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TEMPORADA : SÉBASTIEN CASTELLA TRIOMPHATEUR A VALENCIA FACE A UN GRAND TORO DE JANDILLA

Posté le 25/03/19

Sur sa lancée d’Olivenza, Sébastien Castella n’a pas fait de détails dimanche dernier à Valencia. Héritant du meilleur toro de la corrida de Jandilla, le matador français a réalisé une faena importante devant le mal-nommé « Horroroso », pour lequel les spectateurs ont demandé la grâce. Un indulto qui n’a pas été accordé au final, le brave 5e exemplaire étant honoré d’une vuelta posthume après que Castella lui eut coupé deux oreilles.

Un triomphe qui permet au torero biterrois de poursuivre sur sa lancée un très bon début de saison européenne. Face au 2e toro – qui a blessé au dos le banderillero de Cayetano, Javier Gómez Pascual – Sébastien Castella a proposé une première faena au millimètre malgré un certain manque d’intensité. Après avoir été sanctionné d’un silence après sonnerie de deux avis pour son échec avec l’épée, le matador biterrois a brillé de mille feux, s’assurant la sortie en triomphe par la Grande porte des arènes de Valencia.

Brave et spectaculaire au cheval, provoquant la chute du groupe équestre, « Horroroso » a été un toro précieux, animé par cette caste naturelle que recherchent les meilleurs éleveurs. Une combativité domptée par Castella lors d’un audacieux quite par chicuelinas puis lors d’une faena de muleta qui a captivé les spectateurs qui remplissaient la plaza de toros aux trois-quarts. Cites sur la longue distance, passes cambiadas dans le dos, sitio raccourci, tout le répertoire de Castella s’est mis à l’unisson des qualités d’ « Horroroso ».

Une faena grand spectacle, au relief inégalable, dont le niveau de transmission et d’émotions a conquis les spectateurs valencians. Complet sur les deux cornes, le Jandilla a accepté les séries de naturelles avec la même classe avant une conclusion époustouflante par manoletinas serrées. Un final qui a fini de conquérir le public, réclamant la grâce du toro à mouchoirs et à cris, sans que le trio présidentiel n’accède à cette requête. Épée entière et deux oreilles entre les mains d’un Castella triomphal, qui a pris la peine de rendre hommage à la dépouille du toro de Jandilla, justement ovationné.

Le torero français a été l’unique satisfaction de cette journée avec « Horroroso ». Gêné par le vent et la brusquerie de son premier adversaire de Vegahermosa, Diego Urdiales a salué au tiers, devant se contenter d’un silence à l’issue de sa seconde prestation. Un silence qui a également été de mise pour Cayetano, qui n’a pu se mettre en évidence face à un lot manquant de tempérament.

Grand triomphe de Sébastien Castella à Valencia et vuelta posthume pour le brave toro de Jandilla, « Horroroso » (crédit photo : Rafa Navarro pour SCP Valencia).

FERIAS DE NÎMES : DEUX AFFICHES DÈS CETTE ANNÉE !

Posté le 24/03/19

Des arènes de Nîmes dont la foule qui se presse aux grilles de la Porte des Consuls ou de celle des cuadrillas crée un visuel de montera. Centre névralgique de la feria, l’amphithéâtre romain et les artères qui y conduisent sont à l’honneur de l’une des deux affiches présentées pour les ferias de l’année 2019. Décision prise par la municipalité de proposer deux visuels différents : l’un mettant en avant le côté festif et l’esprit populaire animant les ferias, l’autre incarnant la tauromachie afin de valoriser les cartels.

Les arènes de Nîmes d’un côté et une épaulette d’habit de lumières sur fond rouge sont les deux visuels présentés par la municipalité lors de la conférence de presse où les conclusions de l’audit sur les ferias ont été rendues publiques. Ces affiches ont été créées par Brigitte Weymann et Yann Céribac, tous deux graphistes à la direction de la Communication de la Ville de Nîmes.

Dès cette année, un concours international va être lancé afin de choisir les affiches des futures ferias. Un modèle déjà mis en place dans des villes taurines comme Pampelune, Bayonne, Dax ou encore Málaga. Ce projet va ainsi permettre aux Nîmois une appropriation forte de la feria en s’investissant dans le choix du visuel mais également renouveler le souffle créatif des affiches de la feria.


Le concours sera lancé à l’automne 2019, ouvert aux artistes plasticiens, photographes ou graphistes professionnels, français et étrangers. Un jury de personnalités issues de différents univers effectuera un premier choix parmi les projets reçus. Les projets retenus seront dévoilés au public et exposés afin que chacun élise son préféré. Une fois l’officialisation de l’affiche faite, le lauréat recevra un prix défini par les organisateurs.

Les deux affiches de l’édition 2019 des ferias de Nîmes (crédit Ville de Nîmes : Brigitte Weymann & Yann Céribac).

TEMPORADA : OVATION DE GALA A VALENCIA POUR LE RETOUR DE PACO UREÑA

Posté le 23/03/19

C’était l’un des événements de ces Fallas de Valencia : le retour en piste de Paco Ureña, six mois après le grave coup de corne reçu à Albacete qui lui a coûté la vision de l’œil gauche. Dans des arènes pleines à craquer, le torero originaire de Lorca a été le grand protagoniste de cette quatrième corrida de la feria. Une ovation de gala a réceptionné Ureña dès son entrée en piste, lors du paseo de cette corrida transformée en mano a mano avec Enrique Ponce suite au forfait de José María Manzanares II.

Marqué physiquement par la blessure, Paco Ureña n’a en revanche rien perdu de sa tauromachie. Par gaoneras ajustées, le matador murciano a rappelé au public de Valencia la solennité de sa gestuelle. Devant un lot de toros assez inégal de Juan Pedro Domecq, Ureña a su mesurer la densité de ses séries de muletazos, mélange subtil de technique et de profondeur d’interprétation. Une recette gagnante devant le 4e exemplaire de la course, dépossédé d’une oreille après le port d’une grande estocade. Une démonstration renouvelée devant l’ultime toro de l’après-midi, embarqué dans une haletante série finale de bernardinas mais suivie d’une conclusion moins réussie avec l’épée.

Une oreille a également été octroyée au torero fétiche des arènes de Valencia, Enrique Ponce. Légèrement blessé par le 1er toro de la course au moment de l’estocade, le maestro de Chiva a donné la pleine mesure de son toreo face au 3e exemplaire de Juan Pedro Domecq. Une faena toute en finesse, déclinée à mi-hauteur, sans pour autant se départir de sa dimension esthétique. Un trophée logiquement accordé après le port d’une épée entière.

Un succès que le torero valencian aurait dû convertir en triomphe sans une déconvenue avec l’épée devant le 5e toro, le meilleur du lot. Par doblones suaves et autres passes données à l’envi, Ponce a laissé s’exprimer un toreo de velours et d’inspiration, jusque dans les poncinas de conclusion. Des changements de mains qui ont encore fait rugir le public de Valencia, 29 ans après l’alternative du maestro de Chiva…

Ovation de gala pour Paco Ureña pour son grand retour en piste ce samedi 15 mars après la blessure d’Albacete (crédit photo : Rafa Navarro pour SCP Valencia).

FERIA DE NÎMES : FOCUS TAURIN SUR LES ENSEIGNEMENTS DE L’AUDIT MUNICIPAL

Posté le 22/03/19

C’est le maire de Nîmes en personne, Jean-Paul Fournier, qui l’a déclaré lors de sa prise de parole, en ouverture de la conférence de presse qui s’est tenue vendredi dernier à l’Hôtel de Ville : « le constat n’est pas aussi alarmant que certains ont voulu le faire croire, notamment sur la fréquentation des deux week-ends de fête (…), et la fréquentation de nos arènes se situe au-dessus de la moyenne des deux autres grandes ferias françaises ou espagnoles, de Dax à Séville, en passant par Béziers ou Valencia ». Commandée à l’issue de l’édition 2017 de la Feria des Vendanges, cette étude réalisée par un cabinet héraultais s’est appuyée sur une longue enquête de neuf mois. C’est sur la base de cette dernière que la Ville de Nîmes compte proposer des actions concrètes pour redonner un souffle nouveau à la feria.

A ce titre, l’édile nîmois a rappelé que cette démarche s’inscrivait « sur la base d’une consultation axée sur la valorisation de l’identité nîmoise et de ses traditions taurines ». Une étude qui a mis en évidence la fidélité du public pour les ferias nîmoises même si « celui-ci se renouvelle peu », analyse Jean-Paul Fournier, qui affirme avoir également tenu compte des propositions faites par le collectif ManiaNîmes et la Coordination des Clubs taurins de Nîmes et du Gard. Onze premières propositions vont être mises en place, s’appuyant sur un nouveau triptyque : partager les cultures taurines, proposer une feria pour tous, attirer et accueillir nos visiteurs.

La baisse de fréquentation aux arènes a été analysée par l’étude qui a confirmé « les évolutions sociologiques et l’émergence de mouvements anti-corridas, vegans et sur le bien-être animal » ou encore « le contexte économique ne favorisant pas l’achat de places à un prix élevé ». Dans un cadre plus taurin, l’audit relève un manque de toreros vedettes et « peu de jeunes toreros sortant du lot pour composer des affiches attractives et variées ». Parmi ses constatations, l’étude précise que « le public fidèle des arènes est plus âgé que la moyenne et se décide à l’annonce des cartels » et pointe un autre phénomène, plus grave : « les aficionados occasionnels vont voir des corridas, mais n’assument pas, ne le disent pas ; le bouche-à-oreille se faisant plus difficilement ». Malgré ce, l’audit reconnaît que les abonnements jeunes « se vendent très bien ».


La municipalité a donc intégré le fait que la culture taurine est une composante identitaire de la ville, « mais une culture complexe, pleine de codes, difficile à décrypter pour les non-connaisseurs » malgré « un attachement très fort aux traditions taurines et à la corrida ». Une culture qu’il conviendra de mieux faire connaître aux touristes et autres visiteurs, notamment par le biais de publications gratuites, d’ateliers pédagogiques et d’audio-guides proposés par l’Office de Tourisme lors de certaines corridas.

Détail sur les gradins des arènes de Nîmes lors d’une corrida de l’édition 2014 de la Feria de Pentecôte (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : UNE GRANDE DÉMONSTRATION SIGNÉE ROCA REY A VALENCIA

Posté le 21/03/19

Andrés Roca Rey apprécie les arènes de Valencia. Depuis le 17 mars 2016, date de sa première corrida dans la capitale provinciale chère au cœur de Roberto Soldado, le matador sud-américain a noué une histoire d’amour avec le public de la plaza de la calle de Xátiva. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à ce jour, en six corridas toréées à Valencia, Roca Rey a ravi un total de quinze oreilles et ouverte la Grande porte à six reprises ! Dans le jargon politique, on appelle ça un plébiscite.

Une unanimité qui s’est traduite vendredi dernier par un nouveau triomphe, trois oreilles dans l’escarcelle du Péruvien, lors de la troisième corrida des Fallas de Valencia qui s’est par ailleurs déroulée à guichets fermés. Opposé à un lot de toros assez inégal de Victoriano del Río, Roca Rey a épaté les spectateurs par son sens de l’engagement et la variété intrinsèque de son toreo de cape. Muleta en main, le torero sud-américain a excellé devant le 3e toro de l’après-midi, embarqué dans de grandes séries de naturelles. Un toreo de mains basses et de grande composition récompensé d’une oreille de poids après le port d’une épée décisive précédée de bernardinas fort exposées et d’un pinchazo.

Histoire de réaffirmer son nouveau statut de n°1, Roca Rey a remis les couverts devant le 5e exemplaire de l’après-midi, lors d’une nouvelle faena placée sous le signe de l’émotion. Passes statuaires et cites sur la longue distance ont fait bouillonner le public sur les gradins valencians. Des séries droitières profondes et cadencées, compas des jambes idéalement ouvert, pour une œuvre orchestrée au millimètre et couronnée d’une grande épée entière. Deux oreilles légitimes pour Roca Rey et un nouveau triomphe ne faisant l’objet d’aucune contestation.

S’il faudra à nouveau compter avec Roca Rey en 2019, ses compagnons de cartel ont quelque peu souffert de la comparaison. Gêné par la brusquerie de ses adversaires, El Juli n’a pas été en mesure de se mettre en évidence, écoutant un silence à l’issue de ses deux prestations. Une vuelta a en revanche salué la disposition et l’engagement du jeune Jesús Chover, qui a reçu l’alternative des mains d’El Juli, en présence de Roca Rey. L’impétrant n’a pas lésiné sur ses efforts face au toro de la cérémonie, notamment reçu a porta gayola, à genoux, face au toril. Complet dans les trois tiers de la lidia, le torero local a écouté une pétition d’oreille minoritaire à l’arrastre du 1er toro avant de saluer au tiers devant l’exemplaire de clôture de la course.

La belle série des triomphes à Valencia continue pour Andrés Roca Rey, sublime vendredi dernier face aux toros de Victoriano del Río (crédit photo : Rafa Navarro pour SCP Valencia).

ESCALAFÓN DES NOVILLEROS : ÁNGEL TÉLLEZ S’AFFIRME AVANT SON ALTERNATIVE

Posté le 20/03/19

Le dimanche 7 avril, Ángel Téllez foulera le sable des arènes espagnoles de Guadalajara, tête nue, pour participer à la première corrida de sa carrière. Il sera entouré de Morante de la Puebla sur sa gauche et d’El Juli sur sa droite. Un cartel d’alternative de luxe complété par la présence à l’affiche d’un lot de toros de Garcigrande.

Avant cela, Téllez passera par la case Las Ventas pour participer au cycle d’ouverture des novilladas de printemps dans la capitale madrilène. Un bon début de temporada qui le place en ce troisième mois de l’année à la première place du Top 10 des apprentis-toreros. A son actif, 2 novilladas toréées et 3 oreilles coupées, la dernière en date étant celle obtenue, avec la manière, à Valencia, le lundi 11 mars. Particulièrement convaincant face aux novillos de Guadajira, Téllez n’est pas passé loin d’une sortie en triomphe.

Ángel Téllez devance le novillero mexicain Diego San Román, qui a toréé 2 courses depuis le début de la saison européenne. L’apprenti-torero originaire de Querétaro, qui avait marqué les esprits en septembre dernier à Nîmes, a été ovationné lors de ses prestations d’Olivenza (Badajoz) et Valencia, respectivement les 9 et 12 mars derniers. Le podium est complété par le novillero murciano Ramón Serrano, qui glisse de la 1e à la 3e place, avec son triomphe du mois de janvier à San Javier (Murcie), quatre oreilles à la clé.  

Au 4e rang figure Rafael González avec trois oreilles coupées en une course toréée. Une belle performance réalisée en février dernier à Valdemorillo (Madrid) pour l’apprenti-torero madrilène âgé de 19 ans. Il devance le novillero débutant Raúl Montero, qui a participé à sa première course formelle le 2 mars dernier à Ciudad Rodrigo (Salamanque). Deux oreilles lui ont été accordées à l’issue d’une faena entreprenante face à un novillo de Montalvo.

Deux oreilles obtenues en une novillada, c’est également le cas de Daniel Barbero, premier apprenti-torero andalou à figurer dans ce Top 10. Le novillero originaire d’Alcalá del Río (Séville) s’était illustré en janvier dernier en triomphant à San Javier devant un lot de Rocío de la Cámara. Une 5e place ex-aequo également partagée avec deux autres novilleros aux personnalités bien distinctes.

Carlos Domínguez n’a ainsi pas manqué ses débuts en novillada formelle, le 9 mars dernier à Olivenza, où il a ravi les deux oreilles du 6e exemplaire de Vistalegre. Une belle performance pour l’ancien élève de l’école taurine de Badajoz. João Silva « Juanito » a lui aussi bien débuté sa saison avec deux oreilles au compteur lors de son unique course toréée le 9 mars dernier à Olivenza, au côté de Domínguez. Le novillero portugais a réalisé sa meilleure faena devant le 4e exemplaire d’El Freixo, propriété d’El Juli, dépossédé de ses deux appendices.

9e, Manuel Diosleguarde compte 1 novillada toréée pour 1 oreille coupée. L’apprenti-torero salmantin s’est illustré le 2 mars dernier à Ciudad Rodrigo, où un trophée lui a été accordé devant un novillo de Montalvo. Un autre Salmantin ferme la marche à la 10e place avec 1 novillada toréée et 1 oreille coupée : il s’agit de Pérez Pinto, qui a lui aussi brillé à Ciudad Rodrigo face à un exemplaire de Montalvo.

Une oreille de poids pour Ángel Téllez le 11 mars 2019 à Valencia, à moins d’un mois de sa corrida d’alternative de Guadalajara (crédit photo : Rafa Navarro pour SCP Valencia).

FERIA DE NÎMES : LES PREMIÈRES CONCLUSIONS DE L’AUDIT MUNICIPAL

Posté le 19/03/19

A l’automne 2017, la Ville de Nîmes avait lancé une grande étude pour penser le futur des ferias et leur évolution. Au-delà de cet audit confié à un cabinet d’études héraultais - qui a consulté plus d’un millier de personnes dont une centaine de commerçants nîmois - l’objectif de la municipalité était de redonner aux ferias de Nîmes une attractivité et une modernité pouvant susciter l’adhésion de différents publics.

Une étude très détaillée dont les résultats ont été présentés ce vendredi matin et sur la base desquels la Ville de Nîmes a d’ores et déjà retenu onze idées principales, en concertation avec les acteurs, afin de les mettre en place dès la prochaine Feria de Pentecôte, qui se déroulera du 6 au 10 juin. Sur la base de l’étude de l’édition 2018, l’audit souligne le maintien de la fréquentation du public à Pentecôte avec plus d’un million de visiteurs, soit 431.000 visiteurs uniques, dont 77% viennent du Grand Sud, 60% sont des Gardois, 23% de touristes, 12% de primo visiteurs et 8% d’étrangers.

Un public qui a noté la feria avec une moyenne remarquable de 8,32/10, faisant valoir l’ambiance festive ainsi que la qualité des spectacles taurins aux arènes et la restauration. L’étude avance le chiffre de 65 millions d’euros de retombées économiques sur cette feria, dont 40% des dépenses sont réalisées par des touristes, 36% par des familles et 18% par des personnes venues en groupes d’amis. 6,3% des visiteurs assistent à une corrida, pourcentage supérieur à celui enregistrés dans d’autres villes taurines européennes lors de leurs ferias : Béziers (5,7%), Séville (5%) et Dax (4,4%).


Face au constat des problèmes posés par la baisse de la fréquentation des arènes au cours de la dernière décennie, la Ville de Nîmes a lancé une série d’opérations visant à mieux partager les cultures taurines, proposer plus d’animations en direction de tous les publics et améliorer la réception des visiteurs et des touristes. Pour cela, onze actions seront mises en place dès la prochaine feria, dont les cartels seront dévoilés le 2 avril prochain et qui bénéficiera de deux affiches distinctes : une taurine et une festive. Un plan de communication qui précèdera dès 2020 le lancement d’un concours international de créateurs d’affiches pour les ferias.


Dès la prochaine feria sera mis en place un dress code officiel à partir de la toile Denim, sur une déclinaison de couleurs en bleu et blanc (jean bleu, T-shirt blanc et foulard bleu). Des ateliers pédagogiques d’explication des codes et des rites de la culture taurine seront ouverts au grand public, notamment sur l’esplanade au niveau de la statue du Taureau, animés par les clubs taurins de la ville. L’Office de Tourisme mettra également à disposition des audio-guides pour certaines corridas ainsi que des livrets explicatifs pour comprendre le déroulement des courses. Des corridas qui seront également décryptées et expliquées chaque après-midi - entre la course du matin et celle de fin d’après-midi - au Musée des Cultures taurines. La Feria de Pentecôte verra également le retour du final de la « pégoulade » aux arènes de Nîmes, réclamé par de nombreux spectateurs.

Les arènes de Nîmes dans leur écrin de lumière lors du paseo de la corrida matinale du 16 septembre 2012 (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : LES FALLAS DE VALENCIA SOURIENT A LÓPEZ SIMÓN

Posté le 18/03/19

Alberto López Simón a ouvert la quatrième Grande porte de sa carrière de matador de toros dans les arènes de Valencia à l’issue de sa sixième corrida toréée sur le sable de la plaza de la calle de Xátiva. Une course suivie par des spectateurs emplissant à moitié les gradins des arènes qui ont pleinement apprécié la disposition du torero madrilène. Récompensé de l’oreille de ses deux toros de Zalduendo, López Simón a fait valoir la souplesse de son maniement de muleta pour répondre à la noblesse de ses adversaires.

Une première faena entamée tambour battant, par une passe changée dans le dos enchaînée à d’autres muletazos de très bonne composition. Prenant en compte le tempérament décroissant du 3e Zalduendo, López Simón a poursuivi son œuvre dans un registre plus technique afin de proposer des séries conservant le même relief. Un effort récompensé par un premier trophée après le port d’une épée entière.

Bis repetita devant l’ultime toro de la course, excellent sur le côté droit et plus mobile que le précédent adversaire du Madrilène. Une nouvelle faena placée sous le signe du brio et de l’émotion, conclue d’une nouvelle épée entière, d’effet plus lent. Cela n’a pas empêché López Simón de ravir un nouveau trophée synonyme de sortie en triomphe par la Grande porte.

Le cartel était complété par Antonio Ferrera, qui a salué à l’issue de sa première prestation avant d’écouter un silence devant le 4e toro de Zalduendo. Son ancien challenger aux banderilles, David Fandila « El Fandi », toujours populaire à Valencia, a proposé un grand spectacle avec cape et banderilles, maniées avec variété et sens de l’engagement. Débutée genoux en terre, sa première faena s’est avérée fort éclectique mais un échec avec l’épée a limité sa récompense à un salut.

Une frustration que le torero andalou a compensée lors de sa seconde faena en profitant de la mobilité du 5e toro, l’un des exemplaires les plus complets du lot de Zalduendo. Après un tiers de banderilles époustouflant – en quatre paires de bâtonnets posés – El Fandi a haussé son niveau de toreo pour répondre aux exigences de charge du Zalduendo. Une faena menée avec entrain et récompensée d’une oreille après le port efficace d’une épée entière.

Chicuelina de López Simón, particulièrement convaincant lors de la corrida du 14 mars 2019 à Valencia (crédit photo : Rafa Navarro pour SCP Valencia).

AFICIÓN : RENÉ CHAVANIEU S’EN EST ALLÉ

Posté le 17/03/19

Le monde de l’Afición et des clubs taurins nîmois est très touché ce dimanche matin par l’annonce de la disparition de René Chavanieu. La figure emblématique de l’Afición s’en est allée à l’âge de 94 ans. Jusqu’à son dernier souffle, la passion taurine n’aura jamais cessé de l’animer.

Une disparition qui survient deux jours après celle de son épouse, Natalia Syrovelsky-Chavanieu, décédée vendredi à l’âge de 88 ans. Les obsèques auront lieu mercredi après-midi. Aficionado exigeant et passionné, René Chavanieu avait été président de l’Union taurine nîmoise, doyenne des associations taurines de la Ville, succédant à M. Bouniol avant de laisser la main à André Cessenat. Pendant d’innombrables décennies, il fut un abonné fidèle des arènes de Nîmes, à sa place du premier rang du Toril Haut A.

Simon Casas Production adresse ses sincères condoléances à sa famille, ses proches et ses amis aficionados.

Souvenir de René Chavanieu dans les archives de la peña Antonio Ordóñez (crédit photo : Christian Mouraret).

CULTURE : FERNANDO BOTERO REVENDIQUE L’UNIVERSALITÉ DE LA TAUROMACHIE

Posté le 16/03/19

La tauromachie est une source d’inspiration intarissable pour tous les grands artistes : hier Francisco de Goya et Pablo Picasso, aujourd’hui Fernando Botero dont le courant « boteriste » est reconnaissable entre milles du fait du volume des personnages de ses œuvres. Des tableaux que le génial artiste colombien expose à Madrid, vingt après son dernier passage par la capitale espagnole, au sein de la galerie Marlborough. Il y est question de femmes dénudées, de toreros, de gargotes, de musiciens, de familles ou encore de buveurs…

Aujourd’hui âgé de 86 ans, Botero défend le côté « aimable » de ses œuvres, exception faite de certains tableaux narrant la violence régnant en Colombie ou encore les actes de torture perpétrés dans la prison irakienne d’Abou Ghraib. « La peinture est faite pour donner du plaisir, plus que tout (…) c’est ce que l’on constate tout au long de son histoire avec Titien, Botticelli ou encore Velázquez » confie Botero au quotidien espagnol ABC, tout en déplorant « le changement de philosophie et de mentalité des artistes ».

Un peintre référence du XXe siècle qui refuse d’être classé comme un artiste naturaliste : « je n’ai jamais travaillé avec des modèles, ni placé une nature morte sur une table afin de la peindre. Mon œuvre est le fruit de mon imagination car je n’ai jamais voulu être prisonnier de la réalité » se défend-il. Des œuvres dans lesquelles Fernando Botero veut recréer les couleurs champêtres et où transparaissent sa vénération pour les femmes et son amour pour la tauromachie. « Mon oncle m’avait inscrit dans une école taurine, mais cela n’a duré que quelques semaines car ça ne me plaisait pas ! En revanche, c’est à partir de là qu’a débuté mon afición pour le dessin et la peinture » reconnaît-il, « j’ai commencé à peindre beaucoup de tableaux de toros, c’est peut-être grâce à eux que je suis devenu peintre ».

Un art tauromachique que le peintre sud-américain défend bec et ongles : « les toros seront toujours là. Il y aura peut-être certains lieux où la tauromachie sera interdite, mais la Fiesta Brava continuera d’exister parce qu’elle fait partie de la culture espagnole et universelle » affirme le peintre qui vit aujourd’hui en Europe, entre la principauté de Monaco, l’Italie et la Grèce.

Le grand peintre colombien Fernando Botero, aficionado convaincu, devant l’un de ses fameux toreros (crédit photo : agence Efe pour le quotidien espagnol ABC).

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