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TEMPORADA : LES CARTELS DE LA FERIA DE LA SAN JAIME, A VALENCIA

Posté le 02/07/19

Grièvement blessé à Madrid le 9 juin dernier, Román effectuera son retour en piste à Valencia, son arène de prédilection, au cours d’une Feria de la San Jaime qui ne manquera pas d’arguments. De nombreux toreros majeurs de la saison en cours seront présents à l’affiche comme Sébastien Castella, Paco Ureña, Emilio de Justo ou encore Roca Rey. Des matadors dont les noms ont résonné aux accents de triomphes lors de la dernière Feria de San Isidro madrilène ou lors des Fallas du mois de mars.

Le cycle débutera le jeudi 25 juillet par une novillada de Zacarías Moreno, élevage révélé à Nîmes en 2017, qui verra la présentation à Valencia de l’apprenti-torero nîmois « El Rafi ». Le novillero français partagera l’affiche avec Borja Collado et Miguel Polope, lauréat 2018 du trophée Nimeño II, qui débutera à cette occasion en novillada formelle.  

Le lendemain, la première corrida du cycle réunira un cartel 100% valencian composé par Jesús Duque, Varea et Jesús Chover face à un lot de toros d’El Parralejo. Samedi 27 juillet, le bétail de Montalvo arbitrera un mano a mano fort intéressant entre Emilio de Justo et Román. Le lendemain, Sébastien Castella, Paco Ureña et Roca Rey se mesureront face à une corrida de Luis Algarra, ganadería qui s’était révélée en 2017 et 2018 lors de cette même feria.

La Feria de la San Jaime sera précédée d’un cycle de trois classes pratiques réunissant plusieurs élèves d’écoles taurines. Ces trois spectacles tauromachiques se dérouleront les 13, 14 et 20 juillet prochains. Sur les affiches, on notera entre autres la présence d’apprentis-novilleros français comme Lalo de María – le fils de Marie Sara – le 13 juillet face à des erales de Las Ramblas. L’élève du Centre français de Tauromachie (Nîmes), Rafael Ponce de León, officiera pour sa part le 20 juillet devant du bétail de José Cruz.

En guise de conclusion de la temporada valenciane, deux autres dates sont à noter sur les agendas : tout d’abord le dimanche 6 octobre avec une novillada sans picadors fournie par la ganadería de López Gibaja, puis le mercredi 9, avec une course de José Luis Iniesta qui réunira au cartel les novilleros Fernando Plaza, José Enrique Molina et Miguel Senent « Miguelito ».

Cartels de l’édition 2019 de la Feria de la San Jaime et des novilladas d’octobre aux arènes de Valencia.

CUADRILLAS : ANDERSON MURILLO, LA DISPARITION D’UN AS DES PIQUES

Posté le 01/07/19

Son nom fut indissociable durant de longues années des hommes incontournable de la cuadrilla de César Rincón. Cavalier émérite, précis dans l’apposition de la pique, soigné dans l’interprétation du geste, Anderson Murillo demeurera comme l’un des grands picadors de la fin du XXe siècle. L’annonce de son décès, le 30 juin dernier à Madrid, des suites d’une longue maladie, a été ressentie avec un profond sentiment de tristesse.

Originaire de la commune de Montería (Colombie), Anderson Murillo s’était intéressé dès son plus jeune âge à la culture taurine, suivant les traces de son frère aîné, Melano Murillo, qui fut un grand picador dans les années 60. Deuxième sur une fratrie de trois enfants, Anderson vit également le benjamin de la famille, Emerson Murillo, devenir matador de toros que ce dernier décide de se retirer de la profession. Picador fidèle de César Rincón, le nom d’Anderson Murillo a été l’un des piliers de l’équipe du maestro colombien, notamment lors de tiers épiques face aux toros de Samuel Flores, ganadería révélatrice du torero sud-américain au début des années 90 à Madrid.

Au début des années 2000, Anderson Murillo intégra également les rangs de la cuadrilla de Luis Francisco Esplá. Sous les ordres du maestro d’Alicante, le picador colombien put mettre en exergue ses qualités d’interprétation lors du premier tiers de la lidia, connaissant de grands succès, comme lors d’une course exceptionnelle de Victorino Martín à Madrid, le 9 juin 2001, où il effectua une vuelta historique au côté d’Esplá.

Dès la présentation de César Rincón à Nîmes, le dimanche 22 septembre 1991, Anderson Murillo sut également se mettre en exergue sur le sable de l’amphithéâtre romain. Face aux toros de Samuel Flores, Atanasio Fernández, Jandilla, Victorino Martín, Juan Pedro Domecq, García Jiménez, José Luis Marca ou encore Victoriano del Río, l’adresse et le talent de ce picador colombien étaient reconnus des aficionados les plus exigeants. Simon Casas Production se joint au deuil des familles et des personnes touchées par cette disparition.

Le grand picador colombien Anderson Murillo, membre historique de la cuadrilla de César Rincon, est décédé à Madrid le 30 juin dernier (crédit photo : droits réservés).

ESCALAFÓN DES REJONEADORS : LA REINE DES AMAZONES

Posté le 30/06/19

Radieuse lors de sa sortie en triomphe madrilène du 8 juin dernier, Léa Vicens a conquis le cœur de Las Ventas et légitimé dans la plus importante arène au monde la logique de sa progression. La rejoneadora nîmoise n’est pas leader « pour rien » du classement des toreros à cheval : un poste qu’elle occupe depuis plusieurs mois et qui la fait apparaître aujourd’hui avec un total de 16 courses toréées pour 30 oreilles et 1 queue coupées. Triomphatrice à Madrid face aux toros d’El Capea et Carmen Lorenzo, l’amazone française a également ouvert la Porte des Consuls en clôture de la Pentecôte nîmoise, six jours avant de ravir deux nouvelles oreilles à un lot de Romao Tenorio à Plasencia.

La rejoneadora nîmoise devance toujours Diego Ventura, crédité de 11 paseos, 22 oreilles et 1 queues. Le torero à cheval luso-andalou, qui a triomphé à Plasencia (Cáceres) le 16 juin dernier, s’est également illustré lors de ses deux passages madrilènes, ravissant chaque fois une oreille. Pablo Hermoso de Mendoza apparaît sur la troisième marche du podium avec 9 corridas toréées et 13 oreilles coupées, renforcé par un mois qui s’est décliné au rythme des grandes portes : Madrid, Nîmes, Badajoz et Sanlúcar de Barrameda (Cadix).

La percée de Mendoza fait glisser Andy Cartagena au 4e rang, avec un total de 8 courses et une moisson flatteuse de trophées : 21 oreilles et 1 queue. Des triomphes qui ont d’ailleurs conquis les publics des arènes de Plasencia et Torrejón de Ardoz (Madrid). Une seule oreille sépare Cartagena de Leonardo Hernández II, qui a toréé à 8 reprises depuis le début de la saison européenne, avec un total de 20 trophées. Triomphateur à Madrid le 2 juin dernier face aux toros de María Guiomar Cortés Moura, Leonardo est également sorti a hombros des arènes d’El Tiemblo (Ávila) et Torrejón de Ardoz.

Luis Rouxinol apparaît à la 6e place, avec 8 courses toréées dans son Portugal, d’où une absence de trophées. Néanmoins, le rejoneador natif de Pegoes s’est signalé le 10 juin dernier à Santarém pour la qualité de ses lidias face à deux toros de José Luis Vasconcellos e Souza d’Andrade et Canas Vigouroux. Il devance Sergio Galán, crédité de 10 oreilles coupées en 7 corridas toréées : le rejoneador madrilène, présent lors de la fameuse corrida de José Tomás à Grenade le 22 juin, n’a ravi qu’un seul trophée au cours du dernier mois.

Deuxième Portugais figurant dans ce Top 10, Antonio Ribeiro Telles totalise 7 corridas toréées sur ses terres, lors des fameuses touradas. Le 10 juin, à Santarem, le torero à cheval vétéran a été ovationné à l’issue de sa première prestation avant de donner une vuelta à l’arrastre du 4e toro. N’ayant pas été programmé au cours du dernier mois, Andrés Romero glisse à la 9e place, totalisant toujours 14 oreilles et 2 queues coupées en 6 corridas toréées.

Autre rétrogradation au classement pour Rui Fernandes, qui apparaît au 10e rang, avec 6 paseos au compteur et une coupe totale de 9 oreilles. A l’instar de Romero, le rejoneador lusitanien n’a lui aussi point toréé de courses lors de ce mois de juin.

La joie de Léa Vicens lors de son récent triomphe nîmois du Lundi de Pentecôte, le 10 juin dernier (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : LE BEL ÉTÉ DES TOREROS FRANCAIS

Posté le 29/06/19

Derrière les ors et les lumières de la San Isidro et d’une édition 2019 considérée comme « la meilleure de ces dernières décennies », la programmation tauromachique continue de s’écrire au quotidien. A Madrid, bien évidemment, la plus importante arène au monde, à la fois plaza de grandes ferias mais aussi arène de temporada, où un spectacle taurin est proposé à minima chaque semaine. Ce sera le cas de la corrida programmée ce dimanche 30 juin (19h00) à la Monumental de Las Ventas, avec le retour des magnifiques toros de Partido de Resina.

Une corrida que le torero nîmois Marc Serrano aura l’opportunité de toréer, lui qui n’a plus foulé le sable de Las Ventas depuis sa confirmation d’alternative madrilène du 7 septembre 2014. Le matador de toros français officiera en qualité de parrain de confirmation d’alternative de Miguel de Pablo, torero originaire de Colmenar Viejo (Madrid) et âgé de 26 ans. Sánchez Vara, un habitué de Las Ventas, participera à cette occasion à sa onzième corrida dans la capitale espagnole.

Programmé par la société Plaza 1 à Madrid, Marc Serrano n’est pas l’unique torero français à toréer en Espagne grâce à Simon Casas lors de ces premières semaines de l’été. Il en sera de même pour les novilleros français Tibo Garcia et Dorian Canton, qui auront l’opportunité de revenir à Las Ventas quelques semaines avant leurs prises d’alternative respectives. Ainsi, le novillero tarasconnais officiera le jeudi 4 juillet (21h00) aux côtés de Rafael González et Ignacio Olmos, inaugurant le cycle de novilladas estivales placé sous le signe de la découverte des nouvelles générations du toreo et de la gastronomie espagnole avec l’opération « Cénate Las Ventas ». Le bétail portera le fer d’El Freixo.

Le jeudi 25 juillet, c’est le novillero palois Dorian Canton qui sera à l’affiche de la course de José Manuel Sánchez Cobaleda et Castillejo de Huebra. Il partagera le cartel avec le protégé de Denis Loré, Cristián Pérez, et Cristóbal Reyes. Les trois meilleurs novilleros de ce cycle de quatre courses éliminatoires se qualifieront pour la finale annoncée le jeudi 1er août avec une course d’El Cortijillo.

D’autres opportunités se présenteront à des novilleros français lors de la prochaine Feria de la San Jaime, à Valencia. Le jeudi 25 juillet, El Rafi effectuera sa présentation dans les arènes de la calle de Xátiva. L’apprenti-torero nîmois partagera l’affiche avec Borja Collado et Miguel Polope, qui débutera en novillada formelle, face à un lot de Zacarías Moreno.

A l’échelon inférieur, deux apprentis-novilleros bien connus à Nîmes seront également de la partie : le samedi 13 juillet, Lalo de María, le fils de Marie Sara, participera à la première classe pratique de la feria de Valencia (19h00), face à des erales de Las Ramblas. Il représentera l’école taurine de Navas del Marqués. Une semaine plus tard, le samedi 20 juillet (19h00), c’est l’élève du Centre français de Tauromachie, Rafael Ponce de León, qui représentera Nîmes lors de la troisième classe pratique de cette San Jaime devant du bétail de José Cruz.

Le novillero français Tibo Garcia dans le patio de cuadrillas des arènes de Las Ventas à Madrid, lors de sa présentation dans la capitale espagnole le 15 juillet 2017 (crédit photo : Plaza 1).

FERIA DE PENTECÔTE : BILAN GANADERO DE LA NOVILLADA DE LA CAPE D’OR

Posté le 28/06/19

Comme en 2018, l’élevage français de Pagès-Mailhan a fourni le bétail de la novillada de la Cape d’or, livrant un lot de qualité qui fait honneur au travail de sélection des ganaderos Philippe Pagès et Pascal Mailhan. Six novillos qui ont donné satisfaction, se livrant à 12 reprises sous les fers des picadors et favorisant la coupe de 3 oreilles. Au niveau du résultat pour chaque novillo, le 3e exemplaire a été ovationné à l’arrastre alors que le 4e a reçu un silence ; tous les autres novillos état applaudis.

Les novillos lidiés en 1e, 3e et 6e position ont incontestablement été les meilleurs du lot, les trois exemplaires présentant différents degrés de maniabilité pour les novilleros. Un lot qui a notamment favorisé le triomphe d’El Rafi, auteur de la faena la plus intense de la matinée face à « Mala Sombra », dépossédé de ses deux oreilles. Un quart d’heure plus tôt, c’est « Buenas Tardes » qui s’était livré avec fougue dans la muleta de Diego San Román, crédité d’un pavillon.

En l’espace d’un an, l’élevage de Pagès-Mailhan a fait lidier 13 novillos aux arènes de Nîmes.

Entrée en piste du novillo « Insólito », 4e exemplaire de la novillada de Pagès-Mailhan, le samedi 8 juin 2019 aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

VACANCES D’ÉTÉ : FERMETURE DU BUREAU DE LOCATION JUSQU’AU 14 JUILLET

Posté le 27/06/19

A partir du jeudi 27 juin, et ce, jusqu’au dimanche 14 juillet, le bureau de location SCP des arènes de Nîmes sera fermé en raison des vacances d’été. Toute l’équipe de Simon Casas Production vous souhaite d’excellentes vacances et vous donne rendez-vous prochainement pour l’annonce des cartels de la Feria des Vendanges. Celle-ci se déroulera aux arènes de Nîmes du vendredi 13 au dimanche 15 septembre 2019.  

Regard lunaire sur les amphis des arènes de Nîmes lors d’une corrida de la Feria de Pentecôte (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : ANTONIO FERRERA ENTRE DANS L’HISTOIRE A BADAJOZ

Posté le 26/06/19

On pourrait nommer cela la loi des séries. C’est un exploit rare qu’a réalisé Antonio Ferrera en l’espace de deux jours : obtenir la grâce de deux toros au sein d’une même arène et au cours de la même feria. Lundi 24 juin, le torero extremeño – dont on ignorait il y a encore un mois s’il était en mesure de retrouver le chemin des pistes après une chute depuis un pont – a gracié le toro « Juguete », de l’élevage de Zalduendo, à Badajoz.

Une performance d’autant plus importante qu’elle fait suite à un autre indulto, obtenu deux jours plus tôt par ce même Ferrera, toujours à Badajoz, face au toro « Jilguero », de Victoriano del Río. C’est face au 4e exemplaire de la corrida de Zalduendo que l’inspiré chef de lidia a délivré son récital, lui qui avait d’ores et déjà acquis la sortie en triomphe après avoir ravi les deux oreilles de son premier partenaire. Cape en mains, Antonio Ferrera a conquis le cœur des aficionados par un capoteo d’antan, bien dans le ton de la lidia.

Genoux en terre, après un brindis au torero local Javier Solís, Ferrera a fait rugir de plaisir le public pacense, livrant en suivi des séries de muletazos à la profondeur affirmée. Une faena d’ivresse et de bon goût qui a fait chavirer de bonheur les spectateurs, portés par la noblesse du Zalduendo et l’inspiration sans limites d’un Ferrera transfiguré. Mouchoir orange et grâce du toro « Juguete », le premier toro gracié par Zalduendo depuis deux ans, le dernier indulto pour cet élevage remontant au 28 mai 2017 à Sanlúcar de Barrameda (Cadix), sous la muleta d’El Juli.

Mais 48 heures avant de partager une sortie en triomphe d’exultations aux côtés de Ginés Marín du mayoral de Zalduendo, Antonio Ferrera avait encore été porté a hombros dans ces mêmes arènes de Badajoz, pour un autre indulto ! Vendredi dernier, le torero extremeño a ravi les deux oreilles et la queue symboliques du 4e toro de la corrida de Victoriano del Río, « Jilguero », en marge de l’alternative de Juanito. Un toro dont la lidia s’est avérée plus accidentée, avec la blessure du banderillero Javier Valdeoro.

Muleta en main, Ferrera a su révéler les qualités infinies de son adversaire pour une faena placée sous le sceau de l’émotion. Relâchement dans l’interprétation des passes, suavité des séries conduisant le toro avec inspiration, torero se laissant aller à l’émotion, jusqu’à avoir les larmes aux yeux. Une partition superbe, qui a touché le cœur du public de Badajoz, réclamant unanimement la grâce du toro. Nouvelle faena d’ivresse pour un torero qui, après 22 ans d’alternative et un triomphe historique à Madrid, n’a jamais pris autant de plaisir en piste et livré un toreo aussi profond et cadencé.

Le 8 juin dernier, pour son retour aux arènes de Nîmes après six années d’absence, Antonio Ferrera a renoué avec le triomphe dans l’amphithéâtre romain.

Naturelle au ressenti affirmé d’Antonio Ferrera le samedi 8 juin 2019 aux arènes de Nîmes face au 2e toro de la corrida de Jandilla (crédit photo : Anthony Maurin).

FERIA DE PENTECÔTE : BILAN DES LOTS DE TOROS EN CORRIDAS

Posté le 25/06/19

Six élevages ont été proposés lors des cinq corridas organisées durant la Feria de Pentecôte aux arènes de Nîmes. C’est un fer de moins par rapport à l’édition 2018, mais deux toros supplémentaires du fait de l’ajout proposé lors de la corrida de Jandilla du samedi après-midi avec l’inclusion au cartel de David de Miranda. Une augmentation qui s’est également notée en termes de rencontres à la cavalerie : 69 contre 60 l’an passé.

Au niveau du détail des chiffres, la ganadería d’El Torero apparaît comme l’un des triomphatrices de cette feria avec la participation à deux corridas et la lidia de 7 toros. Le fer de Lola Domecq a évidemment ouvert le cycle avec une corrida intégrale puis a vu de l’un de ses sobreros investir la piste nîmoise lors de la course de clôture du Lundi de Pentecôte. Sur 7 toros lidiés, la ganadería andalouse a provoqué 15 rencontres face aux montures de la cavalerie Heyral, occasionnant les chutes des groupes équestres « Soroya » (3e) et « Martini » (4e).

Paradoxe : le lot de toros d’El Torero a été considéré à juste titre par la critique taurine et les professionnels comme la meilleure corrida de la feria. Pourtant, une seule oreille a été ravie par Thomas Dufau lors de cette course d’ouverture, soit l’un des totaux les plus faibles du cycle. Une qualité du bétail illustrée par la vuelta posthume octroyée au 2e exemplaire de l’après-midi, « Pargo », n°15, castaño claro bociblanco, 531 kg, né le 26 janvier 2015, considéré comme le toro le plus complet de cette Pentecôte nîmoise. Quatre autres toros d’El Torero ont été applaudis à l’arrastre alors que deux exemplaires ont reçu un silence, dont le toro de réserve lidié le 10 juin lors de la corrida de Victorino Martín.

2e, l’élevage de Victoriano del Río figure avec les 6 toros lidiés lors de la corrida matinale du Dimanche de Pentecôte. 12 rencontres à la cavalerie et le meilleur ratio d’oreilles coupées lors de cette feria, avec 5 pavillons accordés pour une course classique. En effet, 5 autres oreilles ont été décernées lors de la fameuse corrida de Jandilla comportant 8 toros. Avec 3 exemplaires applaudis à l’arrastre, Victoriano del Río s’est maintenu dans la moyenne contre 2 silences et 1 toro sifflé. Cet élevage a notamment favorisé l’unique ouverture de la Porte des Consuls pour un matador de toros, Paco Ureña, tout comme la grande faena de Pablo Aguado devant le toro de clôture de la course.

3e avec 6 toros lidiés lors du mano a mano du Dimanche de Pentecôte, l’élevage de Juan Pedro Domecq n’a pas répondu aux attentes des toreros et des spectateurs. 12 rencontres à la cavalerie et seulement 2 oreilles coupées lors d’une course qui n’a pas pu prendre son envol malgré l’évidente volonté de Sébastien Castella et Andrés Roca Rey. Seulement 3 toros ont été applaudis à l’arrastre et 3 ont été sifflés, comme l’illustration de la déception du public pour cette course qui s’est tenue à guichets fermés. Une première à Nîmes depuis quasiment sept ans.

4e avec 5 toros lidiés et 12 rencontres à la cavalerie, la ganadería de Jandilla a défendu la catégorie de son cartel nîmois, sans atteindre les sommets de bravoure de ses lots de 2017 et 2018. 5 oreilles ont été coupées par Antonio Ferrera, Román et David de Miranda devant les fameux toros marqués du fer de l’étoile. Borja Domecq a vu l’un de ses toros être remplacé par un exemplaire du même fer, avec un résultat final de 4 toros applaudis à l’arrastre contre 1 silence.

5e avec 5 toros lidiés et 12 rencontres à la cavalerie, Victorino Martín n’a pas connu le même éclat que lors de la corrida historique de clôture de la dernière Feria des Vendanges. Point d’oreille coupée et 1 toro changé malgré quelques exemplaires qui n’ont pas manqué d’attrait, créant le danger en piste. A ce titre, 4 toros ont été applaudis à l’arrastre contre 1 silence, Octavio Chacón étant proche de couper l’oreille du 4e exemplaire de l’après-midi.

6e avec 3 toros lidiés et 6 rencontres à la cavalerie, Borja Domecq fils et ses deux fers de Vegahermosa ferment la marche. 2 toros ont reçu des applaudissements à l’arrastre contre 1 silence. Au total, 32 toros ont été lidiés lors de ces cinq corridas nîmoises, générant 69 rencontres à la cavalerie et provoquant la chute de 2 groupes équestres. 13 oreilles ont été accordées aux matadors de toros et 1 seule vuelta posthume a salué la qualité de jeu d’un toro d’El Torero. 2 toros sur 32 ont été changés sur ordre de la présidence – comme en 2018 – et 20 exemplaires ont été applaudis à l’arrastre par le public. Seulement 7 ont reçu un silence et 4 ont été sanctionnés de sifflets.

Réception capotera fort exposée de Thomas Dufau face à « Pargo », de l’élevage d’El Torero, meilleur toro de la feria, récompensé d’une vuelta posthume (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : L’APOTHÉOSE DU TOREO SELON JOSÉ TOMÁS

Posté le 24/06/19

Deux têtes d’affiche réunies sur un même cartel : une référence dans la sphère des rejoneadors et l’idole absolue du grand public en matière de tauromachie à pied. Telle une rockstar en habit de lumières, José Tomás a rempli sur son seul nom les arènes de Grenade et permis à l’organisateur de doper les ventes des abonnements pour la Feria du Corpus. Un phénomène lié à la personnalité du maestro de Galapagar, à la singularité et au côté unique de son toreo ainsi qu’à sa raréfaction sur les affiches des ferias. Aujourd’hui, plus que jamais, les spectateurs sont en quête de qualité mais aussi et surtout de rareté.

José Tomás est ce torero qui sait se faire désirer. Révolutionnaire de la tauromachie de la fin du XXe siècle, le torero madrilène a très exactement participé à 10 corridas depuis cinq ans : deux au Mexique et huit en Espagne. Cette corrida de Grenade était sa première de la temporada 2019, quasiment un an après sa dernière « apparition » en habit de lumières, le 29 juin 2018 à Algeciras (Cadix). Samedi dernier, plus de 12.000 spectateurs remplissaient les arènes de la Monumental de Frascuelo, pleines à craquer.

Plusieurs personnalités espagnoles du monde des arts, de la politique, du sport et des spectacles ont assisté à cette corrida événementielle, réunissant également des aficionados du monde entier, dont une importante colonie nîmoise. Preuve que le nom de José Tomás demeure indissociable de l’histoire tauromachique des arènes de Nîmes, 2470 jours après « la Corrida parfaite » du dimanche 16 septembre 2012. Des spectateurs heureux d’assister au formidable festival de toreo dispensé par un José Tomás toujours autant inspiré et à la gestuelle variée.

Placées sous le sceau du temple et d’un subtil mélange de domination empreinte de raffinement esthétiques, les quatre partitions de José Tomás ont enchanté le public. Par la variété de son toreo de cape, porté par un placement corporel exceptionnel, la densité artistique de ses faenas et l’aguante exprimé face aux quatre toros de Núñez del Cuvillo, El Pilar, Garcigrande et Domingo Hernández qu’il a défiés. Au final, José Tomás a ravi les deux oreilles de ses deux premiers partenaires, avant d’être ovationné devant le 3e puis de couper les trophées maximums face à l’ultime toro de la tarde.

Le rejoneador Sergio Galán, qui complétait cette affiche exceptionnelle, a, pour sa part, salué à l’issue de ses deux faenas devant des toros de Pallarés et José Benítez Cubero. Le torero à cheval originaire de Madrid a d’ailleurs offert son premier exemplaire de Pallarés à José Tomás. Une corrida extraordinaire qui s’est conclue sur la sortie en triomphe du maestro de Galapagar, porté par l’enthousiasme d’une foule extatique.

A ce jour, excepté le principal intéressé, nul ne sait si la saison de José Tomás aura une suite ou pas. Aucune date de corrida ne figure sur son agenda officiel. La France taurine, qui a souvent voyagé depuis 7 ans en Espagne et au Mexique, espère encore et toujours revoir le Phénomène sur nos terres. Depuis le 16 septembre 2012 et son solo historique aux arènes de Nîmes, José Tomás n’a plus foulé la piste d’une arène française. Et soyons plus précis encore, depuis le 18 septembre 2011, José Tomás ne s’est produit en France que dans les arènes de Nîmes. Et nulle part ailleurs…

Époustouflant corps à corps de José Tomás dans cette naturelle tracée le 22 juin 2019 sur le sable des arènes de Grenade (crédit photo : Emilio Méndez / agence Suerte Matador).

FERIA DE PENTECÔTE : BILAN DES REJONEADORS

Posté le 23/06/19

C’est face à des gradins combles que s’est déroulée la traditionnelle corrida équestre du Lundi de Pentecôte, en fin de matinée, réunissant les trois triomphateurs de la précédente édition face à un lot de toros de Fermín Bohórquez. Depuis sa présentation l’an passé à Nîmes comme apprenti-rejoneador, Guillermo Hermoso de Mendoza a pris l’alternative début mai à Séville, cette course nîmoise constituant donc sa confirmation de doctorat, des mains de son père Pablo, en présence de Léa Vicens. Une corrida marquée du sceau du triomphe avec 9 oreilles coupées entre les trois toreros à cheval face aux 6 toros lidiés.

La novillada de la Cape d’or était composée cette année par un cartel international réunissant l’une des révélations du début de saison à Madrid – l’Espagnol Francisco de Manuel –, l’une des grandes promesses du toreo mexicain – Diego San Román – et l’enfant du pays, vainqueur sortant du trophée, El Rafi. Trois apprentis-toreros qui ont pu profiter de la qualité du lot de Pagès-Mailhan. Sur les six novillos lidiés, 3 oreilles ont été coupées, partagées entre deux novilleros.

En tête de classification, on retrouve Guillermo Hermoso de Mendoza qui réalise l’exploit de couper une nouvelle queue à Nîmes, ainsi qu’il l’avait fait l’année dernière lors de sa présentation dans l’amphithéâtre romain. Enthousiaste dans ses attitudes, cavalier émérite et auteur d’estocades foudroyantes, le dernier centaure de la famille Hermoso de Mendoza a proposé une matinée rayonnante de rejoneo, matérialisée par l’octroi de trois oreilles et une queue. Une nouvelle Porte des Consuls que le benjamin du cartel – qui a confirmé son alternative face au toro « Dominante », de Fermín Bohórquez – a partagée avec ses compagnons d’affiche.

2e, Léa Vicens a elle aussi montré un très haut niveau de tauromachie à cheval. Souriante et détendue après son triomphe historique à Madrid, l’amazone nîmoise a ravi un total de trois trophées. Une belle moisson d’oreilles qui permet à la cavalière française d’obtenir sa deuxième sortie en triomphe par la Porte des Consuls.

3e, Pablo Hermoso de Mendoza a maintenu intact le grand cartel dont il jouit à Nîmes depuis plus de 23 ans. Quasiment un quart de siècle à l’affiche de nos arènes pour l’ancien « roi de Navarre », dont le niveau d’équitation a encore ébloui ses plus fervents supporters. Sur de nouvelles montures, le rejoneador navarrais a étalé une démonstration de technique, notamment devant le 4e exemplaire de la mi-journée. Trois oreilles ont là encore récompensé ses prestations, synonymes d’une triple sortie en triomphe par la Porte des Consuls.

Accolade paternelle de confirmation d’alternative entre Pablo Hermoso de Mendoza et son fils Guillermo, le lundi 10 juin 2019 aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

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