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TEMPORADA : QUAND LES TOREROS FORCENT L’ADMIRATION

Posté le 16/07/18

Au début des années 60, répondant à une commande de reportage du magazine Life, Ernest Hemingway finissait par écrire un ouvrage entier intitulé l’Été dangereux, narrant la compétition au plus haut niveau entre deux vedettes de la tauromachie, beaux-frères dans la vie, Luis Miguel Dominguín et Antonio Ordóñez. L’été dangereux, une métaphore qui pourrait bien convenir à l’engagement sans failles de toreros comme Juan José Padilla et Paco Ureña. Le 7 juillet dernier, ces deux matadors ont été grièvement blessés, sans que ces accrochages ne remettent en question une seule seconde leur détermination. 

A Arévalo (Ávila), alors qu’il partageait l’affiche avec son ami Morante de la Puebla et Miguel Ángel Perera, Juan José Padilla a été grièvement blessé par le 4e toro de Domingo Hernández. Un accrochage spectaculaire survenu à la sortie d’une paire de banderilles, le matador andalou trébuchant face à la tête de l’animal avant d’être violemment piétiné au cuir chevelu, au-dessus de l’oreille droite. Au même moment, à 400 kilomètres au nord-est d’Arévalo, Paco Ureña subissait une mésaventure semblable sur le sable de Pampelune. 

Dans le cadre de la première corrida de la Feria du Toro, le torero murciano a été blessé en portant l’estocade au 4e toro de la corrida du Puerto de San Lorenzo : diagnostic, 15 cm de trajet de corne au bas de la cuisse droite provoquant une hémorragie importante et plusieurs dégâts musculaires. Un investissement sans faille loué par les peñas pamplonaises et récompensé d’une oreille. En bon « tor’héros », Paco Ureña a repris le chemin des ruedos une semaine plus tard : samedi, le matador originaire de Lorca était présent à Arévalo pour triompher avec panache d’une excellente corrida de Garcigrande, quatre oreilles en mains. 

La veille, Juan José Padilla signait des adieux poignants à Pampelune, coiffé d’un foulard noir de contrebandier afin de dissimuler sa profonde entaille contractée six jours plus tôt à Arévalo. Porté par l’enthousiasme et la générosité d’une afición qui l’a aimé sans compter pendant vingt ans, le « cyclone de Jerez » a une dernière fois fait chavirer les arènes de la Casa de Misericordia, en obtenant un total de trois pavillons face à un lot important de Jandilla. Une ultime Grande porte célébrée au côté d’un torero qui revient très fort, Andrés Roca Rey, lui aussi crédité de trois oreilles et dont la puissance du toreo a conquis le public navarrais. 

Les adieux de Padilla au public de Pampelune, moins d’une semaine après son impressionnante blessure reçue à la tête aux arènes d’Arévalo (crédit photo : Efe pour la Cadena Cope).

CLASSEMENT ESCALAFÓN : MORANTE DANS LE TOP 10

Posté le 13/07/18

Après avoir encaissé bon nombre de blessures importantes, Andrés Roca Rey semble s’être remis sur les rails du succès et de la régularité. Avec 25 corridas toréées, 35 oreilles et 2 queues coupées, le matador péruvien est un leader solide de l’Escalafón. Ses prestations depuis un mois parlent incontestablement en sa faveur avec une série de triomphes d’importance à Plasencia (Cáceres), Alicante, León ou encore plus récemment Pampelune. 

Derrière le torero sud-américain, José María Manzanares II tente de suivre le rythme de cette échappée digne d’une étape de montagne sur le Tour de France. Le torero alicantin totalise 20 corridas pour 22 oreilles, porté par une belle dynamique de succès consécutifs sur ses terres, puis à León, Burgos ou encore Ségovie. Sur la troisième marche du podium, on retrouve une surprise inattendue : avec pas moins de 39 oreilles et 2 queues coupées en 19 corridas toréées, Enrique Ponce est le torero qui a ravi à ce jour le nombre le plus important de trophées. 

Double triomphateur à Istres, puis à Badajoz, Alicante et Soria, rien ne semble atteindre le maestro valencian dans sa quête du plaisir pris en piste. Pour sa 29e saison en tant que matador de toros, Enrique Ponce ne semble pas enclin à s’arrêter en si bon chemin. A égalité de course avec le torero de Chiva, Alejandro Talavante ne récolte qu’imparfaitement les fruits de ses grandes faenas : soutenu sur les réseaux sociaux par son compère Miguel Abellán, Talavante a ravi un total de 23 oreilles et la liste des faenas d’importance ne cesse de s’étendre. 

Derrière Talavante, El Fandi stabilise son 5e rang avec 16 corridas toréées, 31 oreilles et 4 queues coupées. Le torero originaire de Grenade est talonné par El Juli dont le compteur affiche un total de 15 corridas et 19 oreilles. En plein cœur de la saison estivale, le torero madrilène a gratifié les spectateurs d’Alicante et Algeciras (Cadix) de moments denses de toreo. 

Ginés Marín occupe la 7e place avec 14 corridas toréées et 16 oreilles coupées, dont deux trophées récemment acquis lors d’une belle prestation à Badajoz. Un torero jerezano suivi de près par l’un de ses concitoyens, Juan José Padilla, auteur d’une temporada d’adieu assez remarquable, du fait de son engagement sans faille : 21 oreilles en 13 corridas, et des ovations qui résonnent encore sous les arches des arènes de Pampelune et León. Premier Français à apparaître dans ce classement, Sébastien Castella figure au 9e rang avec 13 corridas toréées et 15 oreilles coupées. 

Alors que sa temporada n’a débuté que le 12 mai dernier à Jerez de la Frontera, Morante de la Puebla fait déjà son apparition dans le Top 10, du fait d’une déconcertante régularité : 13 oreilles en 13 corridas, véritable statistique porte-bonheur pour l’artiste de la Puebla del Río, qui a régalé par ses gestes les aficionados de Plasencia (Cáceres), León et Arévalo (Ávila). Pour tous ces toreros – et les autres – le mois de juillet sera décisif afin de savoir si les succès de demain leur permettront d’ouvrir les grilles des arènes de Nîmes en septembre prochain. 

Morante de la Puebla scrutant la piste des arènes de Nîmes quelques minutes avant le paseo de la corrida matinale du 15 mai 2016, Dimanche de Pentecôte (crédit photo : Anthony Maurin).

RÉTROSPECTIVE : 2008, UNE FERIA DES VENDANGES SOUS LE SIGNE DES SOLOS

Posté le 11/07/18

Alors que les cartels de la Feria des Vendanges sont en cours d’élaboration, l’évocation du prochain solo d’El Juli dans les arènes de Nîmes – le troisième de sa carrière de matador sur le sable de sa prise d’alternative – nous remémore sa dernière prestation, lumineuse, dans l’amphithéâtre romain. Nous sommes le vendredi 19 septembre 2008, deuxième journée de la Feria des Vendanges : en matinée, la novillada de Manolo González s’est avérée excellente, favorisant la sortie en triomphe de Román Pérez par la Porte des Consuls, trois oreilles en mains, et la coupe d’un pavillon pour un autre novillero arlésien, Thomas Joubert. 

L’après-midi, ceint d’un costume turquoise et or, El Juli célèbre ses dix ans d’alternative de la plus belles des manières. Un récital de toreo grande face à six toros de Daniel Ruiz, l’élevage de sa prise d’alternative, dix ans plus tôt, dans ces mêmes arènes. A chaque toro, un quite de cape différent, une façon de penser la lidia de manière distincte, une muleta poderosa déclinant des faenas vibrantes, propres à renverser les spectateurs qui remplissent les arènes jusqu’aux amphis. 

Sept oreilles et une queue pour un Juli pléthorique et une vuelta posthume accordée au sixième exemplaire du lot de Daniel Ruiz. Un mouchoir bleu qui avait également été déployé la veille pour saluer le très bon jeu d’un toro de Robert Margé devant lequel Salvador Vega – crédité d’un trophée – aurait certainement pu prétendre à une tout autre récompense… Quelques minutes plus tôt, Curro Díaz s’était lui aussi illustré en ravissant la première oreille de la feria. 

Solo d’El Juli et… solo de Sébastien Castella ! En plein bataille pour le trône de leader, le torero biterrois avait lui aussi défié six toros en solitaire, 24 heures après la grande démonstration du maestro de Velilla de San Antonio. Face à un lot panaché de Garcigrande, Juan Pedro Domecq, Victoriano del Río et Cortés, Castella avait dû attendre le 7e exemplaire, offert en supplément, afin de sortir le grand jeu et de couper les trophées maximums. Autre Porte des Consuls ouverte avec quatre oreilles et une queue dans l’escarcelle du matador français. En matinée, la première oreille de la journée était revenue entre les mains d’un Julio Aparicio fort inspiré par son second toro de Garcigrande. 

Une Feria des Vendanges marquée par des matinées lumineuses, comme celle du dimanche 21 septembre et ce qui restera comme l’une des faenas importantes de Juan Bautista dans l’amphithéâtre nîmois : une lidia au profil madrilène, courte mais intense, profonde et au profil resserré, avec deux oreilles et la queue ravies à un très bon toro de José Vázquez, honoré de la vuelta posthume. Au total, trois oreilles et une queue pour le matador arlésien, qui s’était aisément détaché de ses deux challengers du jour, Matías Tejela et Alejandro Talavante. 

L’ultime Porte des Consuls de cette saison taurine 2008 aux arènes de Nîmes fut réservée à Rubén Pinar, lors de sa prise d’alternative. Trois oreilles qui ne sont pas le fruit du hasard en faveur d’un torero manchego auteur d’une temporada triomphale. Un doctorat acquis de main de maître avec un parrain d’exception, Enrique Ponce, auteur d’une seconde faena d’importance primée de deux trophées. Témoin de la cérémonie face à de nobles toros de Victoriano del Río, Miguel Ángel Perera avait dû se contenter d’un seul pavillon lors de sa première prestation. 

Autant de toreros et de noms prestigieux qui demeuraient en 2008 sur des dynamiques bien distinctes de celles de la saison en cours. Plusieurs matadors concernés sont encore dans le grand circuit des ferias dix ans après : Ponce, Juli, Bautista, Castella, Perera, Talavante… Toutefois, une question reste en suspens : quels maestros inscriront leurs noms sur les cartels de l’édition 2018 de la Feria des Vendanges. La réponse arrivera très prochainement dans ces colonnes… 

Naturelle d’El Juli face à un toro de Daniel Ruiz lors de son solo nîmois du vendredi 19 septembre 2008 (crédit photo : Anthony Maurin).  

REVUE DE PRESSE : L’IMPATIENCE COMMENCE A SE FAIRE SENTIR

Posté le 09/07/18

Un article dans les colonnes de ce site évoquant le mano a mano entre José Tomás et Miguel Ángel Perera illustré par une photo du torero « le plus pisté » de la planète aura eu son effet : 24 heures après avoir évoqué dans notre site l’agenda du maestro de Galapagar, le quotidien Midi Libre n’aura pu s’empêcher d’évoquer la programmation taurine des arènes de Nîmes avec ce titre laissant poindre une once d’impatience « Vendanges : Bientôt les cartels ? ». Dans son édition du dimanche 8 juillet 2018, le journal régional s’interroge et s’impatiente quant à la date de proclamation de la dernière grande feria française de l’année, supputant quelque événement d’importance. 

Dans sa colonne, Midi Libre emploie le conditionnel afin d’évoquer le retour éventuel de José Tomás aux arènes de Nîmes : « Une autre surprise pourrait être au rendez-vous puisqu’on entend de plus en plus le nom de José Tomás. Après son retour triomphal, le 29 juin, dans les arènes d’Algeciras, celui qui a marqué à jamais le ruedo nîmois le 16 septembre 2012 y sera-t-il de retour en 2018 ? L’afición ne rêve que de ça ». Le signataire de ces quelques lignes ne saurait dissimuler son impatience ou l’envie irrépressible de revoir le torero phénomène qui a fait entrer la tauromachie mondiale dans le XXIe siècle. Une chose est sûre : Nîmes et ses corridas créent des désirs. Sera-t-il possible de rééditer la « Corrida parfaite » ? Les éléments de réponse ne devraient pas tarder. 

Une édition dominicale du Midi Libre qui se réjouit encore de la possibilité de voir El Juli en solo. Dans ce cas précis, l’emploi du conditionnel est incorrect : dès le printemps, notre site arenesdenimes.com a révélé en exclusivité à ses fidèles lecteurs que Julián López « El Juli » officiera en solitaire lors de la prochaine Feria des Vendanges, face à six toros de différents élevages, afin de célébrer le vingtième anniversaire de sa prise d’alternative dans l’amphithéâtre romain. Information officielle et avérée, tout comme celle du retour des toros de Victorino Martín à Nîmes après trois années d’absence. 

Soyez donc fidèles aux informations publiées régulièrement sur notre site : elles sont fiables car officielles ! Toutefois, dans une ville comme Nîmes, taurine dans ses racines et son patrimoine multiséculaire, il est bien difficile de ne pas éveiller les curiosités, les débats et les rumeurs en tous genres…

Un jour de corrida à Nîmes, le dimanche 16 septembre 2012… (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : LE RETOUR EN FORCE DE MIGUEL ÁNGEL PERERA

Posté le 07/07/18

Force, détermination et régularité. Tels pourraient être trois épithètes idéaux afin de définir le profil torero de Miguel Ángel Perera. Un matador de toros dont le pouvoir en piste lui a fréquemment permis de signer des faenas d’exception et d’ouvrir à plusieurs reprises la Grande porte des arènes de Madrid. En 2007, ce même Perera signait à Nîmes un chef d’œuvre muletero face à un toro de José Vázquez, obtenant un rabo chanté par la presse spécialisée. 

Avec quinze saisons d’alternative, Miguel Ángel Perera a encore gagné en pouvoir sur les toros du fait d’un temple qui fait de lui l’un des fils putatifs de Dámaso González ou encore Paco Ojeda. Le gendre du Niño de la Capea s’est notamment illustré cette année à Olivenza, Arles, Guadalajara (Mexique), Saint-Sever ou encore plus récemment à Algeciras (Cadix). Autant de triomphes et de grandes portes ouvertes, avec le souvenir encore frais de la grâce du toro de Jandilla, « Libélula », lors du fameux mano a mano avec José Tomás. 

En quinze années d’alternative, ce n’est pas la première fois que le toreo puissant et cadencé de Miguel Ángel Perera amène la sortie du fameux mouchoir orange. « Libélula » est le 17e toro gracié par le torero natif de la Puebla del Prior (Badajoz) et le 2e portant le fer de Jandilla. Le premier exemplaire porteur de la devise bleue à avoir été gracié par Perera s’appelait « Bucanero » et avait été lidié à Abarán (Murcie) le 27 septembre 2005. Au total, Perera a obtenu les trophées symboliques à 14 reprises en Espagne, 2 fois en France et 1 fois au Mexique. 

A ce jour, Nîmes l’a vu toréer à 16 reprises en tant que matador et même remporter la Cape d’or lors de son étape en qualité de novillero. L’élevage de Jandilla fait partie de ses élevages de prédilection même si Perera continue de tisser un excellent feeling avec les toros frères de Fuente Ymbro, propriété de Ricardo Gallardo. 51 corridas de Jandilla au compteur pour Perera, qui a également défié les Fuente Ymbro à 58 reprises. Autant de succès et d’affinités qui font du protégé de Fernando Cepeda l’un des éminents spécialistes de cet encaste Jandilla bien connu des spectateurs nîmois. 

Naturelle importante de Miguel Ángel Perera lors de son solo nîmois du 20 septembre 2014 face à un toro de Jandilla (crédit photo : Anthony Maurin).

JOSÉ TOMÁS : TOUT LE MONDE EN PARLE…

Posté le 06/07/18

Costume vert empire et or, silhouette éclairée par un rayon de soleil, José Tomás trône en majesté à la une du numéro d’Aplausos en date du lundi 2 juillet 2018. Un derechazo encajado, menton incliné, main gauche posée sur la cuisse, comme le torero de Galapagar officiait dans une séance de toreo de salon, face à son miroir. Un pouvoir naturel et enchanteur face à la charge spectaculaire et régulière d’un beau toro de Núñez del Cuvillo, rehaussé d’un titre évocateur « Algeciras vibre avec José Tomás et Perera ». 

Dans les pages intérieures, les éditorialistes sont unanimes au sujet du matador phénomène, dont la raréfaction des apparitions rend chacune de ses corridas un véritable événement. Pour José Luis Benlloch, directeur d’Aplausos, José Tomás et Pampelune sont « deux îlots » capables de rappeler « le potentiel actuellement en sommeil de la tauromachie », en affirmant que « le meilleur est qu’au-delà de José Tomás et de Pampelune, la Fiesta continue ». Une corrida d’Algeciras présentée comme « un grand spectacle » selon les termes choisis par le journaliste Carlos Crivell dans sa chronique du mano a mano entre José Tomás et Miguel Ángel Perera. 

Dans la presse taurine française, Marc Lavie signe un édito d’importance sous le titre « Là où José Tomás fait la différence ». Le directeur de l’hebdomadaire Semana Grande réajuste son opinion sur le maestro de Galapagar : après avoir émis des « réserves d’usage » concernant le profil des arènes, des toros et du public, Marc Lavie reconnaît qu’il est aujourd’hui « rare que les corridas de expectación de José Tomás soient des corridas de déception ». Il poursuit : « rien n’est laissé au hasard dans chacune de ses sorties (…) et avec une différence avec les autres toreros : parvenir à toréer avec autant de serré que de douceur. Prétendre naturellement à la pureté, sans jamais forcer. Lier sans reculer ». 

Aux yeux de Marc Lavie, José Tomás « réalise le prodige de rallier la liaison et la lenteur », constatation évidente d’un torero hors du commun, dont le toreo au naturel a été hautement apprécié sur le sable d’Algeciras, comme en témoigne la référence au « public hypnotisé ». Alors qu’il n’est, pour l’heure, annoncé à l’affiche d’aucune arène, jamais on n’aura autant écrit ou parlé sur José Tomás, tout juste dix ans après son retour triomphal à la Monumental de Las Ventas. Un maestro dont le solo nîmois du dimanche 16 septembre 2012 reste ancré à jamais dans toutes les mémoires des privilégiés qui ont pu assister à cette Corrida pour l’Histoire. 

Moment de concentration de José Tomás, quelques minutes avant le début de la corrida historique du dimanche 16 septembre 2012 aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

VALENCIA : UNE BELLE OPPORTUNITÉ POUR LE JEUNE NINO

Posté le 05/07/18

Le samedi 21 juillet, à 19 heures, face à du bétail de José Cruz, l’un des élèves de la plus ancienne école taurine française aura l’opportunité de fouler le sable des arènes de Valencia. Une programmation favorisée par la société Simon Casas Production, qui a décidé de donner un coup de pouce au jeune « Nino », élève au Centre français de Tauromachie. Le protégé de Christian Lesur sera programmé dans le cadre d’une classe pratique, aux côtés des Espagnols Álvaro Martín, Miguel Polope – vu à Nîmes au printemps dernier –, José Pirela et des Mexicains Arturo Gilio et Antonio Magaña. 

« Nino » fait partie des espoirs de la nouvelle génération issue des rangs des becerristas du CFT. A son avantage lors de différentes démonstrations en tientas, capeas, becerradas ou encore novilladas sans picadors, le jeune Nîmois sera suivi avec attention à quelques heures du lancement de la Feria de la San Jaime. 

Cartel du concours international des écoles taurines aux arènes de Valencia.

ESCALAFÓN DES REJONEADORS : LÉA VICENS AU TRIPLE GALOP

Posté le 02/07/18

A la fois conquérante et populaire, Léa Vicens demeure à ce jour la rejoneadora la plus demandée sur le marché des corridas à cheval. Un mois de juin placé sous le signe des succès en tous genres pour l’amazone française qui demeure en tête du classement européen des toreros à cheval avec 18 corridas toréées pour une coupe totale de 28 oreilles et 1 queue. Une forme qui s’est traduite en piste par une oreille ravie dans des conditions météorologiques extrêmes à Madrid précédant un triomphe majeur à Grenade et Alicante. 

Derrière Léa Vicens, Diego Ventura ne ralentit pas la cadence, bien au contraire ! Le cavalier luso-andalou totalise 14 corridas pour une coupe totale impressionnante de 41 oreilles et 4 queues. Une dynamique exceptionnelle portée à ce jour par 15 faenas doublement primées et surtout un rabo historique octroyé à Madrid. Les grandes portes des arènes d’Aranjuez, Grenade, Madrid et Plasencia n’ont ainsi pas résisté au « cyclone Diego ». 

La troisième marche du podium est partagée entre deux rejoneadors dont les pères ont dominé la tauromachie équestre de la fin du XXe siècle. Avec 9 corridas toréées et 13 oreilles et 1 queue obtenues, Leonardo Hernández se positionne comme un admirable technicien, auteur d’une prestation notable à Plasencia devant un lot de toros de Luis Terrón. De son côté, João Moura ne totalise « que » trois oreilles du fait des nombreuses courses toréées au Portugal, où il n’est pas possible de ravir des trophées à cause de l’interdiction de la mise à mort du toro en piste. 

Sergio Galán occupe le 5e rang, suivi d’un gruppetto formé de rejoneadors célèbres : 8 corridas au compteur et 15 oreilles dans la balance du cavalier madrilène, aguerri aux luttes de haut vol, comme ce fut le cas lors de trois succès consécutifs, début juin, à Madrid, Grenade et Ledesma (Salamanque). Une cinquième place partagée ex-aequo avec Pablo Hermoso de Mendoza, crédité de huit oreilles, et qui s’est montré à son avantage à Madrid, Alicante et Badajoz. João Moura Caetano, qui n’a officié que dans son Portugal natal, n’a pu ravir le moindre trophée du fait de la législation nationale, malgré plusieurs faenas convaincantes. 

Huitième avec 13 oreilles et 1 queue coupées en 7 corridas toréées, Andy Cartagena semble avoir retrouvé une partie de ses sensations. La Grande porte ouverte à Madrid en début de mois a confirmé la capacité du rejoneador d’Alicante à se sublimer dans les moments importants. Une force qui s’est réaffirmée une semaine plus tard à Alicante, avec deux oreilles à la clé lors de la corrida de Fermín Bohórquez, ou encore plus récemment à Zamora. 

Un Top 10 bouclé par les Portugais Joaquim Santos – avec 7 corridas toréées au Portugal – et Rui Fernandes – avec 6 corridas toréées et 3 oreilles coupées – qui fêtera cet été le vingtième anniversaire de sa prise d’alternative dans les arènes de Campo Pequeno de Lisbonne. 

La joie de Léa Vicens lors de son succès madrilène du 2 juin 2018 (crédit photo : Plaza 1).

TEMPORADA : JOSÉ TOMÁS ET MIGUEL ÁNGEL PERERA EN ÉTAT DE GRÂCE

Posté le 01/07/18

Cette corrida était présentée comme l’un des premiers grands événements de l’été tauromachique 2018. Autant dire qu’il n’a pas déçu les suiveurs de José Tomás et autres amateurs de toreo pur. Réunis en mano a mano pour la première fois de leur carrière, José Tomás et Miguel Ángel Perera ont conquis les 11.000 spectateurs qui avaient pris place sur les 11.000 sièges de la plaza de toros de Las Palomas, qui semblait bien exiguë pour un tel événement. 

Deux matadors attendus dès la fin du paseo comme le confirma l’ovation qui s’éleva des gradins afin d’obtenir le salut en piste des deux protagonistes avant l’entrée du premier toro de la course. Un Núñez del Cuvillo accueilli par des véroniques au ralenti signées José Tomás, fort inspiré cape en main. Media, chicuelinas, tafalleras et serpentina témoignèrent de la variété capotera d’un maestro désireux de partager son plaisir à toréer avec les spectateurs. 

Muleta en main, l’opéra de Tomás allait monter en gamme. Temple et accompagnement des charges dans une symphonie de séries au sitio exquis. Relâchement dans la gestuelle, recherche de la profonde, quête du muletazo juste – comme à sa première époque –, autant de figures rares qui conservent une signification du fait des apparitions comptées du maestro de Galapagar, auteur également de quelques pases de las flores chantées sur les gradins. Deux oreilles après une épée basse mais efficace lançaient les hostilités d’un mano a mano passionnant. 

Miguel Ángel Perera répondit avec brio à la première faena de José Tomás, ravissant un pavillon devant son premier toro de Jandilla. Défenseur d’un toreo encimista, sur la courte distance, le torero natif de la Puebla del Prior allait briller dans ce style si particulier devant le 4e exemplaire de l’après-midi. Jandilla, ganadería incontournable des grandes faenas d’Ojeda, présenta le toro « Libélula », dont la qualité de charge profita à merveille à Perera. Un Ojeda des temps modernes auteur, selon ses dires, de l’une des « faenas de sa vie » face à son encaste de prédilection. Deux oreilles et la queue symboliques à l’issue d’une œuvre composée de passes au ralenti, ceintes d’un pouvoir immense et d’un impact indescriptible sur les spectateurs. De la belle et grande tauromachie pour une course qui restera dans les mémoires : José Tomás et Miguel Ángel Perera par la grand porte, deux toreros à suivre sans nul doute si d’aventure le premier cité décide de s’annoncer sur le cartel d’une arène d’importance…

José Tomás et Miguel Ángel Perera ont brillé vendredi à Algeciras, partageant la sortie en triomphe à l’issue d’une corrida importante (crédit photo : agence de presse de Miguel Ángel Perera).

RÉTROSPECTIVE : 1998, ANNÉE D’UN TITRE MONDIAL ET DE L’ALTERNATIVE D’EL JULI

Posté le 27/06/18

Il n’y aura pas de corrida aux arènes de Nîmes le 18 septembre 2018 puisque cette journée sera un mardi, soit le surlendemain de la corrida de clôture de la Feria des Vendanges. Cette date est pourtant importante car elle est celle de l’anniversaire de la prise d’alternative d’El Juli dans l’amphithéâtre romain. La dernière grande alternative de la décennie 90 octroyée par José María Manzanares, en présence de José Ortega Cano, face au toro « Endiosado », porteur du fer de Daniel Ruiz. 

Devant les caméras de TVE, El Juli avait conquis la planète taurine par son toreo de cape virevoltant et l’impétuosité d’attitudes déjà ceintes d’un pouvoir incontestable. Le public nîmois avait été conquis par la fraîcheur d’El Juli, la fulgurance de ses zapopinas ou encore l’invitation au quite au maestro José Ortega Cano, suivant une intervention magistrale de José María Manzanares. Nous aurons prochainement l’occasion de revenir sur cette corrida et sur les alternatives historiques concédées aux arènes de Nîmes. 

1998, année du titre mondial de l’équipe de France de football, fut une saison prolixe en alternatives : pas moins de 44 toreros ont été sacrés matadors de toros entre le 30 janvier et le 27 décembre de l’antépénultième année du XXe siècle. Dans cette classification, El Juli est le 34e torero à avoir pris l’alternative au cours de cette temporada 1998, un chiffre record qui montre l’importance des vocations taurines à une époque où l’Escalafón était plus riche en novilleros, prétendants au grade suprême de matador de toros. Outre El Juli, plusieurs matadors sacrés en 1998 sont bien connus du public des arènes de Nîmes. 

Le 10 mars 1998, à Benicarló (Castellón de la Plana), Swan Soto prend l’alternative face à une corrida de Torrestrella, des mains d’El Fundi et en présence de Juan Villanueva, quatre ans après avoir remporté la Cape d’or sur le sable nîmois. Un peu plus d’un mois plus tard, Antoni Losada, lauréat 1995 de la Cape d’or nîmoise après avoir coupé un rabo à un excellent novillo de Guadalest, est élevé au grade de matador par Manuel Caballero – autre torero sacré à Nîmes aux Vendanges 1991 – en présence de Francisco Rivera Ordóñez, aux arènes d’Arles, devant un lot de Domingo Hernández. Le 3 mai de la même année, à Ibros (Jaén), l’un des toreros sobresalientes les plus engagés du circuit professionnel prend également son alternative : David Sánchez « Saleri », qui a pris la muleta de matador de Paco Delgado, sous le regard de Luis de Pauloba, devant une corrida de Centeno Guerra. 

Le 24 juin 1998, à Alicante, en pleines célébrations de la San Juan, Miguel Abellán devient matador de toros moins de trois mois avant El Juli, mais avec un parrain de cérémonie identique : José María Manzanares ; Enrique Ponce officiant comme témoin devant un lot de toros d’Alcurrucén. Trois jours avant le doctorat d’El Juli, c’est Domingo López Chaves qui connaît sa journée taurine la plus importante à Salamanque, avec Joselito et Enrique Ponce, face à des toros de Capea, dans un cartel de luxe. Un torero que le public nîmois découvrira lors de l’édition 2007 de la Feria de Pentecôte face à une corrida de Las Ramblas. 

Six toreros aux personnalités affirmées et aux trajectoires taurines différentes : aujourd’hui, Swan Soto continue à toréer pour son plaisir et participe à des expositions en tant qu’artiste-peintre. Si Antoni Losada a disparu du circuit taurin, Saleri continue d’écumer les arènes comme sobresaliente, alors que Miguel Abellán poursuit une trajectoire professionnelle remarquable, que ce soit dans les arènes comme sur les plateaux de la télévision espagnole en tant que torero populaire. López Chaves est également en activité, programmé dans des créneaux de corridas réputées plus âpres. 

A l’instar de tous ces matadors, El Juli célébrera cette année le vingtième anniversaire de son alternative. Cet événement se déroulera lors de la prochaine Feria des Vendanges, aux arènes de Nîmes, dans le cadre d’une corrida exceptionnelle du torero madrilène, qui sera programmé en solitaire face à des toros de différents élevages. Une corrida dont chacun espère qu’elle soit aussi lumineuse que celle programmée aux Vendanges 2008, avec un solo qui demeure dans toutes les mémoires. 

El Juli, quelques minutes, avant le paseo d’une corrida aux arènes de Nîmes, le samedi 22 mai 2010 (crédit photo : Anthony Maurin).

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