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FERIA DES VENDANGES : CARMEN LORENZO ET EL CAPEA, LES INCONTOURNABLES DU REJONEO

Posté le 15/11/18

Trois fers composent l’exploitation agricole du maestro Pedro Gutiérrez « El Niño de la Capea », idole des arènes de Nîmes dans les années 70, qui est devenu aujourd’hui un éleveur de toros braves reconnu. Spécialisé dans l’encaste Murube, le ganadero salmantin a créé un véritable empire d’élevages dont les produits sont particulièrement prisés par les professionnels du toreo à cheval.

« El Capea », nouvelle appellation du fer autrefois baptisé au nom des enfants du maestro « Pedro y Verónica Gutiérrez Lorenzo », est l’élevage fanion, propriété du Niño de la Capea, inscrit depuis 31 ans à la Unión de Criadores de Toros de Lidia et rendu célèbre par sa marque en forme d’ancre de marine stylisée, avec une devise blanche, rouge et jaune. Le deuxième fer est celui de l’épouse du Niño de la Capea, Carmen Lorenzo, avec le fameux « C » cerclé rappelant la première lettre du prénom de la ganadera propriétaire. Cet élevage est inscrit depuis 40 ans à l’Association des Ganaderías de Lidia et arbore une devise bleu ciel et blanche. La dernière marque, « San Pelayo », représente un « S » et un « P » entrelacés, également cerclés, avec une devise bleue et or et une appellation mettant à l’honneur la commune de San Pelayo de la Güareña (Salamanque) où sont établis les trois élevages de la famille Gutiérrez. Inscrit depuis 28 ans à l’Association de Ganaderías de Lidia, cet élevage est depuis 2013 la propriété de Verónica Gutiérrez Lorenzo, fille du Niño de la Capea et de Carmen Lorenzo, qui est également l’épouse du torero Miguel Ángel Perera.

Suivant le choix de programmation déjà effectué lors de la Feria de Pentecôte, deux de ces élevages d’origine Murube ont été désignés pour fournir les deux toros qui devaient revenir à Léa Vicens lors de la corrida franco-française. D’une régularité absolue dans le jeu fourni, par la souplesse de leurs charges et l’harmonie de leurs galos, les toros de Carmen Lorenzo et El Capea ont été applaudis à l’arrastre, avec une mention spéciale pour le jeu développé par le 1er exemplaire. Deux toros qui ont permis à Léa Vicens de couper une oreille à l’issue de chacune de ses faenas, l’assurant d’une nouvelle sortie en triomphe des arènes de Nîmes.

Léa Vicens face au 1er toro de Carmen Lorenzo, élevage prisé des rejoneadors, le 16 septembre 2018 aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

BILANS DE LA SAISON 2018 : SOLALITO, MIGUEL POLOPE ET ADAM SAMIRA AU TABLEAU D’HONNEUR

Posté le 14/11/18

Solal Calmet « Solalito », Miguel Polope et Adam Samira sont les trois apprentis-novilleros qui ont officié cette année en habit de lumières dans l’amphithéâtre gardois. Tous trois ont été crédités d’une oreille lors de la novillada sans picadors proposée le dimanche 6 mai dans le cadre du Rendez-vous en Terre d’Afición face à du bétail de Jalabert et Taurelle. Une course qui s’est conclue par la remise du trophée Nimeño II au représentant de l’École de Tauromachie de Valencia, Miguel Polope, qui a également reçu un habit de lumières.

Une journée placée sous le parrainage du maestro Ángel Teruel, qui avait également assisté en matinée à une classe pratique sans mise à mort, animée par les élèves du Centre français de Tauromachie. Le triomphateur de ce prologue dominical fut incontestablement le jeune « Nino », qui a obtenu les trophées maximums symboliques. Deux pavillons symboliques ont également été octroyés aux becerristas Hugo et Rafael Ponce de León, alors qu’un ultime trophée a été décerné à Clément.

Au total, trois novilleros sans picadors vêtus de lumières ont foulé le sable des arènes de Nîmes, imités en ce sens par quatre élèves d’école taurine, en traje corto, engagés pour cette becerrada sans mise à mort dont le bétail était fourni par l’élevage de Tardieu Frères.

Derechazo impliqué de Solal Calmet « Solalito » lors de la novillada sans picadors du dimanche 6 mai 2018 (crédit photo : Paul Hermé pour le site ToroFiesta.com).

FERIA DES VENDANGES : VICTORINO MARTÍN RÉUSSIT SON RETOUR A NÎMES PAR LA GRANDE PORTE

Posté le 13/11/18

Avec 6 toros lidiés lors d’une corrida intégrale, l’élevage de Victorino Martín est l’unique ganadería programmée pour la dernière Feria des Vendanges qui a fourni un lot composé de six exemplaires du même fer. Six estampes de toros braves, puissants sous le fer en douze rencontres contre les chevaux de Philippe Heyral, « Voltigeur », « Sorolla » et « Lunique ». Quatre oreilles coupées entre les mains de toreros dont l’exemplarité des lidias, la qualité des faenas ou encore l’héroïsme en piste ont ému le public des arènes de Nîmes. Au final, six toros applaudis à l’arrastre et un salut en piste du mayoral à l’issue d’une course haletante.

Derrière Victorino Martín, le niveau ganadero a été satisfaisant avec bon nombre de toros d’importance. Dimanche matin, les quatre exemplaires présentés par Núñez del Cuvillo ont affirmé une noblesse idéale dans les muletas de Juan Bautista et Sébastien Castella, favorisant la coupe de huit oreilles et une queue. Une vuelta posthume a enfin honoré le jeu du dernier toro de cette corrida franco-française, « Encumbrado », n°169, jabonero, 535 kg, né le 12 novembre 2013 et toréé par Sébastien Castella.

Un mouchoir bleu qui a été déployé à deux reprises, chaque fois lors des corridas matinales. 24 heures avant « Encumbrado », c’est le toro de la cérémonie d’alternative de Toñete, « Asustado », n°48, negro mulato, 513 kg, né le 15 janvier 2014, de Victoriano del Río, qui a eu lui aussi droit aux honneurs de la vuelta posthume. Une matinée marquée par l’unique grâce accordée lors de cette Feria des Vendanges et obtenue avec métier par Enrique Ponce face à « Devoto », n°152, negro listón mulato, 540 kg, né le 15 août 2013, de Cortés, à l’issue d’une faena d’excellence. Un indulto qui se reflète dans le souvenir de celui du 1er juin 2001, où le même maestro Ponce avait sublimé la noblesse de « Descarado », de Victoriano del Río.

Domingo Hernández, Virgen María et Santa Ana sont les trois ganaderías à avoir fourni trois exemplaires lors de la journée de samedi. Pour Domingo Hernández, les trois toros lidiés samedi matin ont posé bon nombre de problèmes aux groupes équestres, avec 9 rencontres appuyées à la cavalerie, contre les flancs experts des chevaux « Turronero », « Salitas » et « Impérial », avec une chute à la clé. L’unique oreille coupée face à un toro de Domingo Hernández l’a été par Toñete, s’assurant ainsi la sortie en triomphe par la Porte des Consuls au côté de son parrain d’alternative, Enrique Ponce.

Virgen María et Santa Ana suivent au classement même si ces deux fers frères font partie de l’ensemble ganadero propriété de Jean-Marie Raymond. Des toros qui proposé différents niveaux de caste et de combativité et face auxquels Joselito Adame – crédité d’une oreille – et Ginés Marín n’ont pas manqué de briller. Le fer de Victoriano del Río occupe le 6e rang de cette classification avec deux toros lidiés samedi matin, dont un, le 3e, qui a obtenu une chute de la cavalerie. Un bon niveau ganadero pour les deux exemplaires porteurs de la devise noire et jaune, avec les deux oreilles coupées par Toñete devant son toro d’alternative, honoré d’une vuelta posthume.

La ganadería de Cortés ferme la marche avec un seul toro présenté, le fameux « Devoto », partenaire sublimé par la muleta d’Enrique Ponce, qui s’est vu attribuer les deux oreilles et la queue symboliques de son partenaire. Au total, 22 toros ont été présentés lors de ces quatre corridas, occasionnant 47 rencontres contre les groupes équestres de Philippe Heyral, 2 chutes de la cavalerie, 18 oreille et 2 queues octroyées, 2 vueltas posthumes et 1 grâce accordées. Aucun toro n’a fait l’objet d’un remplacement ; 1 a été ovationné à l’arrastre – 3e de Núñez del Cuvillo –, 13 ont été applaudis, le reste du décompte se répartissant de la sorte : 1 division d’opinions, 2 silences et 2 sifflés.

Toute la puissance et la beauté de « Gallego », premier toro d’une magnifique corrida de Victorino Martín le 16 septembre 2018 aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : A VOS AGENDAS POUR LE RENDEZ-VOUS EN TERRE D’AFICIÓN 2019

Posté le 12/11/18

C’est un week-end désormais immuable dans le calendrier taurin nîmois. On connaît les dates de la Ve édition du Rendez-vous en Terre d’Afición, qui se déroulera notamment aux arènes de Nîmes le week-end des samedi 6 et dimanche 7 avril 2019. Deux journées pour profiter pleinement de tous les aspects de la culture taurine et de sa transmission, à l’intérieur et à l’extérieur des arènes. Un événement proposé par la Ville de Nîmes, en collaboration avec Simon Casas Production, avec plusieurs animations gratuites ainsi que l’organisation d’une novillada sans picadors, entre autres.

Deux mois plus tard débutera la Feria de Pentecôte : du fait des Pâques tardives, la fête de Pentecôte sera effectivement célébrée le dimanche 9 juin. Réservez d’ores et déjà votre fin de semaine sur les agendas : la feria se déroulera du jeudi 6 au lundi 10 juin 2019. Nous aurons l’occasion d’ici à la fin de l’année d’évoquer la période de réabonnement et les avantages qui s’y rapportent.

Farol spectaculaire du becerrista français El Pere lors de l’édition 2017 du Rendez-vous en Terre d’Afición aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

FERIA DES VENDANGES : LA PASSE DE DEUX POUR PAGÈS-MAILHAN

Posté le 11/11/18

Peu d’élevages peuvent se targuer d’avoir obtenu à deux reprises les honneurs d’une vuelta posthume dans une même arène, au cours de la même temporada, et qui plus est lors de deux ferias différentes ! Un exploit que revendique l’élevage de Pagès-Mailhan en toute légitimité après une saison taurine 2018 assez remarquable. A Pentecôte déjà, la ganadería propriété de Philippe Pagès et Pascal Mailhan avait parfaitement réussi la présentation d’un lot de novillos intégral aux arènes de Nîmes, la course se soldant par la Porte des Consuls pour El Rafi et un mouchoir bleu pour l’excellent 6e novillo, « Ocurrente ».

Un niveau de bravoure et de mobilité réaffirmé par « Holgazano », 4e exemplaire de la novillada du vendredi 14 septembre, lui aussi honoré d’une vuelta posthume après qu’Adrien Salenc lui eut coupé l’unique oreille de l’après-midi. Une manière d’affirmer sa suprématie sur les cinq autres ganaderías engagées lors de cette course d’ouverture de la Feria des Vendanges. Cela n’a point empêché le novillo de Blohorn, sorti en 2e position, d’étaler caste et bravoure face à la muleta du Mexicain Diego San Román. Un novillo applaudi à l’arrastre tels que l’ont également été les représentants des fers de Gallon, Los Galos et Piedras Rojas.

Des novillos qui ont présenté différents niveaux de tempérament et de mobilité, l’exemplaire de Jalabert lidié en 6e position recueillant un silence à l’arrastre. Chacun des six exemplaires est allé à deux reprises sous les fers des picadors, montés sur les chevaux « Mario », « Rubio » et « Rocky » de l’écurie de Philippe Heyral.

Entrée en piste spectaculaire du 4e novillo de Pagès-Mailhan, « Holgazano », lors de la novillada du 14 septembre 2018 aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

ESCALAFÓN DES MATADORS DE TOROS : ROCA REY ENTRE DANS L’HISTOIRE

Posté le 10/11/18

54 corridas toréées, 91 oreilles et 2 queues coupées : les jeux étaient déjà faits le mois dernier en ce qui concerne la temporada européenne exemplaire d’Andrés Roca Rey, lauréat 2018 d’un Escalafón qu’il a dominé avec maestria. Premier leader péruvien dans l’histoire de cette classification, il faut remonter à l’année 1961 pour retrouver trace du dernier matador sud-américain sacré sur le vieux continent, en la personne du populaire torero vénézuélien Curro Girón. Au repos depuis sa dernière corrida de la saison européenne, à Séville, qui l’avait vu couper une oreille, lors de la Feria de San Miguel, Andrés Roca Rey a triomphé le week-end dernier au Mexique, dans les arènes de Morelia et Juriquilla.

Même s’il reste encore quelques courses mineures en Europe lors de ce mois de novembre, on peut décemment affirmer que le Top 10 des matadors de toros ne verra plus de bouleversement des positions. Ainsi, le dauphin de Roca Rey est finalement El Fandi, sprinter redoutable en cette fin de temporada, qui a pu coiffer Manzanares et Padilla du fait d’un agenda plus chargé, notamment en arènes de 3e catégorie. Le torero originaire de Grenade a conclu sa saison européenne à Jaén pour sa 49e corrida de l’année, avec 106 oreilles et 9 queues coupées, dont seulement 3 pavillons en arènes de 1e catégorie.

A ce titre, la 2e place d’El Fandi se doit donc d’être nuancée au regard des trophées obtenus par Manzanares et Padilla, qui ont certes un peu moins toréé mais ont coupé des oreilles dans des arènes de plus grande responsabilité. 3e, le torero d’Alicante totalise 47 corridas pour une coupe de 43 oreilles, avec une ultime course qui l’a vu connaître un grand succès à Saragosse, deux oreilles en mains face aux toros de Núñez del Cuvillo, le 14 octobre dernier, lors des adieux européens de Juan José Padilla. Justement, le « cyclone de Jerez » suit de près Manzanares, à une course près : 46 paseos pour Padilla, 83 oreilles et 3 queues coupées, dont un ultime triomphe, dignement fêté à Saragosse, arène ô combien symbolique d’une trajectoire professionnelle hors du commun.

Enrique Ponce a pour sa part réussi à conserver le 5e rang qu’il occupait le mois dernier, avec 45 corridas toréées, 79 oreilles et 3 queues coupées. C’est à Saragosse que le maestro de Chiva a ravi l’ultime trophée de sa temporada européenne, le 12 octobre dernier, avant un dernier paseo espagnol à Jaén. Sans faire de vagues pour ses 20 ans d’alternative, El Juli termine sa saison à la 6e place, avec 43 courses au compteur, 57 oreilles et une queue dans son escarcelle, et un solo à Saragosse qui ne passera certainement pas à la postérité.

7e, Álvaro Lorenzo fait un bond en avant extraordinaire, lui qui s’était classé 36e lors de la saison 2017 ! Le matador natif de Tolède se permet même de coiffer sur le sprint des toreros comme Sébastien Castella et Ginés Marín, avec un total de 36 corridas toréées, 58 oreilles et 1 queue coupées. Porté par une belle dynamique, Lorenzo a conclu sa campagne européenne à Calanda (Teruel), le 12 octobre dernier, où il a ravi deux oreilles à un toro de Murube.

Avec 35 corridas toréées et 39 pavillons obtenus, Ginés Marín rétrograde au 8e rang, n’ayant pas été en mesure de s’illustrer lors de sa dernière date européenne, le 10 octobre dernier à Saragosse. Sébastien Castella, qui est récemment arrivé au Mexique pour sa campagne latino-américaine, glisse donc au 9e rang avec un total de 35 corridas toréées, 36 oreilles et 1 queue coupées, cette dernière l’ayant été le 16 septembre dernier, à Nîmes, lors du dernier acte de la saison européenne du matador biterrois.

Avec métier, régularité et sens de l’engagement, Miguel Ángel Perera déloge logiquement Morante de la Puebla de cette 10e place de l’Escalafón malgré le double engagement de ce dernier lors de la récente Feria de San Miguel de Séville. Avec 38 oreilles et 3 queues coupées en 32 paseos, Perera a confirmé son profil de torero de temporada, signant notamment une faena remarquable face à un toro du Puerto de San Lorenzo, récompensée d’une oreille , le 12 octobre dernier à Saragosse.

Moment de partage entre Andrés Roca Rey et le public des arènes de Nîmes lors de la vuelta effectuée le 20 mai 2018, Dimanche de Pentecôte, pour la corrida de Núñez del Cuvillo (crédit photo : Anthony Maurin).

FERIA DES VENDANGES : LÉA VICENS, COMME A LA MAISON

Posté le 09/11/18

Léa Vicens a été l’unique torero à cheval engagé lors de la dernière Feria des Vendanges aux arènes de Nîmes. Un rôle pleinement assumé par la rejoneadora nîmoise qui participait à cette occasion à la huitième corrida de sa carrière dans sa ville natale et qui n’avait plus participé au cycle tauromachique des Vendanges depuis trois ans. Face à deux toros de Carmen Lorenzo et El Capea, l’amazone française a pu jauger la côte d’amour dont elle bénéficie à l’issue d’une temporada au profil remarquable.

Une prestation qui s’est conclue, comme lors de la Feria de Pentecôte, par une sortie en triomphe par la Porte des cuadrillas, après avoir coupé l’oreille de ses deux adversaires. Deux faenas au profil complémentaire, qui, si elles n’ont atteint le niveau d’intensité souhaité par la rejoneadora nîmoise, ont permis de réaffirmer un haut niveau de monte et une technique affinée. « Bético », « Deseado » et « Gacela » ont été trois des montures étoiles ayant permis à Léa Vicens de quitter les arènes de Nîmes a hombros pour la seconde fois de la temporada.

Une Porte des cuadrillas que Léa Vicens a déjà ouverte à trois reprises depuis le début de sa carrière, avec à ce jour un seul passage sous l’arche des Consuls. C’était en mai 2015, lors d’une mémorable matinée de rejoneo partagée avec Andy Cartagena et Diego Ventura. Au total, Léa Vicens a obtenu 12 oreilles en 8 corridas toréées dans l’amphithéâtre gardois.

Léa Vicens attendant l’entrée en piste du 4e toro d’El Capea le 16 septembre 2018 aux arènes de Nîmes sur les flancs de « Guitarra » (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : LA TAUROMACHIE, 3e SPECTACLE DE MASSES APRÈS LES MUSÉES ET LES CONCERTS

Posté le 08/11/18

Le IIe Congrès international de Tauromachie de Murcie a permis de rétablir bon nombre de vérités quant à l’importance des spectacles tauromachiques dans un pays comme l’Espagne, tordant au passage le cou à bon nombre de poncifs anti-taurins, répétés par une certaine presse qui a oublié de vérifier la véracité de ses « informations ». Ainsi, le Ministère de la Culture a confirmé que la Tauromachie représentait le troisième spectacle de masses en Espagne, derrière les visites de musées et les concerts de musique actuelle ou classique. Un fait qui réhabilite le pouvoir réel des aficionados et qui fait du spectacle tauromachique une réalité culturelle que l’on doit prendre en compte et respecter.

C’est la directrice de la Division des Statistiques du Ministère espagnol de la Culture, María Ángeles Pérez Corrales, qui a donné lecture de ces données, desquelles sont exclus le football et le cinéma. Dans le premier cas, il n’est nullement question de culture puisqu’il s’agit d’un événement sportif alors que le second n’est pas pris en compte car n’ayant pas lieu en direct. De même, les personnes présentes aux spectacles tauromachiques enregistrent un plus grand usage de produits culturels par rapport au reste des citoyens espagnols.

Ces données statistiques éditées par le Ministère espagnol de la Culture se basent également sur 16.000 enquêtes réalisées tous les quatre ans. On y découvre que 9,5% de la population espagnole affirme aller au moins une fois à une corrida formelle en tant que spectateur d’arènes. 17% des sondés disent regarder des corridas en direct via des médias comme la télévision et, dans une moindre mesure, internet.

A titre comparatif, les déclarations concernant la présence physique à des concerts ou dans des musées atteignent respectivement 24,5% et 23,2%. Le nombre de spectateurs des corridas de toros est supérieur à celui des opéras, des productions de danse, de zarzuelas, de ballets ou de cirques. Cela n’empêche pas les amateurs de corridas d’être fortement intéressés par les manifestations artistiques précédemment citées, justifiant la porosité des publics entre ces différents spectacles, selon l’analyse de la représentante du ministère.

Concernant des données strictement tauromachiques, il a été rappelé que 387 corridas de toros avaient été célébrées en Espagne tout au long de la saison 2017, soit une de plus que lors de la temporada précédente. 220 novilladas ont également été dénombrées, soit 20 de plus qu’en 2016 et 155 courses de rejón, soit 17 de moins par rapport à la saison antérieure. 10.959 personnes figurent sur le Registre des Professionnels taurins au sein duquel on compte 289 femmes, la plupart d’entre elles officiant dans le cadre de l’art du rejoneo.

Une partie des gradins des arènes de Nîmes lors de la corrida du samedi 14 mai 2016 (crédit photo : Anthony Maurin).

FERIA DES VENDANGES : LE CARTON PLEIN DE SÉBASTIEN CASTELLA

Posté le 07/11/18

15 matadors de toros avaient pris part aux cinq corridas de la dernière Feria de Pentecôte aux arènes de Nîmes. Aux Vendanges, ce sont 11 toreros qui ont pris part aux quatre corridas de ce troisième week-end du mois de septembre. 11 matadors de toros qui ont lidié un total de 22 toros, obtenant 18 oreilles et 2 queues, 4 sorties en triomphe par la Porte des Consuls et 1 par celle des cuadrillas.

Avec quatre oreilles et une queue coupée le dimanche matin, Sébastien Castella a fait mieux qu’à Pentecôte, où il s’était illustré en obtenant quatre pavillons lors de la corrida du samedi après-midi. En signant une prestation solide lors de la corrida franco-française, le torero biterrois a coupé la 3e queue de son histoire dans les arènes de Nîmes, 10 ans après celle ravie lors de son solo des Vendanges 2008 face à un sobrero de Cortés offert en supplément. Une motivation couplée à l’intrinsèque qualité de ses deux partenaires de Núñez del Cuvillo ont ainsi permis à Castella d’ouvrir la 16e Porte des Consuls dans sa carrière de matador de toros, devenant l’un des grands triomphateurs de la temporada nîmoise.

Autre Porte des Consuls pour le 2e au classement, Juan Bautista, qui est passé sous la grande arche pour la 14e et dernière fois dans sa carrière de matador de toros. Dans un style libéré, le torero arlésien a lui aussi tenu à briller devant le bétail andalou de Núñez del Cuvillo, se voyant octroyer un total de quatre trophées. Le matador français devance Antonio Catalán « Toñete », devenu torero professionnel 24 heures plus tôt, et qui n’a pas manqué son examen de passage en ouvrant lui aussi la Grande porte, trois oreilles en mains.

Un quatrième torero a ouvert la Grande porte lors de cette Feria des Vendanges, en la personne du parrain d’alternative de Toñete. Crédité des deux oreilles et la queues symboliques du toro de Cortés, « Devoto », Enrique Ponce figure au 4e rang de la classification après avoir livré une faena à la densité esthétique affirmée. C’est la 10e Porte des Consuls qu’Enrique Ponce ouvre aux arènes de Nîmes en plus de 28 ans d’alternative et 45 corridas toréées dans l’amphithéâtre romain, où il a déjà gracié 3 toros, entre 2001 et 2018. C’est la quatrième fois que le maestro de Chiva officiait en tant que parrain d’alternative aux arènes de Nîmes, après les cérémonies de Rubén Pinar, Juan Pabo Sánchez et Andrés Roca Rey.

5e de ce classement, Octavio Chacón est l’une des grandes révélations de cette Feria des Vendanges, lui qui a ouvert l’unique Porte des cuadrillas dans la catégorie des matadors de toros. Deux oreilles de poids acquises lors d’une mémorable corrida de clôture de Victorino Martín qui a vu les trois toreros à l’affiche briller de mille feux. Chacón est justement suivi de près par Pepe Moral, avec une oreille acquise au prix de son propre sang, tout comme Emilio de Justo, auteur de l’une des meilleures faenas de la feria.

Un ultime pavillon est revenu entre les mains de Joselito Adame, 8e de cette classification, à l’issue d’une faena plaisante et inattendue face à un bon toro de Virgen María. Lors de cet après-midi du samedi 15 septembre, Ginés Marín a pour sa part effectué l’une des deux vueltas de cette feria, la seconde étant entreprise par un Pepe Moral malheureux avec le descabello dimanche soir. Un classement des matadors de toros bouclé par El Juli et Andy Younès, respectivement crédités de deux saluts et deux silences.

Sébastien Castella, l’un des grands triomphateurs de l’édition 2018 de la Feria des Vendanges aux arènes de Nîmes (crédit photo : Anthony Maurin).

TEMPORADA : 4,5 MILLIARDS D’EUROS GÉNÉRÉS PAR L’ÉCONOMIE DE LA TAUROMACHIE EN 2017

Posté le 06/11/18

19.882 spectacles tauromachiques ont été organisés en Espagne lors de la saison taurine 2017, générant un impact économique de 4,5 milliards d’euros, soit 0,36% du Produit intérieur brut, avec une pointe à 1,5% pour la seule province de Castilla-et-León. Des chiffres présentés par la secrétaire technique de l’Association nationale des Organisateurs de Spectacles taurins (ANOET), Mar Gutiérrez, qui a précisé que les courses populaires représentaient 92,3% de l’étude, soit 18.357 spectacles, contre 7,7% pour les quelques 1.500 corridas formelles. L’augmentation du nombre de courses populaires au cours des dernières années a par ailleurs favorisé la stabilisation du nombre de corridas, novilladas et courses de rejón jusqu’alors en baisse.

A ce jour, la Communauté valencienne est leader en termes de spectacles de rue avec pas moins de 9.759 manifestations taurines en 2017. Le territoire valencien est suivi par celui de Castilla-et-León avec 2.345 spectacles, puis par la Navarre avec 1.648, Castilla-La-Mancha avec 1.6054, l’Aragon avec 1.215, l’Estrémadure avec 658 et l’Andalousie avec 655, entre autres…

Au cours de cette congrès, l’avocat sévillan Joaquín Moeckel, représentant légal de la direction de la Real Maestranza de Caballería et de plusieurs toreros vedettes, a demandé officiellement que la Tauromachie bénéficie de la même « auto-régulation » appliquée au monde du football, en assurant que « la culture ne peut être supprimée légalement », réponse directe à ceux qui prétendent organiser un référendum sur les spectacles taurins en Espagne. Me Moeckel a appuyé ses propos en affirmant qu’il n’y avait pas « à justifier la défense de la Fiesta Brava » tout en prétendant qu’une meilleure protection de la Tauromachie passait « par la qualité du spectacle ». « Le toreo est un berceau de liberté » a-t-il enfin lancé à l’assistance en guise de mot de conclusion.

Ovation pour Enrique Ponce, Juan Bautista et Jesús Enrique Colombo à l’entame de la corrida matinale du Dimanche de Pentecôte, 20 mai 2018 (crédit photo : Anthony Maurin).

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