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CULTURE – LA TAUROMACHIE, SOURCE UNIVERSELLE D’INSPIRATION POUR UNE NOUVELLE GÉNÉRATION D’ARTISTES

Posté le 27/12/18

Luke Edward Hall est un phénomène de société. Jeune artiste britannique révélé par ses dessins de héros grecs et autres beautés masculine des années 20 et des années 30, son iconographie taurine ne cesse de fasciner le public espagnol. Un pays qu’il n’a pourtant jusqu’alors jamais visité, tel est le mystère de cet artiste amoureux des toros, de la culture taurine, mais qui n’a jamais mis les pieds dans une arène !

Un phénomène culturel proche de ces Américains, Australiens et autres Néo-Zélandais qui ne savent rien de la corrida, mais se retrouvent un beau jour à Pampelune, emportés par une marée blanche et rouge, parce que la prose d’Hemingway et de Mort dans l’après-midi les a transportés. Aujourd’hui âgé de 30 ans, Luke Edward Hall crée ses œuvres en France et en Grande-Bretagne, bien évidemment… Un habit de lumières est récemment sorti de son esprit fécond et sous ses doigts de dessinateur avisé.

« Les couleurs vives et les détails des habits des toreros sont précieux. Je me régale de les dessiner, même si d’un point de vue de l’éthique, je ne sais quoi penser de la tauromachie. C’est un sujet compliqué » confiait-il récemment sur son compte Instagram. « Je suis récemment allé dans une boutique londonienne qui louait des costumes de cinéma et de théâtre ; j’y ai trouvé un costume de torero rose et or que j’ai essayé. Il m’allait parfaitement. C’était génial que de pouvoir le porter durant une nuit » a récemment confié l’artiste, fan de Pablo Picasso et Jean Cocteau, au quotidien espagnol El País.

Un matador en noir et blanc, un toro brave au milieu d’obélisques ou de lieux d’inspiration grecque apparaissent dans l’œuvre d’Hall, qui a ainsi décoré un vase. D’autres pièces de céramique ont suivi pour devenir les supports de ses créations taurines où l’habit de lumières trouve une place privilégiée.

Luke Edward Hall, artiste britannique de la nouvelle génération, fasciné par la culture taurine et les habits de lumières (crédit photo : compte Instagram de Luke Edward Hall).

APODERAMIENTO : SIMON CASAS, NOUVEAU MANAGER DE LA CARRIÈRE DE TOÑETE

Posté le 26/12/18

Jusqu’alors dirigé par la maison Chopera et conseillé artistiquement par le matador retiré Manolo Sánchez, Antonio Catalán « Toñete » a confié la gestion de sa carrière à Simon Casas. Longtemps leader de l’Escalafón des novilleros jusqu’à sa prise d’alternative triomphale, le 15 septembre dernier, à Nîmes, Toñete a été l’une des révélations de cette temporada. Les trois oreilles coupées lors de la première corrida de la Feria des Vendanges et l’ouverture de la Porte des Consuls, au côté de son parrain Enrique Ponce, ont été les symboles d’une saison remarquable en tous points.

Âgé de 21 ans, Toñete est originaire de Madrid et a débuté en novillada formelle au printemps 2016. Sa présentation à Las Ventas, le 21 mai dernier, a été couronnée de succès avec la coupe de l’unique oreille de la journée face à un lot de novillos du Conde de Mayalde. Après avoir ravi trois pavillons lors de son alternative nîmoise, le jeune matador espagnol s’est illustré le 17 novembre dernier dans les arènes de Riobamba (Équateur), où il a coupé deux oreilles au bétail de Santa Coloma Internacional lors de sa présentation en Amérique du Sud.

Toñete participera à sa première corrida au Mexique le 20 janvier prochain à León (Guanajuato), aux côtés de deux toreros en forme du moment, les matadors nationaux Arturo Macías et Arturo Saldívar. Les toros porteront le fer de Boquilla del Carmen, récemment vus lors de la corrida de despedida de Juan José Padilla à Mexico.

La joie de Toñete le 15 septembre 2018 lors de son alternative aux arènes de Nîmes face à son futur apoderado (crédit photo : Simon Casas Production).

FÊTES DE FIN D’ANNÉE – UN JOYEUX NOËL A TOUS NOS LECTEURS

Posté le 25/12/18

Bientôt les vœux de bonne et heureuse année, mais avant cela la « noche buena », chère aux toreros. L’équipe de Simon Casas Production souhaite aux lecteurs du site SCP des arènes de Nîmes un joyeux Noël en ce 25 décembre. De bonnes et heureuses fêtes afin de conclure l’année en beauté avant de redémarrer la temporada sous les meilleurs auspices.

Un toro de Victorino Martín lors de la corrida de clôture de la Feria des Vendanges, le dimanche 16 septembre 2018 aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

ESPAGNE – LE PARTI POLITIQUE VOX AFFIRME SON SOUTIEN AU MONDE TAURIN

Posté le 24/12/18

Depuis son retour aux affaires, la Gauche espagne a asséné quelques coups durs à la Tauromachie, notamment avec le retrait récent des remises des Médailles des Beaux-Arts au secteur taurin par le Ministère de la Culture. Depuis l’avènement de Podemos et l’élection de personnalités politiques en rupture avec l’identité traditionnelle de l’Espagne – monarchie, toros, flamenco, paëlla, etc. –, de nouveaux leaders cherchent à replacer la tauromachie au centre de la société espagnole afin de mieux la défendre. Que ce choix soit dicté par une réelle afición a los toros ou par un geste à des visées électorales, celui-ci interpelle au cœur d’un pays où les basculements de majorités sont devenus l’apanage du quotidien.

Après sa défaite historique aux élections provinciales andalouses, la Gauche espagnole a ressorti les griffes, s’attaquant à la tauromachie notamment par la voix de sa ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera Rodríguez. Un positionnement pro-abolitionniste que l’opposition de Droite tente de contrebalancer via deux personnalités aux profils bien différents : Santiago Abascal, président du tout-jeune parti de droite nationale et identitaire Vox, et Pablo Casado, le nouveau président du Parti populaire espagnol. Tous deux politiquement formés au « Parti Popular », ces deux jeunes présidents de formations ont deux manières différentes et complémentaires de défendre la tauromachie : perspective culturelle et identitaire pour Abascal, nombre d’emplois dans le secteur et impact économique pour Casado.

Issu d’une scission au sein du Parti populaire espagnol, Vox a gravi les marches du succès au cours de ses cinq années d’existence, faisant une entrée remarquée au Parlement andalou, avec 12 sièges. Une nouvelle force politique prise avec sérieux par des formations comme Ciudadanos ou même le Parti populaire, qui n’excluent pas une alliance avec Vox afin d’obtenir la majorité absolue dans certaines assemblées. Au niveau du monde taurin, Morante de la Puebla a clairement affiché son soutien à Santiago Abascal, à l’instar d’autres toreros andalous comme Javier Jiménez et Pablo Aguado.

Pourtant, certains observateurs politiques espagnols font valoir que ce positionnement de Vox n’est nullement une affirmation de la défense de la tauromachie, mais plutôt l’un des nombreux éléments utilisés comme prétexte de son arsenal identitaire. Une identité connue à travers le monde par son Toro d’Osborne mais mise à mal depuis une dizaine d’années par de nouvelles voix qui entendent changer la figure totémique espagnole enracinée dans le courage et les valeurs du torero ou les pasodoble exultant « E Viva España »… Un débat qui n’est pas nouveau en Espagne : la tauromachie avait été sacrifiée en Catalogne au début des années 2010 afin de permettre aux leaders indépendantistes de s’attaquer à un symbole fort de l’identité du pays, défendu par la Couronne.

Au cœur de l’arène politique, certaines personnalités espagnoles souhaitent faire entendre leurs voix afin de mieux exister… et récolter d’autres types de voix. Face aux tentations abolitionnistes, nos voisins se doivent de choisir « le bon cheval » et réaffirmer avec la plus grande force qui soit la dimension culturelle et populaire de la Tauromachie. L’excellent bilan de la dernière Feria d’Automne à la Monumental de Las Ventas, à Madrid, est encore présent dans tous les esprits.

Morante de la Puebla partageant le cigare avec le président de Vox, Santiago Abascal (crédit photo : page Twitter de Santiago Abascal).

REVUE DE PRESSE : LES ESPOIRS DE NÚÑEZ DEL CUVILLO POUR 2019

Posté le 23/12/18

La ganadería de Núñez del Cuvillo a rarement fait dans la demi-mesure : élevage chéri des toreros vedettes dans les années 90, d’Ortega Cano à César Rincón, en passant par Espartaco et Jesulín, sans oublier l’adoubement ultime ceint par José Tomás à la fin de cette décennie. Un fer intimement lié aux faenas importantes des figuras, régulièrement programmé dans les principales arènes espagnoles et françaises de première catégorie. Cette saison, l’élevage immortalisé par les trois rubans de la devise verte, blanche et rouge a fourni pas moins de 24 corridas, soit un total précis de 126 toros lidiés, 91 oreilles et 3 queues accordées, 3 vueltas posthumes octroyées et 1 indulto décerné au toro « Comilón », gracié le 5 mai 2018 par Cayetano dans les arènes de Baeza (Jaén).

En 2019, l’élevage andalou mâtiné aux différentes rames de Domecq, Núñez et Osborne proposera « un total de 22 ou 23 corridas », selon son ganadero Álvaro Núñez. Une confidence faite à Javier Jiménez dans les colonnes du site Mundotoro, précisant « que la camada de 2019 serait un peu plus courte par rapport aux précédentes saisons. Toutefois, nous fournirons deux lots de toros dans plusieurs arènes de première catégorie : Valencia, Nîmes et sûrement Madrid. Nous serons également annoncés dans d’autres arènes d’importance comme Pampelune ou Séville, et réservons un lot pour Saragosse ». Une ganadería qui envisage de réduire sa présence en arènes de 3e catégorie afin d’intensifier celle en 2e catégorie, « avec des lots préparés pour Alicante, Jerez de la Frontera ou le Puerto de Santa María » avance l’éleveur qui espère améliorer les résultats connus en 2018.

En quête d’un toro parfait, Álvaro Núñez se réjouit du niveau des lots présentés à Madrid ou encore Saragosse. Même si rien est aujourd’hui officiel en termes de confirmation de la présence de cet élevage à Nîmes en 2019, le profil de la dernière temporada nîmoise de la ganadería andalouse plaide en sa faveur. Deux lots de qualité pour Pentecôte et aux Vendanges, artisans des triomphes de Juan José Padilla, Juan Bautista ou encore Sébastien Castella, avec un total de 10 toros, 12 oreilles et 1 queue coupées et une vuelta posthume octroyée. 

Charge d’un toro de Núñez del Cuvillo lors de la corrida du Dimanche de Pentecôte, 20 mai 2018, aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA – SUSPENSION DES CORRIDAS AUX ARÈNES DE MEDELLÍN

Posté le 22/12/18

L’actualité vogue au gré des nouvelles de toutes sortes, entre avancées réelles, victoires éclatantes du monde taurin et reculades sur d’autres points. C’est le cas en Colombie, où la situation de la tauromachie demeure assez paradoxale. Après avoir reconquis les arènes de Bogota en 2017, cinq années après leur fermeture, la patrie de Fernando Botero voit l’une de ses plazas emblématiques amputée de sa feria.

Il n’y aura pas de toros en 2019 aux arènes de la Macarena de Medellín. Conséquence immédiate de la vente totale de la société Cormacarena qui assurait l’exploitation de l’édifice et l’organisation de ses spectacles depuis 1991. Une annoncé notifiée par le directeur de l’entité, Santiago Tobón, qui, dans un communiqué, a rappelé les principes du contrat non-lucratif le liant à l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul, propriétaire de l’édifice, en partenariat avec la municipalité de Medellín.

La récente session des parts de la Fondation Saint-Vincent-de-Paul a changé la donne du pool d’actionnariat de la société, laissant la majorité de gestion à la SAS D’Groupe dès le 1er janvier 2019. Une cessation d’activités qui inclut l’annulation des événements taurins traditionnellement organisés en début d’année. Curieuse manière pour une organisation taurine jusqu’alors respectée de laisser à l’abandon une arène sud-américaine de prestige sans avoir pensé en amont au suivi d’une programmation post-cessation.

A ce jour, la dernière corrida organisée aux arènes de Medellín remonte au 17 février 2018, avec Enrique Ponce, El Juli et Juan de Castilla face à six toros d’Ernesto Gutiérrez.

Estocade en ombre et lumières de José María Manzanares II le 15 septembre 2012 aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

EMPRESAS - A LA TETE DE L’ANOET, SIMON CASAS VEUT REGULER ET EQUILIBRER LES COÛTS DE PRODUCTION

Posté le 21/12/18

Le directeur des arènes de Nîmes, président de l’Association nationale espagnole des Organisateurs de Spectacles taurins vient de se prononcer en faveur d’une nouvelle manière de penser la budgétisation des plateaux tauromachiques. A ce jour, l’ANOET regroupe 90% des organisateurs de courses en Espagne.
L’assemblée générale de l’ANOET - Organisation nationale des Organisateurs de Spectacles taurins - s’est tenue ce jeudi à Madrid. Elle a constaté une augmentation de ses effectifs ; 90% des organisateurs de spectacles tauromachiques en Espagne faisant désormais partie de cette entité professionnelle présidée par Simon Casas. « Nous devons réguler et équilibrer les coûts de production à une époque où de nombreux fronts apparaissent contre la tauromachie » a souligné le patron des arènes de Nîmes et Madrid.
Renforcée par de nouvelles intégrations en son sein, l’ANOET envisage le futur avec ambition, avec une volonté d’union et « de dialogue ouvert avec tous les acteurs du secteur d’activités ». Pour Simon Casas, la validation d’une économie sereine de la tauromachie passe par une remise à plat de nombreux paramètres : « avant de considérer les honoraires des artistes, il convient de réguler les cahiers des charges des arènes afin que l’argent émanant des guichets soit dédié en priorité aux contenus de programmation, aux cartels, et donc au public. Si nous ne faisons pas cela en urgence, la tauromachie disparaîtra ». Défenseur d’une union des impresarii taurins en faveur de la régularisation de l’économie de la tauromachie, Simon Casas souhaite réadapter les contrats de gestion des arènes afin de parvenir à un équilibre des coûts de production.
Un équilibre essentiel aux yeux du responsable de la programmation aux arènes de Valencia et Alicante : « si l’économie de la production tauromachique est cohérente, c’est parce qu’elle se doit de payer ce qui n’a pas de prix ; à savoir se jouer la vie ». En tant que président de l’ANOET, Simon Casas a souhaité que tous les membres de l’entité « fassent un effort pour changer l’image de l’organisation tauromachique et exposer nos projets légitimes à une classe politique qui nous tourne le dos, par manque d’informations ».
L’ANOET a ainsi présenté son bureau, avec Simon Casas en tant que président, secondé par Ramón Valencia et Óscar Chopera comme vice-présidents. Parmi les porte-paroles, on note la présence de l’Arlésien Jean-Baptiste Jalabert, aux côtés d’organisateurs comme Pablo Chopera, José Cutiño ou encore Manuel Martínez Erice. A l’issue de cette assemblée générale, de nouveaux statuts ont été édités par l’association, comme l’incorporation de professionnels taurins français et européens par extension :
- Implication déterminée des organisateurs dans le suivi de la convention collecte pour dynamiser le dialogue social.

- Affirmation de nos concepts de marché face à la classe politique et les administrations.
- Analyse des normes et critères de conditions pour l’attribution des marchés d’arènes.
- Réduction des coûts de production.

- Opérations de communication adaptées afin de rafraîchir l’image du secteur taurin.
- Analyses et initiatives pour la réforme des règlements.

- Travaux sur la réforme normative de la Sécurité sociale.

- Création d’un comité d’éthique et d’un groupe intersectoriel avec les associations de professionnels taurins et la Fondation Toro de Lidia.

Simon Casas dans le patio de caballos des arènes de Nîmes lors de la journée de clôture de la Feria des Vendanges (crédit photo : Anthony Maurin).

ESCALAFÓN DES NOVILLEROS : A LA DÉCOUVERTE DE FRANCISCO MARTÍNEZ

Posté le 20/12/18

Premier du classement mexicain des novilleros, Francisco Martínez totalise 23 courses et 23 pavillons. Une moyenne parfaite d’une oreille coupée par course pour ce novillero originaire de San Miguel de Allende (Guanajuato), qui s’est notamment distingué à la Monumental de Mexico. Lors des novilladas précédant le début de la Temporada Grande dans la capitale mexicaine, Martínez a toréé deux dimanches consécutifs dans les plus grandes arènes au monde : le 14 octobre, il a ravi l’oreille de ses deux novillos de Monte Caldera, ouvrant ainsi la Grande porte, avant d’obtenir la semaine suivante un autre trophée d’importance face à un exemplaire porteur du fer de Barralva, élevage en vogue dans la patrie de Guillermo del Toro.

Martínez est suivi de près par Héctor Gutiérrez, autre novillero en forme du moment, avec 21 novilladas toréées pour 16 oreilles coupées. Natif d’Aguascalientes – l’une des terres mexicaines les plus prolifiques en termes de toreros – Gutiérrez est aujourd’hui âgé de 18 ans et promis à un bel avenir. Sans obtenir de trophées, quelques faenas d’importance tracées à Mexico, Guadalajara et Monterrey ont d’ores et déjà retenu l’attention des observateurs.

3e avec seulement 7 pavillons accordés en 17 courses toréées, José María Hermosillo fait figure de vétéran au sein de ce Top 10 du fait de ses 23 ans. Lui aussi originaire d’Aguascalientes, Hermosillo s’est distingué en octobre dernier en coupant l’oreille d’un novillo de Lebrija dans les arènes de sa ville natale, ou encore quelques semaines plus tôt, à Monterrey, devant un lot de San Martín. Il est talonné par le novillero franco-mexicain André Lagravère « El Galo », fils du matador français Michel Lagravère et frère cadet du fameux « Michelito ».

Avec 16 novilladas toréées, 14 oreilles et 1 queue coupée – sans oublier un novillo de San Martín gracié en octobre dernier à Monterrey – « El Galo » apparaît dans le quatuor de tête des apprentis-toreros nationaux. Âgé de 19 ans, le dernier torero de la dynastie Lagravère vient d’achever sa cinquième saison complète en novillada formelle, confirmant un niveau technique fort appréciable. Il est suivi à la 5e place par Roberto Román, crédité de 14 paseos et de 10 oreilles dans son escarcelle. Autre novillero originaire d’Aguascalientes, Román est un habitué du circuit des arènes mexicaines de première catégorie.

Au 6e rang figure Ricardo de Santiago, apprenti-torero lui aussi rodé aux différentes plazas d’importance du Mexique, et qui totalise à ce jour 7 oreilles coupées en 14 novilladas toréées. Il est suivi de près par un novillero qui a marqué les esprits aux arènes de Nîmes lors de la dernière Feria des Vendanges : Diego San Román. Avec 12 novilladas toréées et 15 oreilles coupées, le fils du matador Óscar San Román signe une première temporada assez remarquable.

8e, José Sainz affiche 12 novilladas et 8 pavillons au compteur : ce novillero originaire de San Luis Potosí a fêté ses 18 ans le 1er décembre dernier et aspire à devenir l’une des promesses taurines de son pays. Il est suivi à la 9e place par Sebastián Ibelles, qui s’est illustré au début de l’automne en ravissant une oreille à Mexico ainsi qu’à Monterrey. Il totalise à ce jour 5 pavillons en 9 courses toréées. Arturo de Alba clôt ce Top 10 avec 9 novilladas toréées pour 2 oreilles coupées : âgé de 26 ans, ce novillero natif de Guadalajara a débuté tardivement en novillada formelle, en 2014. Rappelons qu’il n’existe pas de novilladas sans picadors au Mexique, ce qui peut créer des disparités d’âges d’un novillero à l’autre…

Le novillero mexicain Francisco Martínez, leader de l’Escalafón des apprentis-toreros dans son pays natal (crédit photo : page Facebook officielle de Francisco Martínez).

CULTURE – LA FIESTA BRAVA CANDIDATE AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO

Posté le 19/12/18

Le très sérieux quotidien ABC l’évoquait dans ses colonnes il y a encore quelques semaines : la reconnaissance de la Fiesta Brava comme patrimoine culturel immatériel demeure à l’ordre du jour. Un projet initié par les nations taurines et qui aura le Mexique comme figure de proue. Francisco López Morales l’avait déjà évoqué l’automne dernier lors de la deuxième édition du Congrès international de la Tauromachie qui s’était tenu à Murcie, à l’initiative du Ministère de la Culture. Rappelons qu’une Initiative législative populaire (ILP) lancée par Luis María Gibert avant recueilli plus de 500.000 signatures afin que la Tauromachie soit reconnue de façon officielle en Espagne. En ces temps de remous politique défavorables en Espagne, il est nécessaire de rappeler que cette ILP oblige l’État, les communautés et les communes à défendre et promouvoir la Tauromachie en tant qu’élément de la Culture espagnole.

Directeur du Patrimoine mondial de l’Institut d’Anthropologie et d’Histoire de Mexico, Francisco López Morales a défendu sa thèse d’une inscription de la Fiesta Brava au patrimoine culturel immatériel. En 2008, l’assemblée générale de l’Unesco a ratifié une convention pour la Sauvegarde du Patrimoine immatériel et du Patrimoine vivant. A ce titre, le Mexique a été le premier pays à avoir complété son inventaire national (2010).

Selon l’anthropologue, la proposition d’inscription doit être le fruit d’une demande conjointe de plusieurs pays comme la France, l’Espagne, le Portugal et les cinq nations latino-américaines où la Tauromachie est pratiquée : Mexique, Colombie, Équateur, Pérou, Venezuela. López Morales a notamment souligné l’importance de la richesse et de la pluralité que revêtait l’expression de la tauromachie dans chacun de ces pays. Une « tradition vivante » qui sera portée sous l’épithète des « Fêtes traditionnelles autour du taureau ».

Une manière de renforcer définitivement la légitimité culturelle et populaire de la Tauromachie ainsi que le bien-fondé de son écologie à travers les modèles d’élevages extensifs qui président au quotidien des ganaderías où de nombreuses espèces sont préservées. Le chemin vers une inscription est encore long, mais les bonnes cartes ne manquent pas dans le jeu des défenseurs de la tauromachie.

Paseo dans les arènes de Nîmes lors de l’édition 2016 de la Feria des Vendanges (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA – ROCA REY, ROI DE LA CORRIDA GUADALUPANA

Posté le 18/12/18

Célébrée le 12-Décembre, Notre-Dame de Guadalupe est l’une des figures mariales les plus respectées au Mexique : les textes rapportent que la Vierge de Guadalupe est apparue à un indigène mexicain en 1531. Deux siècles plus tard, « la Guadalupana » devient la patronne de Mexico, puis celle de l’Amérique latine en 1895. Depuis, la basilique Notre-Dame-de-Guadalupe de Mexico est devenu l’un des plus importants lieux de dévotion catholique, avec près de 20 millions de personnes chaque année, dont 7 millions pour la seule journée du 12-Décembre !

Un événement célébré à la Monumental de Mexico par une corrida événementielle, qui réunissait cette année quatre noms importants pour l’afición de la capitale mexicaine : Morante de la Puebla, les Mexicains Joselito Adame et Sergio Flores et le Péruvien Andrés Roca Rey. C’est le torero originaire de Lima, sacré matador à Nîmes il y a trois ans, qui a tiré les marrons du feu en obtenant les deux seules oreilles de la course face au 8e et dernier toro de Jaral de Peñas. Une belle performance pour Roca Rey qui a ainsi ouvert sa première Grande porte à Mexico.

Face à melting-pot ganadero composé des fers de Xajay, Santa Bárbara, Los Encinos, Villa Carmela, Barralva et Campo Hermoso, les toreros du jour ont connu différentes fortunes : sifflets pour Morante de la Puebla, applaudissements pour Joselito Adame et silences pour Sergio Flores. Desservi par son premier adversaire de Villa Carmela, Roca Rey a donné la pleine mesure de son talent en clôture de corrida face au toro baptisé « Diácono ». Comme à l’accoutumée, le torero péruvien a excellé avec la cape, liant véroniques et gaoneras avec un naturel déconcertant.

Malgré une ambiance défavorable – due à un public passablement agacé par le niveau de la corrida sur les sept premiers toros – Andrés Roca Rey a mis tout le monde sur la même longueur d’ondes muleta en main. Une faena dédiée aux spectateurs de la Monumental qui ont rugi de plaisir en voyant le toreo enflammé du matador sud-américain : des séries étourdissantes de la droite, conclues par des bernardinas cambiadas, en se jouant des charges du toro à l’ultime seconde. Conclusion heureuse d’une corrida guadalupana décevante qui a vu les spectateurs exulter aux cris de « torero ! torero ! » jusqu’au porte d’une estocade décisive, synonyme de l’octroi de deux oreilles.

En six corridas dans la capitale mexicaine, Andrés Roca Rey totalise une coupe de trois oreilles et une sortie en triomphe par la Grande porte de la Monumental. Celle acquise ce mercredi 12 décembre.

La tauromachie virevoltante d’Andrés Roca Rey, ici aux arènes de Nîmes le 4 juin 2017, a conquis la Monumental de Mexico (crédit photo : Anthony Maurin).

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