarra, Pablo Aguado n’a pas été en mesure de s’illustrer le lendemain à Bayonne. Car la grande date de cette semaine demeurera le samedi 31 août et la goyesque de Ronda, en mano a mano avec Morante de la Puebla ! Une première oreille accordée devant le 4e exemplaire de Juan Pedro Domecq, avant un 7e toro offert en supplément et une faena divine qui a permis à Pablo Aguado d’interpréter le chant profond du toreo. Une sortie en triomphe impériale pour l’une des grandes tardes de cette saison taurine. Grisé par ce succès, le torero andalou ne s’est pas arrêté en si bon chemin, coupant les deux oreilles du 3e toro de la corrida de Luis Algarra programmée à San Sebastián de los Reyes (Madrid) le dimanche 1er septembre.

- EL RAFI (novillada du samedi 14 septembre face aux novillos de San Sebastián) : le novillero nîmois a coupé l’oreille du 4e exemplaire d’une excellente novillada de Los Maños, le dimanche 1er septembre à Bayonne. Une prestation au cours de laquelle les aficionados ont pu apprécier l’évolution du toreo de Rafi.

- Fernando PLAZA (novillada du samedi 14 septembre face aux novillos de San Sebastián) : le novillero madrilène était à l’affiche de la novillada de Torrealba programée le mercredi 28 août à San Sebastián de los Reyes (Madrid). Ovationné à l’issue de sa première prestation, Fernando Plaza n’a pu tirer parti d’un lot de novillos assez inégal.

- SOLALITO (novillada du samedi 14 septembre face aux novillos de San Sebastián) : l’apprenti-novillero nîmois a brillé dimanche dernier à Bellegarde en remportant la troisième édition du trophée Sébastien-Castella. Solal, qui est sorti en triomphe au côté de Cristian Parejo, a ravi un total de trois oreilles face à un bon lot d’erales de la ganadería française de Sainte-Cécile.

Grande véronique de Pablo Aguado le samedi 31 août lors de la corrida goyesque de Ronda (crédit photo : compte twitter Pablo Aguado / Moreno de Terry).

GÉNÉRIQUE DE FIN : LE LIVRE DE SIMON CASAS FAIT PARLER DE LUI

Posté le 07/09/19

« Si un jour tu décides de te suicider, vise juste ! Pour ne pas se rater, il faut être en accord avec soi-même ». Générique de fin est le cinquième livre de Simon Casas : celui-ci narre les chassés-croisés à Madrid d’un écrivain et de ses doubles, confrontés à leur disparition… Un polar borgésien qui mêle cinéma et littérature, fiction et réalité.

Un ouvrage qui a inspiré une chronique à Pierre Vidal sous le titre emprunté à Aristote, « en toute chose la fin est essentielle ». Publiée dans les colonnes du site « Corrida Si », le chroniqueur taurin appuie son commentaire en s’inspirant de l’actualité de la mi-août, avec les propos contestés de la porte-parole du parti majoritaire au Palais Bourbon. Voici l’intégralité du texte de sa chronique :

« Trois côtes cassées, voilà les premiers dégâts de la déclaration d’Aurore Bergé contre la corrida à l’Assemblée. Contrarié. La tête ailleurs. Préoccupé. Adieu Bilbao ! Me voilà coincé sur un fauteuil sans pouvoir bouger après être tombé sur le trottoir. Consolation inattendue : j’empoigne sur ma chaise longue, le livre de « Simon Domb dit Casas » qui vient de sortir aux éditions du Diable Vauvert. Miracle ! Je n’ai pas lâché Générique de fin, ainsi, passionné, pendant deux heures, j’ai oublié la douleur qui me lance les côtes. Mieux que le doliprane à haute dose. C’est beau, non ?

Il faut le dire : il n’y a rien de taurin dans ce roman. Ou alors, c’est au niveau métaphorique qu’existe ce lien. La mort est en effet le sujet de ce Générique de fin et plus spécialement le suicide, mais aussi la création artistique et enfin le standard de la femme aimée mais maléfique. Mais bon, voilà pour la métaphore, rajoutons le décor : cela se passe dans ce Madrid romantique avec ses rues animées et ses tavernes immuables. Madrid capitale à part, figée, si peu européenne en réalité, ciment d’une hispanité qu’on voudrait rejeter - pourquoi d’ailleurs ? - Madrid où nous nous retrouvons mieux qu’à Paris. Il y a néanmoins, dans le roman de Casas, un personnage tiré du milieu taurin, une allusion transparente (?) : Jacques, l’ami, celui par qui tout arrive, en fait.

Il faut donc et, c’est à mettre au crédit de l’auteur, oublier le producteur de spectacles, l’aficionado, le torero, faire le lit de ses aventures extraordinaires pour apprécier l’écrivain, le romancier. C’est ainsi que Simon met ses tripes sur la table et qu’il nous dit : « regardez ce que je suis capable d’écrire ». Et là « chapeau ! » Le roman très habilement construit est écrit dans un style précis, vigoureux, sombre parfois mais lucide.

Il y a de l’ambition dans l’agencement du récit. Ses personnages nous tiennent en haleine du début à la fin et bien malin celui qui peut prévoir l’issue, l’épilogue obscur, soigneusement occulté, qui va surgir avant le Générique de fin. C’est un beau roman, cela ferait aussi un bon film noir. Une sorte d’objet hyperréaliste –bien que la catégorie n’existe ni au cinéma ni dans la littérature – avec des décors à la Hopper… car on y trouve la même image d’un univers glacé et angoissé.

Comme le dit le héros : « Jacques, je suis inquiet, il y a trop d’analogies entre la fiction et mon existence ».

Générique de fin, de Simon Domb dit Casas. Editions au Diable Vauvert.

TEMPORADA : SÉBASTIEN CASTELLA MARQUE SON EMPREINTE A SAINT-GILLES DEVANT LES FUENTE YMBRO

Posté le 06/09/19

Le dimanche 25 août, à Saint-Gilles, Sébastien Castella a toréé son unique corrida de Fuente Ymbro de la saison 2019. Un élevage que connaît pourtant bien le torero biterrois, lui qui a officié à 23 reprises devant les toros porteurs du fer de Ricardo Gallardo. En France, l’actuel leader de la tauromachie tricolore a défié les Fuente Ymbro à quatre reprises à Nîmes (2003 pour sa première course devant cet élevage, 2004, 2011 et 2017 en lidiant un seul exemplaire lors d’un mano a mano partagé avec Ponce), une fois à Mont-de-Marsan (2016), Palavas-les-Flots (2013) et Saint-Gilles (2019).

Parrain de la corrida d’alternative de Tibo Garcia, Sébastien Castella a livré une partition importante de toreo face à ses deux toros de Fuente Ymbro. Un lot inégal en tempérament et une faena supérieure livrée devant le 4e exemplaire, exagérément gratifié d’une vuelta posthume. Précédemment, ce toro avait obtenu la chute du groupe équestre dirigé par le picador Juan Melgar avant d’être embarqué dans un ouvre d’intensité croissante, entamé par un cambio au centre de la piste saint-gilloise avant une conclusion sur la courte distance faisant se lever l’ensemble des gradins.

Récompensé par les deux oreilles et la queue du toro de Fuente Ymbro, Sébastien Castella est sorti en triomphe par la Grande porte des arènes Émile-Bilhau au côté de l’impétrant, Tibo Garcia, 67e matador de toros français de l’histoire. Cette corrida était la sixième toréée par le matador biterrois aux arènes de Saint-Gilles, dont il a ouvert la Grande porte à cinq reprises.

Le public nîmois retrouvera Sébastien Castella au cartel de la deuxième corrida de la Feria des Vendanges aux arènes de Nîmes, le samedi 14 septembre (17h30), aux côtés de José María Manzanares et Miguel Ángel Perera, face à des toros de Domingo Hernández et Garcigrande. Cette course sera l’unique corrida toréée en France par Sébastien Castella au cours du mois de septembre.

Larges sourires sur les visages de Sébastien Castella et Tibo Garcia, triomphateurs de la corrida de Fuente Ymbro le dimanche 25 août à Saint-Gilles (crédit photo : Daniel Chicot).

OBJECTIF FERIA DES VENDANGES : FUENTE YMBRO A LA RELANCE

Posté le 05/09/19

- Domingo HERNÁNDEZ & GARCIGRANDE (corrida du samedi 14 septembre, avec Sébastien Castella, José María Manzanares II et Miguel Ángel Perera) : 4 toros de Domingo Hernández et 1 exemplaire de Garcigrande pour El Juli, José María Manzanares II et David de Miranda, le 19 août à Málaga. Le fer idoine des figuras de la tauromachie a envoyé un lot assez inégal dans la cité balnéaire andalouse, avec un seul trophée ravi par Manzanares devant le 2e toro de l’après-midi. 4 toros de Domingo Hernández et 2 exemplaires de Garcigrande pour Enrique Ponce, El Juli et Luis David Adame, le 22 août à Bilbao. Le lot présenté dans la capitale s’est avéré sérieux et exigeant, avec trois toros supérieurs en termes de mobilité, favorisant la coupe de deux pavillons (3e et 6e) en faveur du torero mexicain Luis David, et d’un autre trophée (5e) dans l’escarcelle d’El Juli. 5 toros de Domingo Hernández et 1 exemplaire de Garcigrande pour El Juli, José María Manzanares II et Daniel Crespo, le 23 août au Puerto de Santa María (Cadix). Le public gaditano a pu apprécier la qualité du lot dévolu au benjamin du cartel, local de l’étape, Daniel Crespo, qui a ravi l’oreille de ses deux

- FUENTE YMBRO (corrida du dimanche 15 septembre, avec Enrique Ponce, Paco Ureña et Pablo Aguado) : 6 toros pour Finito de Córdoba, Juan Leal et José Garrido, le 24 août à Bilbao. L’éleveur andalou Ricardo Gallardo a présenté un lot très sérieux sur le sable gris de Vista Alegre, la caste de ses toros trouvant en Juan Leal un révélateur privilégié pour des lidias à l’intérêt soutenu. Le torero arlésien a ravi l’oreille de ses deux adversaires. 6 toros pour Sébastien Castella, Emilio de Justo et Tibo Garcia (alternative), le 25 août à Saint-Gilles. Dans un registre que celui de Bilbao, Fuente Ymbro a présenté quelques toros notables à Saint-Gilles, notamment celui de la prise d’alternative de Tibo Garcia dans la cité gardoise. Un exemplaire supérieur au 4e, gratifié d’une vuelta posthume, devant lequel Sébastien Castella avait été primé des trophées maximums.

- Victoriano del RÍO & CORTÉS (corrida du dimanche 15 septembre, avec Enrique Ponce, Paco Ureña et Pablo Aguado) : 5 toros de Victoriano del Río et 1 exemplaire de Cortés pour Antonio Ferrera, El Juli et José María Manzanares II, le 21 août à Bilbao. Les deux toros dévolus à Manzanares demeureront comme deux modèles de sérieux et de caste au bilan final de ces Corridas générales. Face à eux, le torero d’Alicante a réaffirmé son tempérament ainsi que l’excellence de son toreo, ravissant à chaque fois une oreille de poids. Un trophée a également été attribué au Juli devant un 5e exemplaire lui aussi de qualité.

Entrée en piste d’un fier toro de Fuente Ymbro, le samedi 24 août à Bilbao (crédit photo : Emilio Méndez / agence Suerte Matador).

CAMPO : PRÉSENTATION DES TOROS DE MARGÉ POUR LA FERIA DES VENDANGES

Posté le 04/09/19

Huit toros braves posent fièrement sous l’objectif des caméras et des appareils-photos dans les prés de Fleury d’Aude. Leurs robes sont noires, châtaignes, coloradas, bragadas ou encore meanas. Huit toros qui ont vu le jour sur les terres du domaine des Monteilles, antre de la ganadería Margé.

Un élevage qui n’est plus venu à Nîmes depuis 7 ans. Le vendredi 14 septembre 2012, Javier Castaño et Julien Lescarret avaient effectivement défié six exemplaires de la maison Margé dans le cadre d’un mano a mano inédit. En 2019, Curro Díaz, Daniel Luque et David Galván en feront de même lors de la corrida d’ouverture de la Feria des Vendanges.

Des huit toros présentés, six seront sélectionnés pour entrer dans l’apartado après avoir été tirés au sort par les représentants des trois matadors. Un élevage français que connaît bien le torero andalou Curro Díaz pour avoir tracé une faena supérieure devant un toro de Margé, le jeudi 18 septembre 2008 sur cette même piste nîmoise. Une corrida notamment marquée par l’octroi d’une vuelta posthume pour le 3e exemplaire de l’après-midi, sublimé dans la muleta de Salvador Vega.

Les toros de Robert Margé reviennent donc à Nîmes avec des arguments, pour la quatrième corrida de ce fer qui sera lidiée dans l’amphithéâtre romain. Une course qui pourrait réserver bien des surprises…

Avec ses cornes protégées par les « fundas », un toro de Robert Margé sélectionné pour la corrida d’ouverture de la Feria des Vendanges aux arènes de Nîmes (crédit photo : page Facebook de la ganadería Margé).

OBJECTIF FERIA DES VENDANGES : GINÉS MARÍN, UN TORERO A SUIVRE DE PRÈS

Posté le 03/09/19

- Enrique PONCE (corrida du dimanche 15 septembre face aux toros de Victoriano del Río) : le maestro de Chiva n’a pas manqué ses retrouvailles avec le public d’Almería en se voyant récompensé de deux oreilles face au 4e exemplaire de la corrida de Núñez del Cuvillo, le lundi 19 août. Un triomphe partagé aux côtés d’un grandiose Ginés Marín, auteur d’une tarde quasi-parfaite. Ovationné le lendemain à Bilbao face au 1er toro de Zalduendo, Enrique Ponce n’a pas été en mesure de ravir de trophées, jeudi 22, dans ces mêmes arènes de Vista Alegre, saluant à deux reprises face à ses deux adversaires de Garcigrande et Domingo Hernández, à l’issue de faenas relativement denses.

- Curro DÍAZ (corrida du vendredi 13 septembre face aux toros de Robert Margé) : chef de lidia de la corrida d’Adolfo Martín annoncée dimanche dernier à Colmenar Viejo (Madrid), Curro Díaz a salué au tiers à l’issue de ses deux faenas. Affirmant un style de tauromachie racée, le torero andalou a tiré le meilleur parti d’un lot de toros assez inégal. La veille, le torero andalou avait récolté le même résultat devant ses deux exemplaires de Pallarés à Cuenca.

- Sébastien CASTELLA (corrida du samedi 14 septembre face aux toros de Garcigrande et Domingo Hernández) : parrain d’alternative de Tibo Garcia, 67e matador de toros français de l’histoire, Sébastien Castella a brillé dimanche dernier à Saint-Gilles. Ovationné à l’issue de sa première prestation, le matador biterrois a sorti le grand jeu devant le 4e exemplaire de la corrida de Fuente Ymbro, dépossédé de ses deux oreilles et la queue, avec une vuelta posthume à la clé pour la dépouille du Un beau triomphe tricolore avec une sortie a hombros au côté de Tibo Garcia par la Grande porte des arènes Émile-Bilhau.

- José María MANZANARES II (corrida du samedi 14 septembre face aux toros de Garcigrande et Domingo Hernández) : le torero d’Alicante poursuit sur sa série de succès estivaux avec une oreille ravie le lundi 19 août à Málaga face au 2e toro de la corrida de Domingo Hernández, élevage qu’il retrouvera à Nîmes pour la Feria des Vendanges. Deux jours plus tard, Manzanares a certainement signé l’un de ses plus grands triomphes sur le sable gris des arènes de Bilbao, avec deux faenas somptueuses, chacune primée d’une oreille face à un lot important de Cortés et Victoriano del Río. Ovationné à deux reprises au Puerto de Santa María (Cadix) vendredi 23, face aux toros de Domingo Hernández, le matador espagnol a retrouvé le chemin de la Grande porte le lendemain, à Antequera (Málaga) après avoir ravi l’oreille de ses deux exemplaires de Juan Pedro Domecq.

- Miguel Ángel PERERA (corrida du samedi 14 septembre face aux toros de Garcigrande et Domingo Hernández) : applaudi à deux reprises à Málaga, mardi 20 août, face à du bétail du Puerto de San Lorenzo, le torero extremeño a triomphé dimanche dernier à Almagro (Ciudad Real) après avoir ravi les deux pavillons du 5e exemplaire de la corrida, porteur du fer de sa belle-mère, Carmen Lorenzo.

- Paco UREÑA (corrida du dimanche 15 septembre face aux toros de Victoriano del Río) : le vendredi 23 août, le torero de Lorca a écrit une page d’histoire de la tauromachie à Bilbao en coupant quatre oreilles lors de la corrida de Jandilla et Vegahermosa, égalant ainsi le grand record de 1964 toujours détenu par Manuel Benítez « El Cordobés », Ve Calife de la Tauromachie. Deux faenas exceptionnelles d’esthétique, de courage et d’engagement qui ont définitivement fait entrer Ureña dans le cœur de l’afición de Bilbao et confirmé une temporada d’exception, symbolisée par trois Grandes portes à Madrid, Bilbao et Valencia. Programmé à Cieza (Murcie) le lendemain, le matador espagnol ne s’est pas arrêté en si bon chemin, ravissant l’oreille de ses deux exemplaires de Núñez de Tarifa, avant de partager la sortie en triomphe aux côtés de Cayetano et d’un excellent López Simón.

- Daniel LUQUE (corrida du vendredi 13 septembre face aux toros de Robert Margé) : le matador andalou a retrouvé le chemin du triomphe dimanche dernier à Cuéllar (Ségovie) après avoir ravi une oreille à chacun de ses deux adversaires de Lagunajanda. Une sortie a hombros partagée avec Fernando Robleño.

- LÓPEZ SIMÓN (corrida du dimanche 15 septembre face aux toros de Fuente Ymbro) : le torero madrilène continue d’aligner les sorties en triomphe par les grandes portes d’arènes espagnoles comme cela a été notamment le cas à Cieza, samedi 24 août, devant un très bon lot de toros de Núñez de Tarifa. Une oreille a récompensé le contenu des deux faenas de López Simón, porté a hombros à l’issue de la corrida avec Cayetano et Paco Ureña. Le lendemain, à Almagro, un seul trophée a salué les détails très fins de l’ultime faena de la journée, tracée face à un exemplaire d’El Capea, avant que Miguel Ángel Perera ne soit porté en triomphe.

- Juan LEAL (corrida du dimanche 15 septembre face aux toros de Fuente Ymbro) : quelle grande semaine pour le matador arlésien, triomphateur lundi 19 août de la corrida de Las Monjas à Ciudad Real. Crédité des deux oreilles du 2e exemplaire de l’après-midi, Juan Leal a démontré les possibilités de développement de son toreo, manquant de peu au 5e un triomphe plus important. Une vuelta a récompensé sa seconde prestation. Cinq jours plus tard, c’est à Bilbao que le torero français a frappé un grand coup sur la table, se faisant certainement « voler » la grande porte par la volonté d’un président très exigeant. Proposant un toreo de grande exposition, Juan Leal a coupé l’oreille de ses deux toros de Fuente Ymbro, écoutant une forte pétition de second trophée lors de sa seconde faena. Un après-midi qui comptera incontestablement dans la carrière du jeune matador qui a pris l’alternative à Nîmes en 2013, des mains de Sébastien Castella.

- Ginés MARÍN (corrida du dimanche 15 septembre face aux toros de Fuente Ymbro) : semaine éblouissante pour le torero jerezano, qui connaît lui aussi une temporada estivale de premier plan. Ce ne sont pas moins de quatre oreilles qui sont revenues dans son escarcelle à l’issue d’une partition époustouflante de toreo, orchestrée sur le sable des arènes d’Almería le lundi 19 août. Triomphateur au côté de Ponce, Marín a su faire la différence face au maestro de Chiva et devant un excellent lot de Núñez del Cuvillo. L’adversité n’a pas été la même le lendemain, à Bilbao, face à un lot décevant de Zalduendo qui a limité à un salut au tiers le résultat du matador andalou devant le 6e exemplaire de la corrida. Une impression mitigée rapidement effacée des esprits samedi 24 à Cuenca avec un total de trois pavillons entre les mains de Ginés Marín, excellent devant un noble lot de Pallarés. Deux saluts au tiers à Villanueva del Fresno (Badajoz), le lendemain, ont ponctué une semaine fort bien remplie.

- EL RAFI (novillada du samedi 14 septembre face aux novillos de San Sebastián) : le novillero nîmois a coupé une oreille devant le 3e exemplaire de la novillada de compétition organisée samedi 24 août à Saint-Gilles. Une première faena composée avec goût devant un novillo fort mobile de Cuillé qui aurait pu être suivie d’un triomphe avec un meilleur maniement de l’épée. Blessé à la main en portant l’estocade face au 6e exemplaire de Malaga, le Rafi a immédiatement regagné l’infirmerie. Huit points de suture lui ont été posés dans la soirée, avec quelques jours de repos à la clé.

- Fernando PLAZA (novillada du samedi 14 septembre face aux novillos de San Sebastián) : le novillero madrilène était à l’affiche de l’excellente course de Domingo Hernández programmée le samedi 24 août à Collado Mediano (Madrid). Une oreille a récompensé sa seconde faena devant le 6e novillo de la course. Le lendemain, Fernando Plaza a obtenu un autre trophée à Cella (Teruel), devant le 1er exemplaire de la novillada de Vicente Morell Luna.

- SOLALITO (novillada du samedi 14 septembre face aux novillos de San Sebastián) : l’apprenti-novillero nîmois a brillé dimanche dernier à Rion-des-Landes (Landes) en coupant une oreille lors de la traditionnelle course de Valdefresno. Solalito a également été récompensé par le prix de la meilleure paire de banderilles.

Muletazo cambiado de Ginés Marín lors de sa dernière venue aux arènes de Nîmes, le samedi 15 septembre 2018, et qui réalise une grande saison (crédit photo : Anthony Maurin).

GÉNÉRIQUE DE FIN : SIMON CASAS DÉDICACERA SON DERNIER OUVRAGE A ARLES ET NÎMES

Posté le 02/09/19

« Si un jour tu décides de te suicider, vise juste ! Pour ne pas se rater, il faut être en accord avec soi-même ». Générique de fin est le cinquième livre de Simon Casas : celui-ci narre les chassés-croisés à Madrid d’un écrivain et de ses doubles, confrontés à leur disparition… Un polar borgésien qui mêle cinéma et littérature, fiction et réalité.

Après Tous toreros, Taches d’encre et de sang, la Corrida parfaite ou encore L’envers de la cape, Simon Casas dédicacera ce nouvel ouvrage. Une première séance de dédicaces est prévue ce samedi 7 septembre à Arles, à la librairie Actes Sud, 47 rue du docteur Fanton, à partir de 11h30. La seconde se déroulera en ouverture de la Feria des Vendanges, le vendredi 13 septembre à l’hôtel Imperator, 15 rue Gaston Boissier à Nîmes, à partir de 15h30.

Simon Casas en pleine séance de dédicaces à Bayonne le 30 août dernier (crédit photo : twitter Marc Lavie).

OBJECTIF FERIA DES VENDANGES : LES TOROS DE MARGÉ TRIOMPHENT A BÉZIERS

Posté le 01/09/19

- Domingo HERNÁNDEZ & GARCIGRANDE (corrida du samedi 14 septembre, avec Sébastien Castella, José María Manzanares II et Miguel Ángel Perera) : 4 toros pour El Juli et Pablo Aguado, le 15 août à Saint-Sébastien. La ganadería favorite des vedettes de la tauromachie a envoyé un bon lot de toros dans le toril des arènes d’Illumbe. Quatre exemplaires qui se sont caractérisés par un bon niveau de bravoure et de noblesse, permettant au Juli de connaître l’un de ses meilleurs après-midis de l’année, trois oreilles à la clé.

- Robert MARGÉ (corrida du vendredi 13 septembre, avec Curro Díaz, Daniel Luque et David Galván) : 6 toros pour Manuel Escribano, Daniel Luque et Joaquin Galdós, le 17 août à Béziers. L’élevage des Monteilles a envoyé un lot important de toros pour cette corrida, qui a favorisé la coupe de cinq oreilles, voire plus sans une certaine rigueur présidentielle. Les 4e et 6e exemplaires, « Atlas » et « Éos », ont été honorés d’une vuelta posthume pour leurs qualités exprimées tout au long de la lidia.

- Victoriano del RÍO & CORTÉS (corrida du dimanche 15 septembre, avec Enrique Ponce, Paco Ureña et Pablo Aguado) : 6 toros pour Enrique Ponce, José María Manzanares II et Cayetano, le 15 août à Dax. Le lot présenté dans la sous-préfecture des Landes s’est avéré maniable pour le trio de toreros programmés, Ponce et Manzanares ravissant une oreille des deux meilleurs exemplaires sortis en 4e et 5e

Entrée en piste d’un toro de Robert Margé lors de la dernière corrida présentée par l’élevage français aux arènes de Nîmes, le 14 septembre 2012 (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : QUATRE OREILLES ET UNE PAGE D’HISTOIRE ÉCRITE PAR PACO UREÑA A BILBAO

Posté le 31/08/19

Ses deux faenas devant des toros de Victoriano del Río l’avaient déjà inscrit dans un cadre de toreo jusqu’alors inconnu. Porté par les muses de l’inspiration profonde, Paco Ureña est né une seconde fois, il y a mois d’un an, lorsqu’un toro d’Alcurrucén lui a fait perdre la vision de l’œil gauche. Depuis sa réapparition en habit de lumières, au printemps dernier, le torero murciano n’est plus le même : comme si cet handicap avait révélé en lui une autre dimension de sa tauromachie.

Il demeure toutefois une vertu qui n’a pas changé dans la façon de toréer de Paco Ureña : sa capacité à révéler les toros de caste, offrir le ventre de la muleta pour toréer selon les canons et aguanter la bravoure de ses adversaires. Une image qu’Ureña avait déjà proposée au public nîmois lors de l’extraordinaire corrida de Jandilla du Lundi de Pentecôte 2017. Las, un échec avec l’épée avec réduit à une récompense minime les quatre oreilles qu’Ureña avait légitimement gagnées avec cape et muleta. Quatre oreilles que le torero natif de Lorca a su conquérir ce vendredi 23 août dans une des arènes espagnoles les plus exigeantes qui soit : la plaza de toros de Vista Alegre, à Bilbao.

Depuis 55 ans, aucun torero n’avait fait aussi bien que Manuel Benítez « El Cordobés » et ses quatre oreilles coupées lors d’un même après-midi sur le sable gris de Bilbao. Paco Ureña a su bousculer ses codes et prouver au public vizcaíno qu’il était l’un des toreros incontournables de cette temporada. Un triomphateur indispensable à toutes les ferias de catégorie et dont la profondeur du toreo a tranché avec celle, notamment, de ses compagnons de cartel du jour, Diego Urdiales et Cayetano.

Deux faenas pour l’histoire, empreintes du sceau de l’engagement et du don de soi. Paco Ureña s’est pleinement livré à Bilbao face à ses deux adversaires de Jandilla, toréant avec une extraordinaire sincérité et un sens du sacrifice corporel dans sa gestuelle. Du courage, de l’esthétique, des détails par le bas : Ureña a exprimé par sa muleta la plénitude de sa maturité d’homme, consolidé après l’épreuve d’une blessure effroyable. Pris par le 3e toro de la corrida, juste avant l’estocade, Paco Ureña ne s’est pas regardé une seule fois, attendant de façon impassible que l’encasté Jandilla ne se rende à lui, une fois l’épée portée.

Une tarde pour un héros, à l’aguante affirmé sur ses gaoneras, avant une dernière faena à l’incroyable profondeur d’interprétation. Une œuvre d’art complète, dense, émouvante, conclue d’un coup d’épée digne des plus grands. Celle d’un après-midi historique, celle d’un torero au sommet de son art, celle de quatre oreilles dont on parlera encore au cours des cinquante prochaines années.

Un torero qui a déjà officié – et triomphé – à Nîmes cette année lors de la corrida matinale du Dimanche de Pentecôte, avant d’être présent à Mont-de-Marsan.  Paco Ureña, le torero de l’année, officiera à Nîmes et nulle part ailleurs en France le dimanche 15 septembre (11h30), aux côtés d’Enrique Ponce et Pablo Aguado face aux toros de Victoriano del Río.

Toute la joie d’un Paco Ureña comblé, quatre oreilles en mains à Bilbao, porté en triomphe par son confrère torero, Saúl Jiménez Fortes (crédit photo : Emilio Méndez / agence Suerte Matador).

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